ASTÉRIX : LE DOMAINE DES DIEUX de Alexandre Astier et Louis Clichy [Critique – Sortie DVD/Blu-ray]

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note 6.5 -10
Carte d’identité :
Nom : Astérix : le domaine des dieux
Père : A. Astier, L. Clichy
Date de naissance : 2014
Majorité : 31 mars 2015
Type : Sortie DVD, Blu-ray
(Édité par M6 Vidéo)
Nationalité : France
Taille : 1h22 / Poids : 30 M$

Genre : Comédie, Animation

Livret de famille : Avec les voix de Roger Carel (Astérix), Guillaume Briat (Obélix), Lorànt Deutsch, Laurent Lafitte, Alexandre Astier, Alain Chabat, Elie Semoun, Géraldine Nakache, Artus de Penguern, François Morel, Lionnel Astier, Baptiste Lecaplain, Florence Foresti…

Signes particuliers : Alexandre Astier signe une transposition respectueuse de l’esprit des BD d’Uderzo et Gosciny, à la fois drôle et enthousiasmante malgré quelques défauts de rythme à trop se vouloir calquer sur la singulière rhétorique de la série Kaamelott.

LES GAU-GAU… LES GAULOIS !!

LA CRITIQUE

Résumé : Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de tactique : puisque ses armées sont incapables de s’imposer par la force, c’est la civilisation romaine elle-même qui saura séduire ces barbares Gaulois. Il fait donc construire à côté du village un domaine résidentiel luxueux destiné à des propriétaires romains. : « Le Domaine des Dieux ». Nos amis gaulois résisteront ils à l’appât du gain et au confort romain ? Leur village deviendra-t-il une simple attraction touristique ? Astérix et Obélix vont tout faire pour contrecarrer les plans de César.asterix le domaine des dieux 6L’INTRO :

Même s’il reste et restera toujours quelques irréductibles réfractaires, tout le monde est à peu près d’accord sur le fait que les récentes adaptations des aventures des gaulois Astérix et Obélix au cinéma n’étaient pas terribles, voire très mauvaises pour certaines à l’image du dernier Au Service de Sa Majesté, et que le Mission Cléopâtre d’Alain Chabat était clairement la pépite hilarante dans une galaxie de déceptions parfois atterrantes. L’humour décalé de l’ancien Nul de Canal+ avait épousé à merveille celui de la célèbre BD d’Uderzo et Gosciny. Depuis, la majorité des fans restait nostalgique de ce bijou tordant datant déjà d’il y a douze ans ! L’espoir de renouer avec cet esprit déjanté au second degré délicieux, était toutefois devenu réalité lorsque l’on avait appris qu’Astérix et Obélix allaient connaître une nouvelle adaptation de leurs histoires signée Alexandre Astier, le doux-dingue auteur-acteur de la série bien barrée, Kaamelott. Associé au spécialiste de l’animation Louis Clichy (qui a bossé pour les ricains sur Là-Haut ou Wall-E), Astier tourne le dos au film live et revient donc à l’animation pour transposer au cinéma Le Domaine des Dieux, 17eme bande-dessinée de la série. Un projet qui aura pris quatre ans et qui sortira en 3D le 26 novembre…asterix le domaine des dieux 4L’AVIS :

Astier vs Astérix et Obélix, voilà une association qui, sur le papier, faisait saliver. Bonne nouvelle pour les aficionados de l’auteur singulier, ce que l’on en espérait est devenu une réalité très concrète. Le néo-cinéaste et Louis Clichy s’efforcent intelligemment de revenir à un esprit purement BD dans un animé presque a-cinématographique. Le Domaine des Dieux ne cherche pas à « adapter » au cinéma les aventures des gaulois irréductibles, mais à les « transposer », avec un amour évident du travail de ses auteurs. Doit-on en conclure qu’Astier s’efface complètement derrière son sujet ? Pas du tout ! Fans de Kaamelott ou de l’humour du bonhomme, rassurez-vous, la patte « Alexandre Astier » jaillit à chaque instant de cette neuvième adaptation au cinéma de l’œuvre d’Uderzo et Gosciny. asterix le domaine des dieux 5Si le film ne manque de défauts, reste, et c’est bien là l’essentiel, que derrière la compréhension totale et le respect pour les BD originelles, le choix de l’acteur-réalisateur s’est avéré payant puisque sa plume décalée et loufoque permet de retrouver l’esprit qui avait le succès du Astérix live de Chabat. Parfois même au gag près, à l’image du personnage du chef des esclaves (la voix de Laurent Lafitte), philosophe aussi amusant qu’énervant, rappelant le rôle tenu par Edouard Baer dans le film de 2002. Une chose est sûre, on se marre beaucoup au gré des très nombreux gags, bons mots et autres références (geek mais pas que) qui encadrent ce film très familial, autant destiné aux petits qu’aux plus grands. Les petits, eux, se désopileront d’une nouvelle aventure réjouissante pétrie de drôlerie et d’entrain, alors que les plus grands pourront s’amuser à débusquer les gags plus « adultes » très finement insérés par un Astier inspiré pour faire en sorte à ce qu’eux seuls les perçoivent. Le Domaine des Dieux est ainsi « une comédie pour tous », et c’est bien là sa force.asterix le domaine des dieux 2Ce nouvel Astérix est exactement ce que l’on en attendait. Une transposition fidèle à laquelle Astier injecte son ton et sa verve drolatique. Et si le film ne tutoie pas les sommets, ce sera à cause de quelques défauts, certains plus personnels que d’autres. Le petit crève-cœur nostalgique de l’inévitable changement de voix pour Obélix, suite à la mort de l’inénarrable Pierre Tornade (heureusement, Roger Carel répond vocalement présent pour Astérix). L’esthétique numérique, aussi, avec laquelle certains pourraient avoir du mal, et qui nous fait tant regretter l’époque old school du bon vieux dessin à l’ancienne. Mais plus objectivement, ce sera la question du rythme qui sera au centre des débats. Pas celui du film en lui-même puisque condensé sur 82 minutes, Le Domaine des Dieux ne connaît guère de ralentissements.asterix le domaine des dieux 3 La problématique est davantage portée sur le rythme narratif des séquences en elles-mêmes. Un rythme étrange, rappelant fortement celui de Kaamelott et tout ce qui faisait la particularité du programme dans la gestion de ses dialogues et de la mécanique de ses saynètes. Sauf que Kaamelott était un programme court et télévisé et le calque de son langage singulier sied moins à un film de cinéma. Le bouillonnement d’idées s’embourbe parfois dans un style un peu décousu et au final, Astérix : Le Domaine des Dieux apparaît comme une réussite humoristique mais soumise à un tempo maladroit, peu aidé au passage par le choix audacieux du tandem Astier-Clichy d’éviter le « doublage » traditionnel pour privilégier l’enregistrement des voix à l’avance, sans les images. Le pari visait de faire ressortir « la personnalité, le dynamisme et l’humour des personnages uniquement grâce à leur voix ». Mais il se retourne contre lui, produisant parfois tout le contraire, surtout au niveau du dynamisme. Mais globalement, on avouera que l’on tient le meilleur Astérix depuis un bon moment. Depuis 12 ans en fait.

asterixLES SUPPLÉMENTS

Sans être d’une folle abondance (clairement, il y avait matière à faire beaucoup plus pléthorique), les quelques suppléments de l’édition Blu-ray de ce nouvel Astérix : Le Domaine de Dieux » ne manquent pas d’intérêt ni de pertinence. Au programme, une interview (16 minutes) des co-auteurs et co-réalisateurs Alexandre Astier & Louis Clichy, un module consacré à l’enregistrement des voix, quelques scènes coupées et les traditionnels bande-annonce et teaser.Asterix-Le-Domaine-des-Dieux-l-interview-de-Louis-Clichy-et-Alexandre-Astier_referenceOn démarre avec un fort sympathique entretien avec le tandem Alexandre Astier et Louis Clichy. Segmenté par questions sur divers sujets spécifiques (écrites à l’écran sur fond noir, ce qui manque un peu d’élégance de présentation), le duo brosse succinctement les grandes lignes du projet, dans une ambiance très détendue et non sans quelques vannes et éclats de rire. Astier s’y révèle plus bavard, Clichy ressemblant plus à un grand gamin geek souriant mais timide. Pourquoi cet album en particulier et pas un autre, comment s’est monté le projet, comment s’est passée la collaboration et le travail à deux, le travail d’adaptation, le travail graphique, l’esthétique du film, le casting des voix… A travers des réponses courtes et concises, on saisit bien la dynamique du duo, qu’Astier a surtout bossé sur l’écriture alors que Clichy maîtrisait la partie « technique ». Il est d’ailleurs amusant de voir le créateur de Kamelott s’avouer néophyte, racontant ce qui l’aura marqué ou étonné (par exemple, pour l’anecdote, que l’eau est ce qu’il y a de plus cher et difficile à créer en images de synthèse).image_portrait_w858S’ensuit un module fort intéressant (6 minutes) sur le doublage des personnages, alternant images de la post-production avec l’enregistrement des voix et interview des protagonistes (Florence Foresti, Laurent Lafitte, Géraldine Nakache, Laurent Deutsch, Alain Chabat, Elie Semoun, François Morel…). On termine par quelques scènes coupées (8 minutes) dont la pertinence est plus pour le visuel que pour leur intérêt propre. En effet, il s’agit de séquences non travaillées, seulement les croquis de départ. Un bon moyen de se rendre compte de l’énorme travail entre les dessins de départ et le rendu final.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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