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SCREAM RESURRECTION : l’avis de Fred sur la saison 3

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Scream Resurrection (saison 3)
Date de naissance : 2019
Majorité : Prochainement
Nationalité : USA
Taille : 6 épisodes
Genre : Epouvante

Livret de famille : Mary J. Blige, Keke Palmer, RJ Cyler, Paris Jackson…

Signes particuliers : Une troisième saison catastrophique.

LA SÉRIE SCREAM TENTE DE RENAÎTRE DE SES CENDRES

AVIS SUR SCREAM RESURRECTION – SAISON 3

Synopsis : Un soir d’Halloween, Deion Elliot assiste au meurtre de son frère, tué par un homme armé d’un crochet suite à une blague ayant mal tournée. Plusieurs années plus tard, Deion est maintenant le meilleur joueur de football américain de son lycée. Un jour, il se retrouve en colle avec plusieurs élèves : Liv, l’ex petite amie d’un coéquipier ; Kym, la rebelle du lycée ; Manny, le meilleur ami de Kym ; Amir, un jeune homme brillant aux parents particulièrement stricts ; et Beth, une gothique aux fascinations plutôt morbides. Il commence alors à recevoir des menaces en rapport avec la meurtre de son frère. En effet, un tueur semble avoir pris pour cible le jeune homme et ses camarades de colle. Le groupe va devoir survivre aux attaques de ce psychopathe tout en essayant de découvrir son identité.

Bon, déjà je n’étais pas fan de la déclinaison (M)TV de la célèbre saga de Wes Craven. J’ai regardé la première saison d’un œil mi-clos entre deux soupirs d’ennui et j’ai arrêté au bout de quelques épisodes de la deuxième qui, à mon sens, ne savait même plus quoi raconter. Alors pourquoi m’être infligé cette troisième saison un peu sortie de nulle part, vomie par la critique US et diffusée sur une filiale anonyme de MTV ? Ben, je ne sais pas trop moi-même, sans doute ce côté reboot en forme de mini-série de seulement 6 épisodes et la nostalgie émanant du retour du fameux costume de Ghostface ainsi que de sa voix indissociable (Roger L. Jackson) qui, elle, n’a rien perdu sa superbe …

Autant ne pas faire durer le suspense : c’est franchement nul ! À la fois au sens médiocre du terme mais amenant également des questions de bac de philo saugrenues du genre « L’existence d’un tel objet télévisuel a-t-il réellement pour but qu’on le regarde ? ». Les deux premiers épisodes sont particulièrement lamentables en posant les jalons d’une histoire qui, si elle a le mérite d’être toute simple et animée d’un esprit old school de slasher, est si mal amenée qu’elle en devient instantanément imbuvable…

Un soir d’Halloween, deux petits frères jumeaux, Deion et Marcus (habillé en Ghostface) récoltent des bonbons dans le quartier d’une Paris Jackson ayant l’apparition la plus gratuite et inexplicable de tous les temps. Les deux garçons s’aventurent sur le terrain d’un homme que la rumeur populaire dit être un tueur armé d’un crochet. Ça ne loupe évidemment pas : Marcus se fait planter par le bonhomme dingo et Deion prend la fuite en laissant son frère se vider de son sang. Des années plus tard, Deion est devenu la star de football de son lycée et s’apprête à jouer le match de sa vie devant un important recruteur. Bref, tout va bien dans sa petite vie… quand, soudain, à la veille d’Halloween, il commence à recevoir des appels d’une voix lui reprochant ses erreurs du passé. Lui et un groupe d’adolescents a priori supra-caricaturaux, bientôt tous surnommés le Deadfast Club car leur rencontre se fait lors d’une retenue en référence à vous savez quel film (en vrac, on aura la cinéphile gothique, le geek timide, le gay malin, le dealer fêtard, la militante grande gueule et l’archétype de la « final girl » d’un slasher… oui, ils se résument tous quasiment en deux mots), vont se retrouver confrontés à un Ghostface voulant absolument voir ce qu’ils sont véritablement « on the insiiiide » -il le répétera 50 fois minimum- c’est-à-dire tuer les hypocrites pour exposer leur véritable nature, à commencer par celle de Deion…

Bon, OK, aucun tueur de Scream n’a jamais eu ce genre de motivations idiotes mais ce n’est pas le moindre des problèmes. Les créateurs de la série sont visiblement très contents de pouvoir utiliser le costume de Ghostface à nouveau et ils vont donc le mettre en permanence à toutes les sauces : déjà artificiellement intégré à l’histoire, il est utilisé pour plein de séquences en trompe-l’œil se croyant malignes alors qu’elle brise complètement l’aura d’un assassin ainsi déguisé (Ghostface braquera même un drugstore, oui, on en arrive là…). Pire, quand le vrai tueur passe à l’action, ses premières apparitions sont toujours dénuées de la moindre tension et on en viendra souvent à se demander pourquoi il se fatigue à faire autant n’importe quoi au grand jour. Certes, on retrouvera parfois son côté « je-m’en-prends-plein-la-tête-de-la-part-des-victimes » en clin d’oeil aux films originels mais ce Ghostface est hélas bien loin d’avoir un soupçon de la force de présence de ses prédécesseurs au cinéma et la pauvreté de ses quelques premiers coups d’éclat meurtriers sont là pour invariablement en témoigner…

La série va tout de même remonter un peu la pente le temps de ses épisodes 3 et 4, elle n’en deviendra pas bonne pour autant mais au moins un peu plus regardable. Leur évolution aura beau être toujours elle-même clichée, certains personnages vont tout de même réussir à démontrer des traits de caractère allant au-delà de leurs stéréotypes de départ (la gothique et la militante auront une dynamique amusante qui nous fera survivre moins péniblement jusqu’à la fin de la série notamment), quelques dialogues de références cinématographiques un peu insérés là au forceps feront leur job « screamoristique » et même une ou deux séquences de meurtres fonctionneront mieux que la moyenne médiocre de la saison. Rien de bien fou car l’impression que tout se bâtit sur une accumulation perpétuelle de poncifs et l’esprit torché à la va-vite de la série se feront toujours sentir (l’affrontement de Ghostface avec un « collègue » aurait pu être un sommet de fan-service mais non, absolument rien n’en sortira d’épique !) mais, au moins, on sentira une volonté de brouiller les cartes au maximum autour de l’identité du tueur tout en cherchant à montrer un « insiiiide » de certains personnages différent de leurs apparences afin de temporiser jusqu’au dernier acte. En même temps, c’était le but recherché par toute cette affaire donc pas de quoi faire une ola pour fêter ça…

Du côté de la révélation finale et de son attente forcément sujette à indices, la série va multiplier les fausses pistes en soulignant grossièrement lorsqu’un ou deux personnages sont absents au moment d’un meurtre comme pour mieux nous adresser un « Regarde, ça ne peut être que lui, elle ou ces deux-là ! ». Seulement, voilà, elle va en abuser jusqu’à l’overdose, allant même jusqu’à nous désintéresser de ce qui devrait justement nous passionner de questionnements. Tous les membres de la petite bande seront bien entendu suspectés à tour de rôle et, au fur et à mesure que certains disparaîtront en réduisant ainsi considérablement la liste de suspects, on en arrivera à se moquer carrément de l’identité du ou des tueurs derrière le masque de Ghostface. Et, comme c’est censé être une donne essentielle de ce serial-slasher, autant dire qu’il y de bons coups de poignard qui se perdent autour de l’équipe créative…

Après un épisode 5 en forme de bouche-trou alignant quelques cadavres de plus pour étoffer artificiellement le CV du meurtrier, viendra donc le temps de la vérité avec l’ultime épisode. Et comment dire ?… Avant la révélation tant attendue, il y aura une sorte de mini-twist pas si bête car donnant enfin une vraie logique aux motivations du tueur mais il arrivera bien trop tard, tel un cheveu du cadavre aux yeux révulsés de Wes Craven sur cette soupe impropre à la consommation, et nous signifiant bel et bien qu’en termes de développements scénaristiques, la série nous aura fait perdre un temps incroyable pour en arriver là. À la suite de celle-ci, le masque de Ghostface tombera enfin, les explications autour de ce qui a poussé le(s) coupable(s) à agir ainsi seront aussi stupides qu’abracadabrantes et on aura même droit à une espèce de rétrospective sous forme de flashbacks-résumés hilarants où tous les meurtres seront à nouveau survolés avec à chaque fois, à la fin, un plan sur le(s) tueur(s) retirant le fameux masque, comme si les scénaristes avaient eux-mêmes peur que l’on n’y croit pas vraiment sans cette démonstration grotesque. Et on évitera de parler du combat final expédié qui résumera bien l’esprit de produit sans âme que fut l’intégralité de cette saison 3 à des hectares qualificatifs de ses aînés cinématographiques…

Avec un titre pareil, ça partait déjà mal : la dernière fois que l’épisode d’une célèbre saga d’horreur a intégré un « Résurrection » à son titre, c’était le huitième opus de « Halloween » qui reste comme un des pires jamais engendrés au pays de Michael Myers, c’est dire la qualité du flair de ceux qui l’ont apposé à cette troisième saison de Scream. Néanmoins, si l’on devait reconnaître une qualité à la série, ce serait celle de passer extrêmement vite, les six épisodes ont en effet le mérite de se dévorer très rapidement sans nous faire ressentir trop d’ennui. Ce n’est déjà pas un moindre mal car, hormis cela, on peut dire que ce retour de Ghostface est un teen-ratage incontestable, donnant presque un sentiment de réel visage-fantôme difforme des longs-métrages de Wes Craven. On pourra au moins espérer que cela donne envie à une nouvelle génération de s’intéresser à ces derniers, c’est peut-être le seul véritable intérêt de cette entreprise en faillite en fin de compte. Et, pitié, arrêtez-vous là avec cette série…

Par Frédéric Sebource

BANDE-ANNONCE :

 

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