ROBOT AND FRANK – critique (SF, comédie dramatique)

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1Mondo-mètre :
note 6.5
Carte d’identité :
Nom : Robot & Frank
Père : Jake Schreier
Livret de famille : Frank Langella (Frank), Susan Sarandon (Jennifer), James Marsden (Hunter), Liv Tyler (Maddison), Jeremy Strong (Jake), Peter Sarsgaard (Robot)…
Date de naissance : 2012 (sortie le 19/09/12)
Nationalité : Canada
Taille/Poids : 1h27 – 2,5 millions $

Signes particuliers (+) : Un film séduisant par son mélange de modestie, de tendresse et d’humour mélancolique, porté par un grand Frank Langella et un cinéaste qui s’efface avec retenue derrière son sujet abordant un sujet grave avec beaucoup de légèreté.

Signes particuliers (-) : Anecdotique. Son petit budget ne lui donne pas les pleinement les moyens d’approfondir au mieux sa touchante histoire.

 

HOMME DÉCLINANT vs MACHINE UPGRADABLE…

Résumé : Frank, un ancien cambrioleur, est aujourd’hui vieux et atteint de la maladie d’Alzheimer. Son fils, Hunter, décide de lui octroyer de force un peu d’aide en lui achetant un robot d’aide à la personne. D’abord réticent, Frank va finir par apprivoiser cette machine et l’embarquer dans ses histoires…

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L’INTRO :

Avec Robot and Frank, ses auteurs ambitionnaient seulement de signer une petite série B toute mignonne et sans prétention, parlant d’un sujet grave avec beaucoup de légèreté et de tendresse. Soutenu par une jeune maison de production naissante, réalisé par un metteur en scène peu inexpérimenté (Jake Schreier n’a qu’un court-métrage à son actif) et avec le concours de bons comédiens venus participer à une belle aventure sans appât du gain, ce film qui aurait pu se contenter d’une carrière très modeste voire confidentielle, a finalement connu une belle histoire qui l’a menée jusqu’à Deauville où il a fait l’ouverture du prestigieux festival en 2012. Sorti sur deux ridicules écrans aux Etats-Unis, son succès (certes tout relatif) lui permettrait de passer à 46 la semaine suivante puis à 144 salles la semaine d’après ! Et finalement, le pari à but pas vraiment lucratif d’au moins rembourser sa mise de 2,5 millions de dollars, sera tenu avec 3,3 millions d’engrangés sur son sol sans compter les recettes étrangères où le film, à la force de son nom, a réussi à se frayer un chemin, comme en France où il sera pris en charge par EuropaCorp.

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Né de l’envie du novice Jake Schreier de parler de la façon dont le Japon prend soin de ses personnes âgées avec respect et dignité à travers le terrible problème de la maladie d’Alzheimer, Robot and Frank va prendre place dans un futur proche imaginé où les robots d’aide à la personne ont pris un essor très populaire. Répandus, l’un d’entre eux fera irruption dans la vie du vieillissant Frank, atteint d’Alzheimer, et que son fils lui imposera malgré sa « ronchonnerie ». Sauf comme beaucoup de personnes atteintes par ce fléau en vogue, Frank refuse d’admettre qu’il est malade, refuse l’aide de qui que ce soit et surtout, refuse d’accepter l’aide de cette machine déshumanisée. Mais forcé, il n’aura pas le choix et devra s’incliner et essayant de faire de concilier obligation et utilité. C’est l’immense Frank Langella qui prêtera ses traits à ce vieux bougon, ancien cambrioleur professionnel, désormais à la retraite du métier dans une petite ville américaine très tranquille. Peter Sarsgaard doublera quand à lui le robot alors que participent à l’aventure rien de moins que Liv Tyler (que l’on retrouve enfin sur les écrans français quatre ans L’Incroyable Hulk et sa série de DTV), Susan Sarandon et James Marsden.

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Il aurait été très facile de faire de Robot and Frank, un énième drame lacrymal calibré pour faire chialer dans les chaumières à grands coups de vagues d’émotions faciles. Mais Schreier a pris une voie plus difficile, celle d’amuser, d’attendrir tout en conférant beaucoup de légèreté volatile à sa comédie dramatique matinée de science fiction. Et le résultat fait mouche dans cette belle histoire d’amitié entre ce vieux grincheux et cet humanoïde qui réussit à dévoiler de la vie et de la douceur derrière sa carcasse blanche épurée. robot-and-frank_1Progressivement, sa froideur structurelle se transforme en une chaleureuse tiédeur au rythme des échanges touchants et amusants. Même s’il reste très anecdotique et ne marquera pas forcément les mémoires par la simplicité de son fond, Robot and Frank est un beau plaisir instantané confrontant la faillibilité de l’homme à la perfection mécanique des machines pour produire une histoire attachante alimentée par une relation finalement très humaine dans l’âme. Série B comico-dramatique qui doit beaucoup à sa sincérité d’exécution et à la présence d’un grand Frank Langella impeccable, elle sait surtout se draper d’une grande pudeur pour ne jamais tomber dans les excès qui la guettait de toute part, pour tenir solidement et sans vaciller sur ses jambes en maintenant jusqu’au-bout le cap dans lequel elle s’était engagée. Il se dégage finalement beaucoup de finesse et d’humilité dans cette approche du drame inévitable qu’est la vieillesse, compensant son factuel, sa finalité un peu vaine et son absence de sophistication, par une proximité intimiste et une drôle de mélancolie passagère dans la façon d’aborder cette association de « héros » improbablement décalée narrée comme une petite fable aussi discrète qu’émouvante. Le peu de moyens affaiblit certes l’impact et le souffle émotionnel, mais à son niveau et avec ses ambitions, Robot and Frank trouve le ton juste pour proposer une délicate et sensible alternative aux gros drames hollywoodiens aux traits grossiers.

Bande-annonce :

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