DEVIL (critique)

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Carte d’identité :
Nom : Devil
Père : John Enrick Dowdle
Livret de famille : Chris Messina (Bowden), John O’Hara (la vieille dame), Logan Marshall-Green (Tony), Bokeem Woodbine (Ben), Bojana Novakovic (Sarah), Jacob Vargas (Ramirez), Geoffrey Arend (Vince)…
Date de naissance : 2010
Nationalité : Etats-Unis
Taille/Poids : 1h20 – 10 millions $

Signes particuliers (+) : Quelques « effets » de flippe éculés mais qui fonctionnent encore.

Signes particuliers (-) : Un film-concept sans idées soutenant le dit concept. Une série B navrante, peu inspirée et très redondante.

 

DÉBILE…

Résumé : Un groupe de personnes se retrouvent coincés dans un ascenseur, chose désagréable, mais qui peut arriver fréquemment. L’important est de ne pas paniquer. Cela devient plus difficile de se tenir à cette règle essentielle dès lors que des évènements étranges se produisent et qu’une menace ou quelqu’un les attaque…

M. Night Shyamalan a aujourd’hui quasi disparu du circuit. Grillé à Hollywood, le cinéaste aimerait redorer son blason mais chacune de ses nouvelles tentatives se solde par un retentissant échec. Celui qui fut considéré autrefois, après Sixième Sens et Incassable, comme l’un des petits prodiges de l’Amérique passe désormais à autre chose. Plutôt que s’empêtrer dans un nouveau film de genre pour lequel il se fera tirer dessus à boulets rouges, le voilà désormais scénariste et producteur, laissant le soin de la mise en scène à un autre, en l’occurrence, John Enrick Dowdle, l’auteur de En Quarantaine, le remake américain de l’espagnol Rec.

Petite production à mini-budget, Devil part d’une trame simple, développe une intrigue minimaliste dont le but est d’angoisser avec pas grand-chose et de scotcher le spectateur pour mieux le cueillir dans son fauteuil par un final surprenant et bluffant. Jusque-là, on serait tenté de signer tout de suite tant les petites productions dans ce genre, fonctionnant sur une idée simple, sont souvent les plus efficaces dès lors qu’elles sont confiées aux bons soins de petits gars frais et qui en veulent.

Huis-clos à suspens mi-thriller surnaturel mi-film d’épouvante où cinq protagonistes se retrouvent coincés dans un ascenseur, Devil part d’une bonne idée, d’un bon concept pouvant donner matière à une modeste œuvre intense captant la tension pour la transformer en puissante sensation d’oppression étouffante, fort d’un environnement confiné et claustrophobe où l’attente et les minutes passant, donnent lieu rapidement à des pétages de plomb presque compréhensibles et incontrôlables par besoin d’espace et montée d’un sentiment de suffocation irrémédiable et auquel l’on ne peut échapper. Il aurait pu même y avoir du Hitchcock là-dedans en mode Lifeboat rencontrant le cinéma horrifico-théologique cher aux années quatre-vingt.

Mais aussi malin soit-il, voire même parfois habile dans quelques séquences de terreur diablement efficaces, la mayonnaise ne prend pas. Et Devil de retomber à plat comme un soufflé raté. Fabriqué entièrement sur son postulat de départ et calibré dès les premières minutes en vue de sa conclusion, le film de Dowdle en oublie de reposer sur un scénario cohérent et tenant la route afin de combler l’heure centrale séparant son introduction et son final à la morale plus que douteuse. Affligeant de bêtise, voilà un parfait exemple de série B ni fait ni à faire lorgnant maladroitement vers un épisode de la Quatrième Dimension en plus trash mais fort mal écrit, mené, dirigé et joué. Si Shyamalan a d’autres « idées » dans le genre, on lui serait gré de les garder dans son tiroir ou dans un coin de sa tête et de ne plus en faire profiter les autres. On l’en remercierait. Car dans l’absolu, Devil n’a aucun intérêt. Dommage la bande-annonce donnait quand même vachement envie !

Bande-annonce :

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