INHERENT VICE de Paul Thomas Anderson
Critique – Sortie Ciné

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inherent viceMondo-mètre
note 5 -10
Carte d’identité :
Nom : Inherent Vice
Pères : Paul Thomas Anderson
Date de naissance : 2014
Majorité : 04 mars 2015
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h28 / Poids : NC
Genre : Comédie, Policier

Livret de famille : Joaquin Phoenix (Doc Sportello), Reese Witherspoon (Penny), Owen Wilson (Coy), Josh Brolin (Bigfoot), Jena Malone (Hope), Katherine Waterston (Shasta), Benicio Del Toro (Sauncho), Maya Rudolph (Petunia), Martin Short (Blatnoyd), Eric Roberts (Wolfmann)…

Signes particuliers : Comprendre ou apprécier, il faut choisir. Les deux en même temps, c’est compliqué pour le nouveau Paul Thomas Anderson.

DOC SPORTELLO : LE VICE DANS LA PEAU

LA CRITIQUE

Résumé : L’ex-petite amie du détective privé Doc Sportello surgit un beau jour, en lui racontant qu’elle est tombée amoureuse d’un promoteur immobilier milliardaire : elle craint que l’épouse de ce dernier et son amant ne conspirent tous les deux pour faire interner le milliardaire… Mais ce n’est pas si simple… C’est la toute fin des psychédéliques années 60, et la paranoïa règne en maître. Doc sait bien que, tout comme « trip » ou « démentiel », « amour » est l’un de ces mots galvaudés à force d’être utilisés – sauf que celui-là n’attire que les ennuis.INHERENT VICE 4L’INTRO :

Considéré par certains comme l’un des plus romanciers américains de son époque, Thomas Pynchon est aussi réputé pour son extrême discrétion médiatique qui lui aura valu un temps, le surnom de « l’écrivain anonyme ». Curieusement (ou au contraire, logiquement), aucune de ses œuvres n’avaient jusqu’ici été adaptée au cinéma. Il aura fallu attendre pour cela le talentueux Paul Thomas Anderson, qui s’est emparé de Inherent Vice, roman paru en 2009 et mélangeant enquête policière d’un détective privé et abus de substances illicites dans une sorte de cacophonie littéraire complexe et drôlatique. Avec Inherent Vice, Paul Thomas Anderson s’abandonne, une fois n’est pas coutume, à un projet à l’audace sidérante, pour lequel il retrouve son comparse Joaquin Phoenix, deux ans après leur collaboration acclamée sur The Master.INHERENT VICE 5L’AVIS :

Disons le clairement, Inherent Vice est un film exigeant qui aura vite fait de rebuter les amateurs d’un cinéma de distraction ludique et léger. Quelque part entre les écrits de Raymond Chandler, Don DeLillo ou Hunter S. Thompson, Inherent Vice est une enquête « comique » aux allures puzzle assemblé lors d’un trip sous acide, ouvertement référentiel aux polars noirs américains des années 50, mais rappelant également par petites touches, le cinéma des Frères Coen ou de Cronenberg époque récente, croisé avec des œuvres telles que Leaving Las Vegas ou le remake de Bad Lieutenant par Werner Herzog.INHERENT VICE 6

Passé le moment ou l’on accepte le fait que l’on ne comprendra rien à l’enquête narrée, bien trop complexe et alambiquée pour couler avec fluidité dans une narration classique et explicative, on peut alors essayer de profiter des qualités de ce nouvel exercice d’un Paul Thomas Anderson au cinéma décidément plus que jamais singulier et fascinant. Sa loufoquerie et son humour ubuesque, sa plastique virtuose, son esthétique seventies savoureuse, sa photographie épatante, son atmosphère pleine d’étrangeté hallucinée, sa galerie de personnages délicieuse, incarnée à la force d’interprétations étonnantes de la part d’acteurs talentueux, entre un Joaquin Phœnix en totale dévotion à son rôle de privé hippie-souillon défoncé à la fumette et à l’alcool et un Josh Brolin surprenant et hilarant en flic bourru aux relents homosexuels refreinés. Sans parler d’un Owen Wilson à contre-emploi… Inherent Vice ruissèle de qualités qui en font une œuvre riche, sous ses allures de film psychédélique, subversif et décalé. Dommage qu’il faille accepter de décrocher du récit sinueux pour savourer toutes ces bonnes choses, qu’il faille endurer une voix off pompeuse récitant un texte trop élégamment littéraire pour convaincre à l’image, qu’il faille se laisser aller à l’immersion dans une œuvre souffrant de longueurs et d’un vacarme visuel et narratif permanent.INHERENT VICE 1

Semi-réussite et semi-échec qui laisse un brin dubitatif, Inherent Vice est comme une immense forêt inaccessible, informe et touffue dans sa globalité, magnifique quand on fait l’effort suprême de pénétrer dans son antre où se dévoile sa nature profonde. Hermétique et nombriliste pour les uns, vénéneuse et magistrale pour les autres, Inherent Vice n’a pas fini de déchaîner les passions entre les addict et les réfractaires à son « bordélisme » souverain, son exubérance sensorielle et son romantisme étrange (au sens littéraire du terme). Un OFNI fiévreux, taré, sexy et rock n’ roll mais aussi fatiguant, redondant et désordonné.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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