CAMPING 3 de Fabien Ontoniente : la critique du film
sortie cinéma

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camping_3Mondo-mètre
note 0.5.-5
Carte d’identité :
Nom : Camping 3
Père : Fabien Ontoniente
Date de naissance : 2016
Majorité : 29 juin 2016
Type : Sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 1h45 / Poids : NC
Genre : Comédie

Livret de famille : Franck Dubosc, Claude Brasseur, Mylène Demongeot, Antoine Duléry, Philippe Lellouche, Louka Melavia, Leslie Medina, Gérard Jugnot, Michèle Laroque…

Signes particuliers : La saga Camping s’offre un troisième volet en-dessous de tout.

PASTIS DE TROP, PASTIS PAS RIGOLO

LA CRITIQUE DE CAMPING 3

Résumé : Comme chaque été, au Camping des Flots Bleus se retrouvent pour leurs vacances nos amis, Les Pic, Jacky et Laurette, Gatineau, tout juste divorcé de Sophie, le 37, et Patrick Chirac fidèle à ses habitudes. Cette année, Patrick a décidé de tester le co-voiturage… Pensant traverser la France avec Vanessa, il se retrouve avec trois jeunes dijonnais : Robert le charmeur, Benji le beau gosse et José la grande gueule. Bien évidemment, après le co-voiturage, Patrick se voit contraint de tester le co-couchage…10322367-camping-3-une-nouvelle-bande-annonce-avec-franck-dubosc-gerard-jugnot-et-michele-laroque

Ça y est, l’été est enfin arrivé ! Il fait beau, il fait chaud, les vacances approchent, et l’heure de retourner au Camping a sonné pour la joyeuse bande de la saga aux 9 millions de spectateurs. Et parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne, direction Arcachon (encore), avec Fabien Ontoniente comme chauffeur (encore), en compagnie de Franck Dubosc (encore), et de toute la clique qui gravite autour de lui, d’Antoine Duléry à Claude Brasseur, de Mylène Demongeot à Philippe Lellouche… Avec l’arrivée de nouveaux guest après Lanvin et Anconina, ici Gérard Jugnot et Michèle Laroque, et de quelques post-ados histoire d’insuffler un peu de jeunisme dans l’affaire ampoulée. Faut bien avouer que la comédie-phénomène ne pouvait pas se priver d’un épisode final (enfin, ça reste encore à vérifier ça) de sorte à mieux vendre des coffrets DVD avec écrit dessus « Camping : la trilogie ». Voilà, c’est fait, amateurs de bonnes « grasses » tranches de rigolade sur la beaufitude, le tout avec placardé en gros et en lumineux « On est tous le beauf de quelqu’un d’autre » pour ceux qui n’auraient pas compris le message, c’est par ici que ça se passe.158096 Si autant le premier était une sympathique comédie bien couillonne, jouant avec les clichés de la beaufitude pour faire marrer le public amateur de farce populaire bienveillante et rieuse, la suite avait déjà commencé à marquer les limites de la blague potacho-neuneu. Eh bien autant le dire clairement, ce troisième volet vient quant à lui enterrer l’affaire après l’avoir assommée à coup de pelle, éviscérée puis évidée de tous ses ingrédients comiques. Les comédies, c’est comme les oiseaux, il y a tellement d’espèces que l’on pourrait écrire des bouquins dessus. D’ailleurs c’est le cas, en fait. Outre les sous-genres (comédie romantique, dramatique, noire, teen movie, burlesque, second degré et tout le toutim), il y a les comédies à se pisser dessus, celles aux vagues de rire plus intermittentes, les comédies pas drôles pour un sou, les comédies nanardeuses, les sombres merd**, les comédies embarrassantes quand la nullité vient se coupler en plus à de la gêne, et tant d’autres. Camping 3 vient se ranger derrière l’étendard de cette dernière catégorie, celle regroupant ces comédies que l’on peut qualifier d’embarrassantes. Tout est gênant dans ce troisième acte qui, en plus d’être foncièrement pas drôle, met davantage mal à l’aise qu’autre chose. Mal à l’aise pour ses comédiens, encore plus en roues libres qu’avant (fallait le faire) et clamant leurs dialogues comme s’ils étaient devant la caméra de tonton Bébert, lors d’un repas de famille le soir de noël. Pas un qui fait un micro-effort pour paraître naturel. Après tout, pourquoi s’emmerder à jouer, le public viendra par millions. Et partant de ce principe, c’est parti pour la fête du slip à Dubosc. Côté écriture, les scénaristes Dubosc-Ontoniente ont manifestement fait le choix du « scénario-congé sabbatique ». Traduction, il fait parti de l’entreprise mais il s’était cassé en vacances et faut rien lui demander. Alors que des couches de vide s’abattent sur le film, le script de Camping 3 se fait tout petit, tellement petit qu’on ne le voit même plus ! Rien qui fonctionne, tout qui tombe à plat, peut-être 2-3 répliques en tout et pour tout sur l’ensemble du film (généralement dans la bouche de Brasseur) et encore, c’est le bout du monde. Camping 3 a voulu jouer la carte de la comédie crépusculaire mélangeant drôlerie et amertume (car le film est terriblement triste quand on y repense avec ses discours sur la solitude, le temps qui passe trop vite etc…) mais il se prend les pieds dans le tapis pour plusieurs raisons. D’abord, car son visage crépusculaire sombre dans l’aigreur. On voudrait rire aux éclats mais l’on est sans cesse rattrapé par cette sensation de mélancolie désagréable qui tapisse les parois du film tout entier. Une idée pas idiote au départ, mais qui se retourne contre ce Camping 3 et désamorce son « humour ».210094.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxD’une lourdeur inégalée, Camping 3 a tout du vieux film qui se croit jeune et moderne, à l’image de sa clique à l’image. Dubosc a définitivement passé l’âge et en fait même l’argument principal de sa balourdise moralisatrice recyclant l’argument les vieux contre les jeunes. Malheureusement, rien ne prend sur le fond. On pourrait alors se contenter de la forme sauf qu’on aura beau argumenter dans tous les sens et sur plein de choses, la triste réalité est que Camping 3 est mauvais, jamais drôle et essoufflé. On était venu pour se marrer, on vit un grand moment de solitude, et on en ressort avec une belle impression d’avoir perdu son temps face à un film animé d’un demi-gag perdu au milieu d’un océan de poussivité, dirigé par un Fabien Ontoniente qui ne s’emmerde même plus à « réaliser », préférant désormais « exécuter », fidèle à son image de bon vieux tâcheron qu’il a toujours été. Bon sang que c’est chiant, plombant et fatigué. Ça y est, la série Camping a déjà été sucé jusqu’à la moelle. Comme un parfum de Bronzés 3 en fait, où les tentatives d’humour foireux sont plus pathétique qu’autre chose, avec une mention décernée au père Jugnot, ridicule dans ses pitreries embarrassantes.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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