HARA-KIRI, LA MORT D’UN SAMOURAÏ de Takashi Miike
DVD – critique (drame historique)

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19840907.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMondo-mètre :
note 4.5
Carte d’identité :
Nom : Ichimei
Père : Takashi Miike
Livret de famille : Ebizô Ichikawa (Hanshirô Tsugumo), Eita (Motome Chijiiwa), Koji Yakusho (Kageyu Saito), Hikari Mitsushima (Miho), Naoto Takenaka (Tajiri), Munetaka Aoki (Omodaka)…
Date de naissance : 2011
Majorité au : 05/11/2012 (en DVD)
Nationalité : Japon
Taille : 2h05
Poids : Budget NC

Signes particuliers (+) : Takashi Miike poursuit dans une veine plus classique et livre un somptueux drame historique fascinant et audacieux. Fascinant dans sa façon de mettre en valeur les fondements mêmes du mythe des samouraïs et audacieux par ce qu’il tord le coup aux codes sacrés pour aller chercher les hommes cachés derrière ce même mythe traditionnellement intouchable. Le tout dans un effort appliqué et minutieux renvoyant au travaux des grands artistes du cinéma japonais d’antan.

Signes particuliers (-) : Le bémol dans cette riche oeuvre imposante, est l’ennui qu’elle génère au-delà de sa splendeur figée.

 

LA MORT D’UN SAMOURAÏ, L’ENNUI DU SPECTATEUR

LA CRITIQUE

Résumé : Voulant mourir dignement, Hanshiro, un samouraï sans ressources, demande à accomplir un suicide rituel dans la résidence du clan Li, dirigé par le chef Kageyu. Essayant de décourager Hanshiro, Kageyu lui conte l’histoire tragique d’un jeune ronin, Motome, venu récemment avec la même requête. Hanshiro est traumatisé par les détails horrifiants du sort qui fut réservé à Motome mais il persévère dans sa décision de mourir dans l’honneur. Au moment de se faire hara-kiri, il présente une ultime requête : il désire être assisté dans son acte par trois lieutenants de Kageyu, qui sont absents tous les trois, par une étrange coïncidence. Méfiant et furieux, Kageyu demande à Hanshiro de s’expliquer. Ce dernier révèle ses liens avec Motome et livre le récit doux-amer de leurs vies. Kageyu comprendra bientôt que Hanshiro s’est lancé dans une épreuve de force. Les codes de la chevalerie des samouraïs s’en trouveront bousculés dans leurs certitudes, pour mieux réapparaître dans leur humanité.

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L’INTRO :

Le japonais Takashi Miike tourne tellement vite qu’on peine à suivre. On l’avait laissé en 2010 avec sa somptueuse fresque 13 Assassins, film de samouraïs épique, violent et crépusculaire. Et ensuite ? Depuis, il a réussi à en mettre en boîte pas moins de huit nouveaux en seulement trois ans ! Plus un épisode de série télé et deux autres longs-métrage en phase de pré-production !!! Prolifique, vous dites ? On ne voit pas du tout de quoi vous vous voulez parler… Parce que c’est trop le bazar dans la filmographie du japonais fou, on a décidé de prendre dans l’ordre. Et dans l’ordre, le suivant sur la liste après 13 Assassins, c’est Hara-Kiri : mort d’un samouraï, un drame tout aussi crépusculaire que le précédent, voire plus, revenant sur les fondamentaux de la philosophie de vie des samouraïs et allant au-delà. Remake d’un film splendide signé Masaki Kobayashi en 1962, Hara-Kiri : mort d’un samouraï a été présenté en 3D, en sélection officielle au Festival de Cannes 2011.

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L’AVIS :

Hara-Kiri : mort d’un samouraï est un authentique drame japonais renversant les codes de la mythologie des Ronins pour aller chercher les hommes derrière les mythes, dans leurs failles et leurs faiblesses. Une introspection passionnante sur l’un des éléments forts de la culture du Japon ancestral, traité avec originalité d’approche et poésie, et traversant des thématiques universelles comme la souffrance, l’humiliation, le reniement idéologique, le tout dans une sorte de critique du capitalisme visitée par le prisme de l’histoire. Formellement, Takashi Miike poursuit dans la veine entraperçue dans la première heure de 13 Assassins, à savoir un cinéma plus lent et plus académique, marqué par un soin évident apporté à l’image, des cadrages à la photo en passant par une mise en scène épurée jusqu’à l’ascèse et d’une grande minutie, léchée dans son épure, comme un miroir des personnages qu’elle convoque. Le maître de l’audace montre qu’il l’est à tous les égards et pas seulement dès qu’il s’agit de choquer, avec une œuvre somptueuse désacralisant le sacré avec des intentions nobles. Ce nouveau film de samouraï est d’une saisissante beauté  contemplative jusque dans ses 20 dernières minutes virtuoses et un combat splendide en guise d’apothéose à un récit dramatique lent et posé, déroutant, courageux, difficile aussi.

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Car tout aussi intéressant soit-il, Hara-Kiri : mort d’un samouraï est dans le même temps terriblement ennuyeux. Une balade crépusculaire narrant avec une forte mélancolie qui se répercute jusque dans le ressenti du film, la chute de la mythologie des samouraïs désormais dépassés par un pays qui évolue sans eux et qui a de moins en moins besoin de leurs services au point de les pousser à l’encontre de leurs idéaux par dépit et honte. S’il a en lui un quelque-chose de fascinant par sa splendeur et la cruauté terrible des dilemmes qu’impose son intrigue, la forme est belle et bien un problème dans cette œuvre de génie mais handicapée par un rythme figé, pas loin du soporifique. Miike est loin de la folie qui l’animait et c’est tout à son honneur car il montre l’étendu de son talent. Mais là, on a du mal à suivre. Peut-être parce qu’à force de somnolence, on s’est endormi en route devant cette œuvre dépouillée à l’extrême et ne misant que sur sa dramatisation bouleversante pour nourrir une tension qui a bien trop de mal à s’installer devant autant de sobriété lancinante.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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