Le petit coup de gueule du jour ? Desordres d’Etienne Faure…

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C’est aujourd’hui que sort en salles Desordres, un petit film signé Etienne Faure avec Isaach de Bankolé et Sonia Rolland. Desordres, c’est un thriller trouble et troublant. Desordre, c’est aussi un tout budget appuyé par le CNC. Mais Desordre, c’est aussi le bazar de ma semaine dans le système de distribution des films en France. c’est lui en effet qui essaie de mettre un peu de désordre dans tout ça.

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8 salles en France, c’est tout. C’esrt tout que se paye Desordre de Faure et aucun « grand » cinéma. Et pour cause, Gaumont et UGC ont tout simplement refusé le film en projection dans leurs cinémas. Un problème de contenu choquant ? Une idéologie nauséabonde ? Pas du tout. Les deux géants français pointent du doigt le manque de salles disponibles pour y mettre le film. Profs avec Christian Clavier d’un côté, Les Gamins avec Alain Chabat de l’autre, le cinéma français est bien représenté cette semaine mais essentiellement par ces deux idioties qui squattent près de 1000 salles à eux deux. Et comme l’actu est très chargée en ce 17 avril, eh bien Desordre passe à la trappe. Pas de place. Réunion de conciliation au CNC etc… Rien n’y aura fait.

Scandalisé par cette pratique qui consiste à dire qu’une salle accordée à son Desordre, c’est une salle en moins pour les plus attractifs Les Gamins ou Profs, Etienne Faure a pris sa plume et pousse un coup de gueule sur la toile où il pointe du doigt le fait que son film, ce sont des gens, des techniciens, qui ont bossé avec passion et non pas des acteurs surpayés dans des films grand public mais finalement assez semblable. Le cinéaste porte surtout son mécontentement sur les réseaux Gaumont et UGC et leur manque de diversité etc.

A t-il raison ou pas, ce n’est pas à nous de le dire. Il faut juste reconnaître deux choses. Un, la bande-annonce ci-dessous laisse entrevoir des idées mais aussi un film qui respire l’amateurisme, enfoncé par le piètre jeu de Sonia Rolland et un scénario que l’on voit venir de trèèèèèès très loin. Deuxièmement, Gaumont et UGC ne sont pas des entreprises d’État, ni des philanthropes. Rien ne les oblige donc à faire plaisir à tout le monde ou à respecter des « règles » dans leurs choix de distribution. En tant que sociétés privées, à leur guise à priori de mettre ce qu’ils veulent dans leur cinéma, rien n’empêche les indépendants de tenter la carte de la contre-programmation. Sauf qu’à bien y regarder, peu de cinémas indépendants, même parisiens, tentent le coup, et encore moins le géant MK2, probablement à cause d’une bande-annonce qui n’inspire pas une grande confiance qualitative, ce que corroborent les échos des festivals où le film a tourné.

On peut comprendre Etienne Faure et son énervement car pour lui, ce sont sûrement des mois voire des années de travail qui sont gâchées au moment où la fête devrait battre son plein pour lui. On peut comprendre le spectateur qui peut râler pour le manque de diversité accru par l’état d’esprit des grands Pathé-Gaumont-UGC qui, à eux trois, ont un pouvoir pour faire et défaire une carrière en salles et qui dictent un peu trop la visibilité du cinéma en France par l’importance de leur réseau. De l’autre côté, on peut aussi comprendre Gaumont et UGC qui après tout, font ce qu’ils veulent avec leurs cinémas, ce sont les leurs quand même et qui surtout n’ont pas forcément envie de voir un petit film qui fera 2 entrées venir squatter une salle qui pourrait être occupée par un truc rentable. Non pas que l’on fasse l’apologie du capitalisme mais si l’on se place dans la logique d’un exploitant, c’est justement… logique comme démarche. Et pour rappel, MK2 ne s’est pas engouffré dans la brèche en proposant un film qui, au passage, aurait pu leur correspondre. Une explication peut-être…

En tout cas, on souhaite le meilleur à Desordres et à Etienne Faure, dans les 8 salles où il est déjà présent.

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