
Nom : Apex
Père : Baltasar Kormakur
Date de naissance : 24 avril 2026
Type : disponible sur Netflix
Nationalité : USA, Grande-Bretagne, Islande
Taille : 1h35 / Poids : NC
Genre : Thriller
Livret de Famille : Charlize Theron, Taron Egerton, Eric Bana…
Signes particuliers : Encore un thriller générique pour Netflix.
Synopsis : Alors qu’elle teste ses limites en solo dans la nature sauvage australienne, une femme en deuil se retrouve prise au piège d’un jeu tordu avec un tueur qui a fait d’elle sa proie.

LA BELLE ET LE CHASSEUR
NOTRE AVIS SUR APEX
Netflix aime bien communiquer sur les gros succès de la plateforme, d’une part pour attirer de nouveaux abonnés, d’autre part pour dire à ceux qui le sont déjà, qu’ils font bien de l’être car c’est ici que ça se passe. Dernier carton en date (n°1 mondial selon Tudum), le survival Apex emmené par Charlize Theron et Taron Egerton, et réalisé par l’islandais Baltasar Kormakur. Un casting qui fait sens. Kormakur est un habitué des récits de survie (Everest en montagne, À la dérive en mer, Beast dans la savane) et la belle Charlize est rompue aux rôles de femmes fortes (Fast & Furious, Atomic Blonde, Mad Max). Et puis le premier a gagné ses galons de faiseur de thrillers d’action de série B, alors que la seconde en tourne de plus en plus. Avec d’ailleurs une interrogation qui traîne, et qui ne rassure pas au moment de lancer Apex. Actrice au talent indéniable, oscarisée pour Monster, depuis combien de temps Charlize Theron n’a pas fait un vrai bon film (sauf si vous considérez que Furiosa est un bon film) ? On serait tenté de répondre depuis Mad Max Fury Road il y a… 11 ans ! Ouch.
Dans Apex, Charlize Theron incarne une amatrice de sensations fortes traumatisée par la mort de son mari lors de l’ascension d’une montagne en Norvège. Depuis, elle tente de se reconstruire seule, et part se changer les idées lors d’un road trip musclé en Australie. Malheureusement, elle va tomber sur un taré qui a décidé d’en faire la proie d’une chasse humaine au coeur d’un vaste parc naturel local…

Ne cherchez pas l’originalité, elle s’est barrée en courant en voyant le pitch de départ. Apex est un gros gloubiboulga piochant ses idées un peu partout, du Délivrance de John Boorman à La Riviere Sauvage de Curtis Hanson en passant par les survivals horrifiques australiens (style Wolf Creek et compagnie) et tous ces films à base de chasse à l’homme passés ou récents (La Traque, Desierto, Les Proies, Sans Retour…). Kormakur mélange tout ça à la louche à ragoût afin d’en tirer un thriller oscillant entre le machin insignifiant semi-fréquentable et le navet pas loin du grotesque. Quelques séquences d’action nerveuses, parfois filmées en courts plans-sequences assez bien troussés, peinent à faire oublier une conduite narrative archi-convenue et plate comme une planche à pain, à l’image du prologue purement destiné à créer un trauma à notre belle aventurière ou de toutes les prévisibles péripéties à suivre.
Vaguement divertissant dans un premier temps malgré son scénario réchauffé jusqu’à en perdre le sens du goût, Apex s’effiloche sur la durée (pourtant courte) car le spectateur n’est pas dupe. Il sait qu’on lui vend une camelote imitant des choses largement mieux. Il sait que tout ceci est au cinéma ce que McDo est à gastronomie. Il sait aussi que les efforts de tension sont inefficaces car le film est très programmatique et sans prise de risque, enchaînant les situations les unes après les autres sans que l’on ressente un vrai danger pour l’héroïne car tout est trop sage et trop lambda d’un bout à l’autre. On en retient finalement pas grand-chose tant c’est anecdotique comme un pur film de remplissage de plateforme. Eventuellement le spectacle de décors naturels somptueux, un prologue où Kormakur rappelle qu’il sait rendre l’escalade périlleuse immersive (on se rappelle d’Everest), une Charlize Theron physiquement impliquée (qui a pris de gros risques notamment pour le tournage des scènes d’escalade parfois sans sécurité) et surtout un Taron Egerton pour le coup vraiment dingue en psychopathe chasseur d’êtres humains. C’est pas rien certes, mais c’est pas beaucoup non plus.
Par Nicolas Rieux
