WORLD INVASION : BATTLE LOS ANGELES (critique – SF)

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19660916.jpg-r_760_x-f_jpg-q_x-20110204_094337Mondo-mètre :
note 7
Carte d’identité :
Nom : Battle : Los Angeles
Père : Jonathan Liebesman
Livret de famille : Aaron Eckhart (Sgt Nantz), Michelle Rodriguez (Sgt Santos), Ramon Rodríguez (Martinez), Ne-Yo (Harris), Bridget Moynahan (Michelle), Michael Peña (Rincon), Jim Parrack (Kerns), Will Rothhaar (Imlay)…
Date de naissance : 2011
Nationalité : USA
Taille/Poids : 1h56 – 100 millions $

Signes particuliers (+) : L’originalité du traitement de se placer en immersion dans l’intimisme d’une poignée d’hommes que la caméra de Liebesman ne lâche pas, donne au film une intensité puissante.

Signes particuliers (-) : Le caractère très « jeu vidéo » et « caméra à l’épaule » pourra rebuter autant que l’absence de toute psychologie des personnages.

 

DE L’INFINIMENT GRAND A L’INTIMEMENT PETIT

Résumé : Un groupe de soldats d’une base militaire américaine de Los Angeles, dirigé par le sergent Michael Nantz, va devoir se battre pour faire face, à leur échelle et dans leur ville, à une invasion d’extraterrestres touchant le monde entier.

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La genèse de Battle : Los Angeles :

1/ Le Projet est en développement : Une claque espérée et redoutée.

2/ Les premiers échos : Une claque est annoncée.

3/ La bande-annonce : On tend une joue pour se préparer à la réception.

4/ Le film sort : On la prend sur la gauche, comme prévu.

5 / Sortie de la salle : On pourrait tendre la joue droite pour en avoir encore ?

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Avec Battle : Los Angeles, le jeune Jonathan Liebesman, qui avait encore ses preuves à faire malgré des débuts prometteurs (le sympathique B Nuits de Terreur et le correct Massacre à la Tronçonneuse : Au Commencement) se lance dans un pari aussi osé que fou : faire un film d’invasion extra-terrestre novateur. Tout semble avoir été dit sur un genre qui a tout l’air d’avoir fait le tour de la question depuis un moment malgré quelques bonnes réserves comme l’exceptionnelle vision de la Guerre des Mondes par notre grand ami Spielberg. Tous les traitements possibles semblaient avoir été abordés. On a eu pêle-mêle, les grosses invasions démonstratives spectaculaires et destructrices (Independence Day, Transformers, Le Jour où la Terre s’arrêta) les invasions insidieuses et horrifiques (Le Village des Damnés, L’invasion des Profanateurs de Sépulture, The Faculty) les invasions discrètes (Invasion Los Angeles)  les films s’attardant plus sur l’après invasion, qu’elle furent ratées ou réussies (Monsters, District 9) les invasions grotesques et comiques (Mars Attack) et on en passe et des meilleures…

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Il était donc compliqué aujourd’hui de parvenir à traiter d’un sujet aussi archi-rabattu en parvenant à surprendre, à trouver un angle d’approche original et inédit. Et pourtant, la SF et le genre continuent de surprendre. Les exemples récents et évoqués de District 9 et Monsters montraient déjà qu’il était toujours possible de trouver une approche innovante. Mais ces films ne s’attardaient pas sur l’invasion en elle-même. Ils se différenciaient par un traitement plus intimiste voire auteurisant. La plupart des films existants, bons ou mauvais, ont quasiment toujours eu la même construction, le même angle de vue omniscient sur la question par recherche d’un spectaculaire à grande échelle. On suit des personnages, on assiste dans le même temps à une invasion appuyée par des plans sensationnalistes permettant une tension allant crescendo vers la démesure efficace.

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Avec Battle : L.A, Liebesman balance tout ça à la poubelle et trouve enfin son angle inédit. Exit la position omnisciente du spectateur, exit les plans ultra-spectaculaires d’apparitions de soucoupes et d’invasion subitement destructrice, exit les schémas types établis de progression narrative classique. Liebesman s’attaque au genre en se détachant de la SF pour entrer de plain-pied dans le pur film de guerre. À la manière de La Chute du Faucon Noir ou d’un Il Faut Sauver le Soldat Ryan, Liebesman délaisse l’infiniment grand pour se concentrer sur l’intimement petit et prend une unité de soldats comme point de vue pour ne jamais les lâcher du film. Tout sera vécu et suivi de leur point de vue, caméra à l’épaule, comme un vrai et pur reportage de guerre. Et le film de changer alors de registre. Du film de SF, il passe au film de guerre. Mais une guerre contre des aliens. A la croisée de deux genres, le réalisateur va alors nous pondre une bombe totalement immersive où le spectateur va vivre en retrait, confortablement installé dans son fauteuil, non pas une invasion par des aliens belliqueux dont on assisterait à l’orchestration et à l’exécution à l’échelle mondiale, mais une véritable guérilla dans les rues de Los Angeles opposant un simple peloton militaire à des créatures débarquant par surprise. En cela, Battle : LA déroute et surprend. Pas d’explications, pas de préparations, pas de vision globale du conflit. Mêlant l’intimiste au spectaculaire, Liebesman cherche à nous en mettre plein la vue en se focalisant sur un point de vue contrastant avec le classicisme du genre. En lieu et place de notre traditionnelle vision globalisante apportant le confort de la compréhension générale de la situation, le cinéaste préfère nous accoler à un groupe d’hommes isolés dans un conflit qui lui, est total avec un objectif unique et précis : se délester de l’imaginaire habituel de l’invasion extraterrestre pour nous la montrer à échelle humaine, ce qui a pour but de convoquer la science-fiction sur le terrain du film de guerre et non l’inverse. Et comme les protagonistes, le spectateur va être confronté aux affres du combat de rues, de la sensation d’être submergé de toute part par la folie ambiante, l’action, le danger, l’incompréhension. Et pour cette simple raison, la guerre interplanétaire ne va non pas être suivie mais vécue. La tension, la peur à chaque instant, les coups de feu et explosions incessants, le bruit et la panique… On ne regarde pas une guerre mais l’on est plongé au milieu d’elle, au milieu d’une bataille, en ne lâchant à aucun moment notre groupe de protagonistes choisis et emmenés par un Aaron Eckhart des grands jours.

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Le pari est alors réussi. World Invasion : Battle Los Angeles (toute l’ambivalence et le concept est dans le titre entre l’infiniment grand du « world » et l’intimement infime de « Los Angeles », un détail dans l’immensité de la Terre) est une bombe furieuse, bruyante, désarçonnante, déboussolante ; une pure expérience militaire vécue de l’intérieur comme rarement. Tout participe pour faire du film un classique original du genre qui restera à commencer une mise en scène énervée et rageuse et des effets spéciaux à couper le souffle dont on avait eu un vague aperçu lors du trailer de seulement quelques secondes, balancé sur Youtube. Déconseillé aux amateurs de péloches calmes et sereines, Battle L.A est une plongée viscérale et réaliste à laquelle on pourra reprocher éventuellement son pro-militarisme patriotique appuyé mais cela participe d’une logique de parti pris : la vision de la guerre de l’intérieur d’une cellule qui y participe. Car oui, on est dans le film de guerre… Seul l’ennemi change !

Bande-annonce :

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