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MI AMOR de Guillaume Nicloux : la critique du film

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Nom : Mi Amor
Père : Guillaume Nicloux
Date de naissance : 06 mai 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h53 / Poids : NC
Genre : Thriller, Drame

Livret de Famille : Pom KlementieffBenoît MagimelFreya Mavor

Signes particuliers : Pour la musique électro d’Irène Dresel.

Synopsis : Romy, accompagnée de son amie Chloé, se rend aux Canaries pour mixer lors d’une soirée techno. Au petit matin, son amie a disparu. Aidée de Vincent, le patron du night-club, Romy se lance à la recherche de Chloé…

DU PARADIS A L’ENFER

NOTRE AVIS SUR MI AMOR

Ces dernières années, Guillaume Nicloux s’était mis à papillonner de genre en genre comme s’il voulait multiplier les expériences les plus diverses. La comédie avec Dans la peau de Blanche Houellebecq, le film fantastico-horrifique avec La Tour, le drame avec La Petite ou encore le biopic avec Sarah Bernhardt, La Divine. Avec Mi Amor, le cinéaste revie05nt à l’un de ses premiers amours, le polar. Avec son histoire de femme disparue et son absence de tonalité comique, Mi Amor convoque surtout le souvenir de Une Affaire Privée en 2002, plus que celui du Poulpe quelques années auparavant.

Romi, DJ professionnelle à la renommée internationale, s’envole pour les Canaries où elle doit faire un set dans une boîte de nuit. Elle part avec Chloé, sa meilleure amie. Mais au lendemain de la soirée, Chloé a disparu. Aide de Vincent (Benoit Magimel), le patron de la boîte, elle va la chercher.
Avec Mi Amor et son intrigue biscornue mêlant techno, chaleur, enquête, romance, night-clubs louches, crocodiles et légendes occultes des Canaries, Guillaume Nicloux évolue sur une ligne de crête, suivant du regard le thriller hypnotique en essayant de ne pas trébucher dans le ravin du navet à intrigue grossière et grotesque. Si l’on devait rapprocher son film d’une œuvre passée, on pourrait citer le remake de Bad Lieutenant par Werner Herzog avec Nicolas Cage. Il s’en dégage une atmosphère un peu similaire, perdue quelque part entre le cauchemar onirique et le désespoir écrasant. Plus elle pourchasse la trace de son amie et plus Romy (excellente Pom Klemantieff) s’enfonce dans les méandres d’un mauvais songe surréaliste. La musique electro envoûtante de la DJ Irène Dresel et la superbe photo bariolée de Romain Fisson-Edeline entretiennent ce sentiment d’un film proche de l’irréel paranoïaque, sensation déjà ressentie dans l’écriture, entre des personnages tous très étranges et une narration s’autorisant des rebondissements quasi chimériques.

Le parti pris est osé car constamment Mi Amor semble en péril, proche de s’effondrer sous le poids de ses contradictions. Comme son histoire à la fois ensorcelante et dans le même temps très simpliste une fois mise à plat. Ou comme l’utilisation de sa musique, que l’on aime tant dans les moments où sa présence est justifiée mais qui est trop employée, notamment quand elle n’a rien à faire là (dans des séquences dialoguées par exemple). Comme certains personnages difficiles à saisir aussi, ce patron de boîte de nuit incarné par Magimel par exemple, à la fois fragile et touchant ou magnétique et brutal. Ou comme cette volonté de suspense haletant… contredit par une scène d’ouverture qui le désamorce. Un simple exemple dans un film qui, d’ailleurs, mélange des scènes dont certaines fonctionnent indéniablement tandis que d’autres voisines paraissent sorties d’un film tiers qui n’aurait rien à voir. Récit d’une malheureuse qui déambule dans une sorte de paradis désenchanté et corrompu, Mi Amor oscille entre l’attraction fatale et la petite déception due à des maladresses évitables.

 

 

Par Nicolas Rieux

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