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GOUROU de Yann Gozlan : la critique du film

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Nom : Gourou
Père : Yann Gozlan
Date de naissance : 28 janvier 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 2h06 / Poids : NC
Genre : Thriller, Drame

Livret de Famille : Pierre NineyMarion BarbeauAnthony Bajon

Signes particuliers : Efficace.

Synopsis : Matt est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Dans une société en quête de sens où la réussite individuelle est devenue sacrée, il propose à ses adeptes une catharsis qui électrise les foules autant qu’elle inquiète les autorités. Sous le feu des critiques, Matt va s’engager dans une fuite en avant qui le mènera aux frontières de la folie et peut-être de la gloire…

PIERRE NINEY VA VOUS COACHER

NOTRE AVIS SUR GOUROU

22 r’voila Gozlan ! Quelques mois à peine son (catastrophique) Dalloway avec Cécile de France, le réalisateur de Boîte Noire enchaîne déjà avec son film d’après, un nouveau thriller porté par son fidèle comparse Pierre Niney (troisième collaboration). Le récent Comte de Monte-Cristo pose son masque et devient un gourou haranguant les foules. Enfin, de son point de vue, Matthieu Vasseur est un coach mental, connu sous le nom hyper-populaire de Coach Matt. Alors que tout lui sourit et qu’il s’est imposé comme le numéro 1 en France, sa quête de gloire va être ébranlée par les vents violents qui soufflent quand on est au sommet. Et une question, est-il ce leader charismatique qui électrise son auditoire pour le booster, un illusionniste manipulateur ou un fou vacillant prêt à tout pour s’accrocher à son fragile succès ?

À l’heure où les hommes ne croient plus en rien, on note une montée en puissance de ces « coachs de vie » très à la mode, des super communicants qui, à grands coups de punchline pseudo-existentielles, promettent de changer votre vie en vous éveillant à vos possibilités personnelles insoupçonnées et en vous libérant de vos auto-contraintes. Loin de nous l’idée de dire qu’ils sont les nouveaux charlatans d’autrefois mais force est d’avouer qu’ils profitent d’une massive perte de repères d’hommes et de femmes désabusés et submergés par les difficultés d’une société écrasante dans laquelle il est de plus en plus difficile de survivre. Et à l’instar du titre, ces guides de vie deviennent des sortes de gourous jouant sur un puissant effet d’emprise mentale donnant l’illusion d’être des messies salutaires capables de vous aider dans votre développement personnel. Ce sujet, que l’on doit reconnaître passionnant et d’actualité, Yann Gozlan le traite selon son mode de prédilection, à savoir le thriller suffocant serrant en étau un spectateur pris entre le drame psychologique et le thriller haletant. Comme souvent chez Gozlan, la proposition est efficace. Et comme souvent chez Gozlan, elle ne brille pas par son immense finesse.

Bien cousu avec du gros fil blanc très épais, Gourou fait tout pour être spectaculaire. Grosse musique qui tabasse, montage ultra-dynamique, cadrages impactants, séquences flairant l’iconisation de son personnage, scénario qui ne tolère aucun temps morts, rebondissements sensationnalistes réguliers, Gourou use de tout ce qu’il peut pour capter l’attention et ne jamais la relâcher. Et ça marche… jusqu’à un certain point. Si l’on accepte de céder au spectacularisme cinématographique d’un film qui se veut être un thriller trépidant et divertissant, l’artificialité générale de l’ensemble lui impose ses limites évidentes. Gourou est efficace, oui. Gourou a un sujet intéressant, oui. Et un acteur très convaincant et convaincu (très bon Pierre Niney comme souvent). Mais Gourou est aussi un peu grossier dans son approche et sa méthodologie, comme du gros cinoche qui ne s’embarrasse pas trop de détails et tresse des cordes pour relier ses intrigues en vulgarisant à l’extrême son écriture comme sa mise en scène, quitte à flirter avec le pataud un peu bête, voire l’improable parfois grotesque.

Yann Gozlan s’efforce de bien cerner son personnage représentatif de la quête de popularité insatiable et aliénante de ces influenceurs modernes qui ne peuvent se permettre de régresser, quitte à user de tous les stratagèmes pour se maintenir en haut, chassé par une meute de copieurs-suiveurs envieux. L’ennui, c’est qu’autour de lui, tous les autres protagonistes sont réduits à l’état de schémas stéréotypés sans épaisseur. On est loin en-dessous du niveau qualitatif d’un Boîte Noire mais loin aussi de la médiocrité d’un Dalloway.

 

Par Nicolas Rieux

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