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SIBYL de Justine Triet : la critique du film [Cannes 2019]

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Spectateurs

La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Sibyl
Mère : Justine Triet
Date de naissance : 2018
Majorité : 24 mai 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h40 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Virginie Efira, Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel, Laure Calamy, Sandra Hüller, Niels Schneider, Paul Hamy…

Signes particuliers : Un film bancal à cheval entre trop de tons et genres.

VIRGINIE EFIRA PERD PIED

LA CRITIQUE DE SIBYL

Synopsis : Sibyl est une romancière reconvertie en psychanalyste. Rattrapée par le désir d’écrire, elle décide de quitter la plupart de ses patients. Alors qu’elle cherche l’inspiration, Margot, une jeune actrice en détresse, la supplie de la recevoir. En plein tournage, elle est enceinte de l’acteur principal… qui est en couple avec la réalisatrice du film. Tandis qu’elle lui expose son dilemme passionnel, Sibyl, fascinée, l’enregistre secrètement. La parole de sa patiente nourrit son roman et la replonge dans le tourbillon de son passé. Quand Margot implore Sibyl de la rejoindre à Stromboli pour la fin du tournage, tout s’accélère à une allure vertigineuse… 

La passe de trois, c’est du côté de Cannes que va l’écrire la réalisatrice Justine Triet. Après La Bataille de Solférino puis Victoria, la réalisatrice signe Sibyl, un troisième long-métrage qui va concourir dans la prestigieuse Sélection Officielle du festival de Cannes. Pour ce nouveau film à cheval entre le drame et le thriller psychologique, Justine Triet retrouve sa muse Virginie Efira, accompagnée d’Adèle Exarchopoulos, Gaspard Ulliel, laure Calamy et Niels Schneider. Une belle distribution pour un film troublant qui tourne autour d’une psychanalyste décidée à lâcher son métier pour se remettre à l’écriture, sa vocation première qu’elle a jadis abandonnée. Mais quand une jeune actrice débarque en panique, la situation va évoluée. En plein tournage d’un film, Margot est enceinte de son partenaire de jeu, lui-même en couple avec la réalisatrice. Désemparée, elle cherche de l’aide. Sibyl cherche justement l’inspiration et tient une histoire. Mais cette histoire va l’entraîner plus loin qu’elle ne le pensait…

Sibyl, c’est un face à face entre deux grandes comédiennes, c’est un intense vertige psychologique, c’est un drame douloureux et écorché, c’est un film qui tente la comédie au milieu d’une tragédie, c’est un film de et sur le cinéma, sur la création, sur les liens entre art et vie privée, c’est un film sur la psychanalyse et les traumas du passé qui rôdent toujours pas loin, un film sur l’obsession dévorante, sur la passion, sur une femme belle et épanouie mais qui est en réalité tout proche d’un précipice cachée… En fait, Sibyl c’est beaucoup de choses, sans doute un peu trop de choses. Et c’est à la fois sa force et son problème. Car à vouloir mélanger autant de couches, Justine Triet perd un peu le fil de son œuvre, qui elle-même en vient à se noyer dans son propre vertige. La cinéaste fait tout pour maintenir sa cohérence à flot mais le poids de la surcharge est parfois trop lourd à porter et tire l’ensemble vers le bas alors qu’on aimerait la voir s’élever vers une grâce qu’elle a du mal à embrasser. Cette grâce est en souffrance car l’édifice pensé trop volumineux se fissure. D’autant que la recette est audacieuse, intéressante, mais des ingrédients tranchent. Comme ce mélange de comédie et de drame, déjà tenté avec une réussite en demi-teinte dans le souvent très estimé Victoria, et qui a encore une fois du mal à prendre tant les visages n’arrivent pas à se marier ensemble. Ce n’est pas le seul motif que Justine Triet a repris de son précédent film au moment d’approcher Sibyl. Il y a aussi le style, cette espèce de verve arty-chic un peu pompeuse citant par moments la Nouvelle Vague, cette manière un brin auto-satisfaite de se regarder filmer. Alors oui, il y a beaucoup de choses intéressantes dans ce troisième long-métrage de Justine Triet, des moments de grâce, des moments de cinéma virtuoses et des interprétations formidables (comprenez Virginie Efira, comme d’habitude). Mais l’ensemble reste très bancal.

BANDE-ANNONCE :

Par Wilfried Rennehan

 

8 thoughts on “SIBYL de Justine Triet : la critique du film [Cannes 2019]

  1. Pour moi l’originalité méritait d’être primée. Quels bons duo d’acteurs. Tant mieux si c’est compliqué ; je vais le regarder deux fois et découvrir plus de psychologie à chaque fois. Bravo ! J’aime quand tout n’est pas clair et qu’il faut réfléchir.

  2. En effet ce film est compliqué mais mérite d’être revu pour entrer dans l’histoire.
    Transfert et contretransfert sont la trame du film d’où quelques difficultés à le suivre dans l’instant.
    Les acteurs sont excellents et Virginie Efira a enfin un rôle qui lui permet de montrer toutes ses facettes d’actrice.

  3. Complètement d’accord. Je suis ressortie de la salle avec cette impression d.avoir raté quelque chose. Pourtant tous les acteurs sont magnifiques .
    C.est comme une bonne recette qui vous prend des heures pour la réaliser : tous les ingrédients sont d.excellente qualité, cuisson parfaite, timing respecté et à la dégustation on se dit bof !! Tout ça pour ça ! L’émotion n’arrive pas jusqu’à vous …
    Il faudra le revoir je pense … qu’est-ce qui m’a échappé ?

  4. je suis entièrement d’accord avec les critiques précédentes
    très déçue parce film(brouillon déstructuré…)
    Dommage pour Virginie Efirat!!!

  5. Un film raté… tout simplement ! Prétentieux. brouillon, non seulement on s’y perd mais on en vient à ne plus s’intéresser aux personnages. Dommage car le thème était prometteur et que Virgirnie Efira joue très bien.

  6. J’ai vu ce film hier et je suis sortie de la salle avec la sensation de n’avoir rien compris. je me suis demandée si cela venait de moi mais la critique du film m’a rassurée. Moi qui suis assez branchée psycho je me suis perdue. Je ne recommande vraiment pas ce film malgré les bons acteurs.

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