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THE MASTERMIND de Kelly Reichardt : la critique du film

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Nom : The Mastermind
Mère : Kelly Reichardt
Date de naissance : 04 février 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h50 / Poids : NC
Genre : Comédie dramatique, Policier

Livret de Famille : Josh O’ConnorAlana HaimJohn Magaro

Signes particuliers : Un anti-film de braquage.

Synopsis : Massachussetts, 1970. Père de famille en quête d’un nouveau souffle, Mooney décide de se reconvertir dans le trafic d’œuvres d’art. Avec deux complices, il s’introduit dans un musée et dérobe des tableaux. Mais la réalité le rattrape : écouler les œuvres s’avère compliqué. Traqué, Mooney entame alors une cavale sans retour.

BRAQUEUR EN HERBE

NOTRE AVIS SUR THE MASTERMIND

Parmi les comédiens qui ont le vent en poupe en ce moment, le britannique Josh O’Connor se tient en bonne place. L’acteur, qui vient de s’illustrer sur Netflix avec Wake Up Dead Man et que l’on retrouvera prochainement dans le très attendu Disclosure Day de Steven Spielberg, présentait la particularité d’être venu sur la Croisette pour défendre non pas un mais deux films en compétition officielle. Il y a eu le très beau The History of Sound d’Oliver Hermanus puis le nouveau long-métrage de la cinéaste américaine Kelly Reichardt : The Mastermind. Un film qu’il porte intégralement sur ses épaules (contrairement au premier cité sur lequel il partage l’affiche avec Paul Mescal). Dans The Mastermind, Josh O’Connor incarne un père de famille au chômage qui se lance dans le projet fou de monter un casse au Musée d’Arts du coin avec l’objectif de dérober quatre tableaux du peintre Arthur Dove. Sauf que bien évidemment, rien ne se passe comme prévu et J.B. se retrouve en cavale à travers les Etats-Unis.

Venant d’une auteur comme Kelly Reichardt on se doutait bien que le registre du film de braquage n’allait pas être approché de manière pop ou conventionnelle. En clair, il était inimaginable un seul instant que The Mastermind ressemble à l’une de ces aventures à suspense à la Ocean Eleven ou consort. Et comme prévu, on en est loin. Fidèle à son style plus contemplatif qu’haletant, Kelly Reichardt déconstruit le genre et lui ôte son sex-appeal spectaculaire pour signer un long-métrage qui erre plus entre le drame mélancolique et la comédie un brin loufoque, avec l’idée de croquer un portrait de personnage. En l’occurrence, ce J.B (Josh O’Connor) qui a l’assurance du nouveau pseudo-voleur se croyant ingénieux et malin mais qui prend vite des airs de petit looser maladroit et malchanceux dépassé par les événements contraires. Kelly Reichardt observe sa dérive guignarde avec une ironie comique rappelant parfois l’humour des frères Coen, et suit son parcours de pied-nickelé avec un minimalisme flegmatique laissant la part belle à l’humain plus qu’aux péripéties, lesquelles s’invitent par petits à-coups parcimonieux.

En creux de son histoire, Kelly Reichardt entend évoquer les laissés-pour-comptes qui ne parviennent pas à se faire une place dans le wagon du rêve américain filant sans eux. Mais sur le fond comme sur la forme, The Mastermind peine à convaincre et surtout à passionner. Sur un rythme lancinant (pour ne pas dire ennuyeux) que sa tonalité humoristique ne parvient jamais à rendre séduisant, Kelly Reichardt nous plonge dans une histoire manquant cruellement de consistance et de résonnance. The Mastermind se délite lentement, ne montre et ne raconte finalement pas grand-chose, et fait l’effet d’une parenthèse anecdotique dont on se désintéresse pendant comme après, sans doute en raison de l’impression de déprimante vacuité qui s’en dégage.

 

Par Nicolas Rieux

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