THE ORPHAN KILLER (critique)

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Mondo-mètre :

Carte d’identité :
Nom : The Orphan Killer
Père : Matt Farnsworth
Livret de famille : Diane Foster (Audrey), David Backus (The Orphan Killer), Matt Farnsworth (Mike), James McCaffrey (Jones), John Savage (Walker), Karen Young (soeur Mary), Charlotte Maier (Constance), Spencer List (Marcus jeune), Dana DeVestern (Audrey jeune)…
Date de naissance : 2011 / Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 1h25 – Budget NC

Signes particuliers (+) : De bonnes idées, tout ce qui est nécessaire au genre et quelques passages graphiques bien trash comme on aime.

Signes particuliers (-) : Un virage vers le torture porn trop long, un amateurisme ambiant, un recyclage géant piochant dans les classiques tout azimut et une complaisance dans l’excès systématique.

 

SI CE N’EST DONC LUI, C’EST DONC SON FRÈRE…

Résumé : Deux enfants, frère et soeur, sont placés dans un orphelinat. Le jeune garçon, instable psychologiquement, devient extrêmement agressif et subit les sévices des bonnes soeurs de l’orphelinat qui le punissent durement. Lorsque sa soeur est placée dans une famille, il a l’impression qu’elle l’abandonne. Adulte, il revient se venger d’elle…

Matt Farnsworth avait débuté une vague carrière d’acteur avant de bifurquer vers la réalisation. Premier film en 2005 avec Iowa, sur lequel il était metteur en scène, scénariste et acteur principal et pour lequel il avait réussi à choper John Savage et Rosanna Arquette. Primé dans plusieurs festivals de cinéma indépendant, l’acteur/réalisateur s’était alors taillé un nom qu’il a utilisé pour un second documentaire (après en avoir tourné un premier deux ans avant) sur les ravages des méthamphétamines aux USA puis pour ce qu’il espère être une nouvelle franchise horrifique culte : The Orphan Killer. S’agirait déjà de dégonfler un peu le melon pour le jeune homme qui ne semble pas se prendre pour un moins que rien, et à plus forte raison au vu du résultat assez désastreux.

The Orphan Killer est un jeu amusant pour tout fan de cinéma d’horreur qui pourra s’éclater à volonté en ponctuant le visionnage de cette série B à petit budget, d’un quizz des sept ressemblances cinéphiliques. Car Farnsworth veut créer une nouvelle franchise mais clairement en piquant celles des autres. Son The Orphan Killer n’est ni plus ni moins qu’un croisement entre les deux sagas cultes Vendredi 13 et surtout Halloween, auquel il pique l’essentiel avec cette fumeuse histoire de frangin passablement déconnecté du ciboulot et s’évadant d’un asile affublé d’un masque pour traquer sa sœur qui, adoptée par une gentille petite famille américaine avec un flic comme père de famille, la laissé croupir dans l’école catholique pour orphelins où il était maltraité. Evidemment, tout ceux qui croiseront sa route se feront massacrer de la pire des manières. Et cet Orphan Killer de laisser derrière lui une impressionnante collection de cadavres passablement amochés. Ne demandez surtout pas où Farnsworth est allé chercher tout ça. Quel génie !

Et vas-y que je me lance dans une épopée bien sanguinolente en glissant des références à la pelle aux giallos italiens, à De palma (celle à Carrie est évidente), aux slashers en général tout ne cédant à la mode du torture porn, registre dans lequel il conviendrait presque de classer The Orphan Killer tant il nous offre une séquence de torture centrale bien loooongue et bien ragoûtante, histoire de bien choquer les âmes sensibles qui ne l’auraient pas déjà été par tout l’éventail des pseudos-trucs rétrogrades clichés et si peu inspirés étalés par le cinéaste qui s’amuse à taper sur la bonne morale bien-pensante avec la finesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine entre massacre de nonnes, de prêtres, irrespect total pour Jésus, la croix, les bonnes sœurs qui font des pipes en douce dans la backroom de l’église et tout le toutim avec un zeste de relation incestueuse dans la façon de considérer sa sœur.

The Orphan Killer offre pourtant quelques passages presque jouissifs, trash à souhait et parfaitement dignes d’un bon slasher mineur qui dépote (se faire décapiter sur le trône, fallait l’imaginer celle-là). Mais l’énergie de son auteur nombriliste qui en fait sans arrêt des caisses dans le maniérisme, dans l’inutile (et pourquoi pas foutre des plans aériens de la ville histoire de montrer que mon film n’est pas une petite série B fauchée –ce qu’elle est d’ailleurs pourtant- ce qu’accentuera un p’tit caméo de John Savage décidément en perdition totale amicale et professionnelle), dans la gerbe de sang qui tapisse les murs, dans le gros gore qui sur-tâche bien excessif et tape à l’œil…

Bref, sans être une purge miteuse indigne d’une sortie en DTV, The Orphan Killer est tout simplement un slasher énervant qui aurait gagné à être plus humble au lieu de se fourvoyer dans une prétention ridicule vu le résultat. Car au fond, il est juste qu’un petit slasher comme beaucoup d’autres, mixant les éléments essentiels au genre (du cul bien voyeuriste et des meurtres bien salaces) pour essayer vaguement de devenir une péloche nerveuse et hardcore donnant aux amateurs ce qu’ils veulent voir. Mais la réalité est que Farnsworth n’a pas un talent dingue, que ses idées sont juste celles qu’il a emprunté ailleurs et que son film tourne pas mal à vide et en rond au point de nous faire assez vite décrocher. Bilan : très moyen tirant vers le bas, quelque part entre le nanar absolu et le raté mais duquel on sauve des choses car pas assez nul pour le détester. Ah et sinon pour finir Mr Farnsworth… Vous qui poursuivez parallèlement une carrière de pseudo-comédien, s’agirait aussi de faire des efforts soit dans la direction d’acteurs, soit dans leur choix car c’est pas terrible limite pathétique.

Bande-annonce :

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