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OPERATION RED SEA de Dante Lam : la critique du film [Blu-ray]

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Hong hai hang dong
Père : Dante Lam
Date de naissance : 2019
Majorité : 03 août 2019
Type : Sortie Blu-ray/DVD
Nationalité : Chine
Taille : 2h19 / Poids : NC
Genre : Action, Guerre

Livret de famille : Zhang Yi, Huang Jingyu, Hai Ding…

Signes particuliers : Le film qui ridiculiserait presque Michael Bay.

DANTE LAM EN MODE DANTESQUE

NOTRE AVIS SUR OPERATION RED SEA

Synopsis : Un commando de marines est déployé pour évacuer des ressortissants retenus en otage dans un pays ravagé par la guerre civile. 

Les ricains aiment raconter les épisodes héroïques de leur armée au cinéma. Les chinois aussi. Les ricains n’hésitent pas emballer tout ça avec un bon gros patriotisme ronflant. Les chinois aussi. Les ricains s’éclatent à faire dans le super-spectacle qui explose tout à l’écran. Les chinois pareil. Bon, les ricains ne font pas dans la finesse par contre. Bah en fait, les chinois non plus. Tout ça pour dire que si vous êtes du genre à prendre votre panard devant les énormes blockbusters d’action hollywoodiens, le chinois Operation Red Sea pourrait vous satisfaire. A condition de n’avoir rien contre les films asiatiques bien entendu. Réalisé par le remuant Dante Lam (Beats Cops, The Triad Zone, Twin Effect), le même Dante Lam qui avait déjà vanté les mérites de la marine chinoise dans son précédent Operation Mekong, Operation Red Sea est un gigantesque mastodonte de 2h19 entièrement fait de fusillades et d’explosions, qui relate l’opération commando d’un groupe de soldats de l’armée chinoise pour aller récupérer des ressortissants retenus en otages dans un pays arabe déstabilisé par un début de guerre civile. Si le pays en question est baptisé le « Yewaire » côté fiction, il s’agit en creux du Yémen, Operation Red Sea s’inspirant de faits réels ayant eu lieu en 2015, lorsque l’armée chinoise est allée évacuer plus de 800 personnes alors que le pays sombrait dans le chaos.

Lancé pile poil au moment des commémorations du 90eme anniversaire de la création de l’armée populaire de libération, Operation Red Sea a été une vague qui a littéralement submergé le box-office chinois, se payant aisément le marvellien Black Panther avant de s’imposer comme le deuxième plus gros succès de tous les temps dans l’Empire du Milieu. Il faut dire que les petits plats ont été mis dans les grands pour farcir le dindon. Un budget dément, des centaines de figurants et des scènes d’action à foutre Michael Bay en PLS, lequel apparaît soudainement bien minus à côté de cet irréel déluge d’empoignades armées, de batailles et de pyrotechnique de haut-vol. En effet, Operation Red Sea ne fait pas dans la demi-mesure. 2h19 de film, 2h19 d’action au doigt mouillé. Des limites ? Pourquoi faire ? Inutile de s’emmerder avec ça, le film promet un spectacle, le public va en avoir pour son argent. Résultat, Dante Lam appuie sur le champignon dès la première minute et ne va jamais lâcher la pédale avant la fin, roulant à fond en suivant le panneau de ses ambitions avec une frénésie aussi tarée que jubilatoire. Tarée car Operation Red Sea est un impressionnant bordel foutraque qui démarre par un abordage en mer avant de filer en mode survival dans une ville en ruines après s’être payé un affrontement épique dans le désert. Avec au milieu, des centaines de terroristes, une journaliste casse-cou, des otages en pagaille, un homme d’affaire complotiste et des soldats sans peur et sans reproche.

Faisant preuve d’une excessivité constante en tout point, Operation Red Sea est une louange immodérée à l’armée chinoise courageuse et indestructible, un film au manichéisme sur-appuyé, un blockbuster porté par un lyrisme démesuré, une œuvre à l’esthétisme criard, une érection de fun à l’intensité boostée par une plaquette entière de viagra. Et s’il y a bien quelque chose que l’on ne pourra pas reprocher à Dante Lam, c’est clairement sa volonté ultra-généreuse d’en balancer plein la vue alors que le rythme ne s’offre aucun répit. Le revers de la médaille, c’est que cet excès pourra paraître épuisant sur la longueur. A ne jamais poser son très long-métrage, le cinéaste prend le risque de finalement noyer le spectateur dans son tsunami pétaradant. A cela s’ajoute une gratuité du gore qui frôle parfois le cynisme et des effets visuels jamais très loin de la faute de goût (les balles numériques qui fendent l’air au ralenti pendant de longues secondes, ça va cinq minutes mais c’est un peu gonflant en plus d’être peu gracieux) mais qui participent à soutenir ce parti pris d’œuvre hypertrophiée à la boulimie sans limite. Dans le genre, on est très loin du coréen Frères de Sang par exemple. Et de manière générale, on est loin du cinéma coréen tout court, bien plus maîtrisé et flanqué de scénarios plus écrits et moins lapidaires. Néanmoins, ça reste une folie explosive parfois tellement too much qu’elle en devient drôle, mais si opulente et vigoureuse qu’on y éprouve un certain plaisir régressif au-delà de ses innombrables défauts.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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