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CREED II de Steven Caple Jr : la critique du film

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La Mondo-Note :

Carte d’identité :
Nom : Creed II
Père : Steven Caple Jr
Date de naissance : 2018
Majorité : 09 janvier 2019
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h15 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson, Dolph Lundgren, Florian Munteanu, Phylicia Rashad, Russell Hornsby, Milo Ventimiglia, Brigitte Nielsen…

Signes particuliers : A coup sûr, l’un des meilleurs opus de la saga Rocky.

UN UPPERCUT QUI MET K.O

LA CRITIQUE DE CREED II

Synopsis : La vie est devenue un numéro d’équilibriste pour Adonis Creed. Entre ses obligations personnelles et son entraînement pour son prochain grand match, il est à la croisée des chemins. Et l’enjeu du combat est d’autant plus élevé que son rival est lié au passé de sa famille. Mais il peut compter sur la présence de Rocky Balboa à ses côtés : avec lui, il comprendra ce qui vaut la peine de se battre et découvrira qu’il n’y a rien de plus important que les valeurs familiales. 

L’heure est venue de remonter sur le ring. Trois ans après le très enthousiasmant Creed – L’héritage de Rocky Balboa, film charnière qui avait ouvert la porte à un passage de flambeau entre le vétéran Stallone et la relève incarnée par Michael B. Jordan, la nouvelle saga continue son histoire centrée sur Adonis Creed, fils du célèbre Apollo. Avec toujours notre Sylvester adoré en mentor bienveillant d’un élève au background passionnant, Sylvester qui a annoncé non sans émotion, que ce serait son ultime apparition dans la mythique saga qu’il a créé il y a maintenant 42 ans. Dans ce second volet réalisé par Steve Caple Jr, lequel prend la relève d’un Ryan Coogler parti faire joujou chez Marvel sur Black Panther, Adonis Creed va devoir faire face à de nouveaux challenges sportifs mais aussi personnels. Et ce Creed II d’explorer ainsi deux directions avec un génie que l’on n’attendait pas à ce point. Car qu’on se le dise, Creed II est la première très grosse claque de 2019.

Rares sont les suites qui parviennent à se hisser à la hauteur d’un premier film déjà brillant. Il y a deux ans, Creed avait réussi à métamorphoser la saga Rocky, à lui offrir un prolongement aussi digne qu’excitant et passionnant. Aujourd’hui, Creed II la sublime, conjuguant une efficacité sans faille à un enchevêtrement de thématiques remarquablement abordées, au point d’apporter à la franchise une profondeur telle qu’en n’en a peut-être jamais connu. Point question de dénigrer Rocky premier du nom, classique indémodable entré au panthéon du cinéma, mais force est de constater que jamais la franchise n’a atteint un tel seuil d’excellence en terme de profondeur thématique. Creed II frappe fort, se révélant non seulement comme un excellent divertissement palpitant et mené avec poigne et intensité, mais également comme un drame poignant parcourant des sujets forts tels que les choix majeurs d’une vie, la transmission, le poids du passé et ses répercussions face à la marche inéluctable de l’avenir, mais aussi la paternité, la douleur née des pères/mères absent(e)s, ou encore le déterminisme, qui on veut être et où l’on veut se situer par rapport au bagage social et émotionnel que l’on se traîne. D’une densité rare pour un film avoisinant les deux heures, Creed II trouve l’équilibre parfait entre le pur film de boxe ultra-cinégénique et le drame intimiste, avec ce souci permanent de toujours s’efforcer d’humaniser ses personnages comme ses enjeux, pour garder les pieds ancrés dans l’authenticité de son histoire magnifiquement racontée.

Côté mise en scène, le styliste Ryan Coogler n’étant plus aux commandes, on pouvait nourrir la crainte de voir son talent s’évanouir dans les mains d’un faiseur moins glorieux, en l’occurrence Steve Caple Jr, auteur d’un seul long-métrage auparavant (The Land en 2016). Mais peu désireux de se contenter d’enfiler ses pieds dans des chaussons confortablement façonnés par son prédécesseur, le jeune réalisateur reprend à son compte l’identité de la néo-saga Creed, et y injecte sa personnalité et sa patte classieuse, jouant à merveille avec la théâtralité et la brutalité visuelle de la boxe autant qu’avec la tragédie quasi shakespearienne, qu’il approche en misant sur des plans sobres et purs et une photo superbement (et parfois symboliquement) étudiée et travaillée. Encore plus fort, le cinéaste fait un sans faute dans sa manière de gérer l’héritage qui lui est déposé entre les mains, signant un nouveau film, une nouvelle aventure, tout en l’articulant avec adresse à ce à quoi elle se raccroche. Creed II prend racine dans plusieurs épisodes de la saga Rocky (le premier comme le II et surtout le IV avec le retour de Dolph Ivan Drago Lundgren au cœur de ce nouveau chapitre) pour ériger une nouvelle histoire intelligemment nouée. L’exemple parfait d’un travail d’orfèvre qui n’occulte pas ce qui a été fait avant lui, qui s’en sert sans se planquer derrière, qui rend hommage sans abuser du fan service, et qui participe à étoffer une mythologie plutôt que la triturer inutilement. Bilan, un film intelligent, captivant, spectaculaire, et profondément émouvant de surcroit.

On termine sur ces mots de Stallone dans une vidéo postée sur le tournage. « Je pensais que c’en était fini de Rocky en 2006 avec Rocky Balboa. Et ça m’allait très bien. Et soudain, ce jeune homme (Michael B. Jordan ndlr) s’est présenté et toute l’histoire a changé. Il y a eu une nouvelle génération. De nouveaux problèmes. De nouvelles aventures. Je ne pourrais pas être plus heureux de prendre du recul, car mon histoire a été racontée, car il y a un tout nouveau monde qui s’ouvre pour ce public, cette génération. À toi de prendre la relève, désormais. » Merci Stallone, merci Rocky Balboa, place maintenant à Adonis Creed. Après une introduction admirable il y a trois ans, Creed II forge réellement sa légende cinématographique et ouvre un nouveau chapitre dans une saga que l’on a (déjà) hâte de retrouver.


BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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