FUNERAL KINGS (critique – comédie dramatique)

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Online Free watch and download Funeral Kings (2012) movie online telecast movie posterMondo-mètre :
note 6.5
Carte d’identité :
Nom : Funeral Kings
Père : Les McManus Brothers (Kevin et Matthew)
Livret de famille : Dylan Hartigan (Andy), Alex Maizus (Charlie), Jordan Puzzo (David), Charles Kwame Odei (Felix), Michaela McManus (mère de David), Kevin Corrigan (Iggy), PJ McCabe (Ryan), Dan Perrault (Johnny), Sarah Baldwin (Amanda), Maggie Weston (Lindsey), Michael Delaney (Brendan)…
Date de naissance : 2012
Nationalité : Etats-Unis
Taille/Poids : 1h25 – Budget NC

Signes particuliers (+) : Une jolie comédie dramatique au ton juste, cernant avec intelligence ses thématiques, son univers et ce moment clé de la jeune adolescence où deux voies s’offrent à nous avec un choix à faire pour décider de quelle genre de personne on sera. Entre le rire et le sérieux, Funeral Kings attendrit.

Signes particuliers (-) : A trop jouer la subtilité, l’ensemble laisse une fausse impression d’oeuvre vaine et sans finalité, n’appelant pas à quelque-chose de plus ambitieux que la simple chronique. C’est faux mais c’est le résultat de quelques maladresses.

 

GÉNÉRATION REBELLE

Résumé : Andy et Charlie, deux amis d’enfance vivant dans une petite ville de banlieue, ont trouvé la parade pour fuir l’école. Ils assistent le prêtre local dans les cérémonies funéraires. Qui leur en voudra de ne pas retourner en cours ensuite après de telles épreuves ? Ils sont alors libres d’aller glander et de se préoccuper de leurs vrais centres d’intérêts : les filles, la fumette, les expériences et faire les 400 coups.

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Premier effort de long-métrage de deux frangins talentueux qui, précédemment, ont collectionné les réalisations de courts-métrages autoproduits,  Funeral Kings est une petite comédie dramatique qui a sillonné les festivals en attirant l’attention sur ses qualités, sans pour l’instant avoir réussi à se payer le luxe d’une distribution dans les salles françaises. Un comble quand on voit l’ovation qu’il a reçu partout où il a été découvert et qu’il est sorti ou sortira dans la plupart de nos pays voisins. Les Frères McManus, derrière ce petit objet plein de tendresse, livre une sorte de teen movie mi-drôle mi-dramatique, mi-léger mi-sérieux, un film indépendant quelque part au croisement entre le réjouissant décalé d’un John Hugues, la peinture dure de la jeunesse chère à Larry Clark et le mélange des deux que l’on trouvait chez un Truffaut quand il sublimait la jeunesse avec le Antoine Doisnel des Les 400 Coups. En France, seul le tourangeau Festival Mauvais Genre a permis de programmer un film considéré par quelques revues spécialisées, comme l’un des meilleurs films de l’année. Avec son casting d’ados frondeurs et son style d’écriture incroyablement délicat et séduisant, Funeral Kings est incontestablement un film à découvrir malgré ses petits défauts.

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Les Frères McManus nous emmène dans une petite ville de banlieue, à la rencontre de quelques gamins pétaradants et hauts en couleurs, comme le prolongement des chérubins de Stand By Me quelques années plus tard. Le film est d’ailleurs (même si l’on reste sceptique sur la question) souvent comparé au classique de Rob Reiner en cela qu’il essaie de caresser les différentes thématiques existentielles de cet âge d’entredeux, les préoccupations qui emplissent la tête dans cet état de passage entre l’enfance et l’âge adulte, avec les changements structurels qu’elles impliquent. Les filles, l’amitié, l’influence des amis, la dureté des relations, les bêtises idiotes mais sans méchanceté, les ruses, les buts qui changent, les envies de liberté, d’expérimenter, la famille, les histoires et drames de tout un chacun qui les ont mené à leur personnalité actuelle, Funeral Kings brosse un portrait large du tout début de l’adolescence (juste avant la période souvent abordée par les teen movie classiques) par le biais de quelques gamins attachants emmenés par Charlie et Andy, deux ados roublards qui ont trouvé l’astuce pour faire l’école buissonnière : assister le prêtre local dans les cérémonies funéraires de la ville. Les McManus Brothers ont recours à un style d’écriture sans cesse entre la comédie légère et le drame profond, pour accoucher d’un film au charme intemporel et qui a cette aptitude à toucher tout le monde grâce à sa sensibilité communicative. Avec son festival de grossièretés d’âge, ses acteurs plus que convaincants et la qualité rédactionnelle de ses personnages formidablement créés, Funeral Kings réussi à merveille à s’immerger dans son sujet, fort d’une grande justesse de ton, et se révèle être un film plein de fraîcheur, d’enthousiasme et d’authenticité où le rire s’entremêle à la gravité relative des problèmes qu’il aborde sans jamais tomber dans la surenchère dramatique ou voyeuriste. Il s’en dégage une euphorie sympathiquement décalée qui fait mouche en contrebalançant agréablement le sérieux du fond de la chose, alors que le film nous ballade avec beaucoup de douceur dans son univers, non sans une petite pointe empruntée au style anglais. Et à mesure que le film se refuse en permanence à choisir entre le drame et la comédie de l’adolescence, il trouve là un résultat qui renforce encore davantage la qualité de la justesse de ce petit coup d’œil sur les coulisses du monde de ces gamins insouciants.

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On regrettera seulement qu’au final, Funeral Kings laisse une gênante impression d’exercice un peu vain et facile, en difficulté quand il s’agit de se transcender au-delà de sa charmante chronique parfois acerbe et prise sur le vif, d’une tranche de vie (le début de l’adolescence maladroit) sans réel début ni fin. En apparence, les différents protagonistes n’évoluent guère dans un film qui expose ses moments de vie et péripéties les uns à la suite des autres sans jamais y trouver de finalité claire et affirmée, où l’on observerait l’évolution et la trajectoire de ces pré-ados dans un récit qui s’inscrirait dans un discours plus généraliste que le simple coup de projecteur sur une étape de vie. A moins qu’il ne s’agisse de montrer que ses faux petits caïds viennent justement, sous nos yeux, de choisir leur voie, à l’image du plan final de Charlie, ce qui serait alors à la fois un peu cynique et pas très justement amené. Funeral Kings peine à marquer clairement sa visée au-delà de l’immédiateté des quelques journées que l’on passe avec ces quelques trublions représentatifs et on les quitte avec cette impression faussée qu’ils n’ont pas vraiment changés au cours d’un scénario qui ne s’ouvre pas vers quelque-chose de plus ambitieux et généraliste. Mais dans le même temps, la réflexion post-générique nous pousse à nous rendre compte que peut-être bien que si, ils ont changé justement où plutôt, ils ont amorcé la descente dans la direction que va prendre leur vie respective. Mais c’est fait avec tant de subtilité que ça en devient presque un problème, laissant le film quelque part entre le génie et le trop fin pour avoir du goût.

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Dans tous les cas, Funeral Kings est un beau moment de cinéma intimiste plein de promesses, rafraichissant un peu un cinéma indépendant américain qui commençait à sérieusement tourner en rond. Les frères McManus attirent les regards sur leur travail et donnent envie d’être suivis de la même manière que leurs interprètes, Dylan Hartigan (Andy) Alex Maizus (excellent Charlie) et Jordan Puzzo (David) en tête. Ils réussissent en tout cas à bien cerner cet état illogiquement naïf d’une adolescence qui rêve de devenir adulte tout en refusant de grandir. Et alors que les situations et les dialogues nous arrachent des sourires amusés devant ces Ferris Bueller en herbe un peu rocailleux et racailleux, cette comédie dramatique touchante pointant du doigt le bordélique de cet âge, se fend d’un quelque-chose d’entraînant grâce à sa justesse qui compense la futilité de son histoire manquant d’un point de chute.  Certains y préfèreront un Monde selon Charlie, pas très éloigné dans l’idée et qui a le mérite de sur-appuyer l’évolution de ses personnages d’un point A vers un point B (la faiblesse de Funeral Kings étant de faire l’inverse trop radicalement) mais d’autres auront vite fait de poser une option sur celui-ci, qui mêle les styles pour trouver sa propre voie et son propre ton et qui se pare de plus de simplicité sans rocambolesque, pour se concentrer sur ses personnages, l’essence même d’un film mignon et haut en couleurs, pas totalement convaincant mais tendre, sincère et plus intelligent qu’il n’y paraît.

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