S.O.S FANTÔMES de Paul Feig : la critique du film
Sortie cinéma

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SOS_fantomes_2016Mondo-mètre
note 2 -5
Carte d’identité :
Nom : Ghostbusters
Père : Paul Feig
Date de naissance : 2014
Majorité : 10 août 2016
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h56 / Poids : 144 M$
Genre : Comédie fantastique

Livret de famille : Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon, Leslie Jones, Chris Hemsworth, Charles Dance, Michael K. Williams, Andy Garcia…

Signes particuliers : Un reboot décevant, quelque part entre le « moyen » et le « mauvais ».

PAS SÛR QU’ON APPELLE CES NOUVEAUX GHOSTBUSTERS…

LA CRITIQUE DE S.O.S FANTÔMES 3

Résumé : S.O.S. FANTÔMES est de retour, revisité et dynamisé avec un casting féminin et de tout nouveaux personnages plus hilarants les uns que les autres. Trente ans après le raz-de-marée planétaire du premier film, le réalisateur Paul Feig nous offre sa vision rafraîchissante et ultra vitaminée de la comédie surnaturelle, avec la complicité de certaines des personnalités les plus drôles du cinéma actuel : Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon, Leslie Jones et Chris Hemsworth. Les fantômes n’ont qu’à bien se tenir ! SOS_fantomes_2016_2SOS Fantômes 2016… Un projet qui depuis sa mise en chantier, déchaîne les passions des internautes entre rejet absolu d’un reboot posant ses sales pattes sur un film culte, et partisans avisés du « on verra bien, ne le condamnons pas d’avance« . Un projet qui de toutes les manières, quoiqu’il fasse, pouvait d’avance s’attendre à un déversement de quolibets inondant réseaux sociaux et forums de cinéma. Trop de références, pas assez de références, copieur de l’original, pas assez respectueux de l’original, trop génial, trop nul, j’ai jamais vu le premier, c’est une insulte au premier, bonne idée, pas touche à Ghostbusters… On peut aisément imaginer ce qu’il va se passer à la sortie de ce blockbuster estival ambitionnant la relecture modernisée du classique d’Ivan Reitman. Ce que l’on pouvait plus difficilement imaginer, ce sont les dérives haineuses qu’il aura convoquées avec lui à sa sortie américaine, avec la cabale contre l’actrice Leslie Jones, victime d’injures racistes sur Twitter. Bref, consacré « réalisateur-star de comédies bankable » à Hollywood, Paul Feig (Mes Meilleures Amies, Spy) s’est donc attaqué au projet suicidaire en faisant fi des attaques de toutes parts, à commencer par celles contre le choix de remplacer l’ancienne distribution masculine, par un casting 100% féminin, où la seule pointe de testostérone est amenée par un Chris Thor Hemsworth. Who you gonna call ?

Slimer in Columbia Pictures' GHOSTBUSTERS.

Grosse production hystérique estimée à plus de 140 millions de dollars (lesquels ont dû filer à l’anglaise probablement en bakchich pour convaincre les anciens de venir faire leur petit caméo), S.O.S. Fantômes version 2016 est probablement le plus film le plus polymorphe de l’année, espèce de gros machin hybride devant lequel on pense plein de choses, certaines contradictoires, d’autres complémentaires. Et au final, dans cet amas de réflexions chaotico-cacophoniques qui tourneboulent dans la tête, une seule constante : l’inutilité d’un projet qui n’avait pas vraiment besoin d’être et qui existe uniquement pour le fric. Car qui vise t-on au fond dans l’affaire ? Les jeunes de la nouvelle génération passés à côté du classique des eighties ? Alors pourquoi autant de caméos renvoyant à des choses qu’ils ne connaissent potentiellement pas ? Le public plus âgé alors, genre les trentenaires qui vénèrent le Ghostbusters originel ? Mais alors, pourquoi torpiller leurs souvenirs avec un tel bidule horriblement débridé et viscéralement casse-gueule ? Reste la troisième option. On vise tout le monde, en tout cas tous ceux qui voudront bien s’y intéresser et qu’importe s’ils aiment pas, du moment qu’ils ont payé leur place… Car le pire dans l’histoire, c’est que nombreux seront ceux qui se déplaceront pour aller vérifier par eux-mêmes l’ampleur des dégâts…SOS_fantomes_2016_1On était plutôt d’humeur à laisser une chance à la tentative « feigienne ». Malheureusement, la bonne humeur a vite tourné court pour laisser place à l’agacement. Visuellement, S.O.S. Fantômes déverse un torrent de laideur à faire passer une décharge pour une vue d’hôtel 4 étoiles. Et au milieu de ce fracas de rouge, de bleu et de vert tout-numérique et bien dégueulasse, quelques effets sympas ici et là, comme perdus dans un océan de médiocrité formelle. Pas mieux côté scénario. Au milieu du vide intersidéral qui l’habite, une poignée d’idées qui traînassent, seules au milieu du rien comme un atoll isolé au milieu du Pacifique. C’est ça S.O.S. Fantômes, une comédie pas si détestable dans le fond quand on essaie de se concentrer sur ce qu’elle peut avoir de « pas mal », mais qui affiche trop d’indigence, de carences et d’erreurs de parcours pour tenir la route. Et le pire, c’est que la formule du « oui mais non » est déclinable à tous les étages.

In Columbia Pictures' GHOSTBUSTERS.

Les personnages ? Oui, certains sont attachants, comme Kristen Wiig ou un Chris Hemsworth hilarant dans son rôle de standardiste neuneu. Mais autour d’eux, gravite une galerie tellement agaçante, entre une Melissa McCarthy qui en font des tonnes, idem pour Leslie Jones et son rôle ultra-cliché, ou une Kate McKinnon proprement insupportable. L’humour ? Oui, quelques vannes font mouche et certains gags (souvent à l’actif d’Hemsworth) tirent sourires voire éclats de rire. Mais ils sont accompagnés de tant de lourdeur et de vulgarité. L’ambiance ? Oui, elle est généralement bon enfant, mais aucune saveur particulière ne vient l’aider pour nous faire entrer vraiment dans l’aventure délirante. Les références ? Oui, elles sont là pour le plus grand plaisir des fans mais ironiquement, c’est bien tout le problème. Car elles se contentent « d’être là », comme placées en marge du film, tombées d’on ne sait quel cocotier. Poussifs et mal pensés, les caméos sont un modèle de fonctionnement à l’envers, comme si l’on avait demandé aux « anciens » de passer faire un coucou vite fait, en improvisant leurs venues à même le tournage. Ridicule. La musique ? Encore une fois, ça ne va pas. Dès le début, S.O.S. Fantômes balance la célébrissime chanson de Ray Parker Jr. que l’on aime tous. Et dès le début, on se prête à remarquer à quel point elle ne vieillit pas, à quel point elle fonctionne toujours et déclenche des déhanchements endiablés. Mais alors, pourquoi l’avoir ensuite zappée pour lui préférer un remix bizarro-pénible saigneur d’oreilles ?!SOS_fantomes_2016_5Au final, S.O.S. Fantômes 2016 est bel et bien le mauvais reboot que l’on pouvait redouter. Mais parce qu’il a quelques arguments en tant que simple comédie populaire sans prétention, il pourrait réussir à se sortir de son mauvais pas auprès des moins exigeants l’abordant dans un complet détachement de l’original. Reste qu’il n’a pas grand-chose à proposer de nouveau, et si le premier affichait un scénario somme toute très basique quand on y repense, sa saveur était à dénicher dans ses délicieux personnages, dans son ambiance générale, dans son second degré délirant, et dans son parfum de kitsch assumé qui ne trouve aucun écho ici dans ce déversement de CGI souvent hideux. Autant d’éléments qui ne fonctionnent plus dans cette relecture à l’inspiration intermittente, qui a du bon mais aussi beaucoup de moins bon. Et sans être vraiment catastrophique, voire même très très lointainement attachant, ce reboot ressemble plus à la foireuse adaptation live de Scooby Doo qu’à l’ancien Ghostbusters. Finalement, on en vient à se dire que Ghostbusters était vraiment un film « des années 80 » qui ne pouvait exister que dans cette décennie si particulière pour le cinéma.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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