WARCRAFT : LE COMMENCEMENT de Duncan Jones : la critique du film
Sortie cinéma

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warcraft_filmnote 1.5 -5
Nom : Warcraft
Père : Duncan Jones
Date de naissance : 2015
Majorité : 25 mai 2016
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 2h04 / Poids : 160 M$
Genre : Fantasy, Action

Livret de famille : Travis Fimmel, Toby Kebbell, Paula Patton, Ben Foster, Dominic Cooper, Ben Schnetzer…

Signes particuliers : L’adaptation de la franchise de jeux vidéo culte.

DES ORCS ET DÉSORDRE

LA CRITIQUE

Résumé : Le pacifique royaume d’Azeroth est au bord de la guerre alors que sa civilisation doit faire face à une redoutable race d’envahisseurs: des guerriers Orcs fuyant leur monde moribond pour en coloniser un autre. Alors qu’un portail s’ouvre pour connecter les deux mondes, une armée fait face à la destruction et l’autre à l’extinction. De côtés opposés, deux héros vont s’affronter et décider du sort de leur famille, de leur peuple et de leur patrie.warcraft_film_3L’INTRO :

22 ans d’existence, une quinzaine de versions du jeu vidéo, des romans, des mangas, des comics, des jeux de société, des jeux de rôles et surtout, des millions et des millions d’adeptes à travers la planète… Warcraft n’est pas qu’un titre parmi d’autres sur console, c’est une légende du gaming, une épopée qui aura suivi ses fans à travers les années. A l’instar de Donjons et Dragons ou Final Fantasy, il fallait bien qu’un jour, Hollywood se penche sur son cas. Car le potentiel pouvait être très juteux et la marque fédérait assez pour valoir le coup. Pour éviter de s’attirer les foudres d’une communauté enroulée autour d’une même passion, il fallait au moins un cinéaste capable aux commandes. L’adaptation au cinéma de la légende a eu la bonne idée d’aller chercher Duncan Jones, jeune réalisateur encore plein de ressources, et dont on aura pu mesurer le talent avec les excellents Moon et Source Code. Annoncé dès 2006, il aura fallu des années de travail et près de 160M$ de budget pour que Orcs et Humains puissent enfin en découdre sur grand écran et en 3D. Warcraft le film, des hordes de fans en rêvaient, c’est désormais réalité et ce n’est que « Le Commencement » d’une saga espérée.warcraft_film_2L’AVIS :

On ne se lancera pas dans une gigantesque analyse mettant en parallèle ou en opposition, les jeux vidéo originels et le film qui en a été tiré. Des tas d’autres sites spécialisés bien plus légitimes sur la question, le feront sans doute mieux que nous. Autant être honnête, nous avons surtout pris le film pour ce qu’il est, comme un gros blockbuster d’Heroïc Fantasy rutilant et divertissant. Du moins, c’était l’idée de départ.warcraft_film_7Pas de doute, les adeptes de Warcraft vont se retrouver dans cette entreprise d’adaptation qui s’applique à servir du fan-service par mégatonnes. Après tout, c’est un peu ce qui lui était demandé. Du coup, on retrouve logiquement, l’univers, les personnages, l’esprit, des clins d’œil en pagaille qui feront rire ou sourire, et toute la cinématique du jeu. C’est cool pour les fans. Pour les autres, l’affaire sera un peu plus corsée, encore que le script s’efforce de rendre à peu près intelligible, les grandes lignes de l’univers. Même le profane pourra ainsi apprécier, quand bien même il n’y connaîtrait strictement rien à la base. Certes, beaucoup de détails lui échapperont mais sur la généralité, il aura quand même une grosse machine distrayante et compréhensible. Mais le problème, et qui pour le coup pourrait faire se rejoindre fans et non-fans, c’est que dans l’expression « adapter un jeu vidéo », il y a le mot « adapter ». Et ce qui marche en jeu ne marche pas forcément en film. Plus précisément, une cinématique de jeu ne peut pas forcément faire une esthétique de cinéma.warcraft_film_8Gloubi-boulga visuellement atroce, plein de vert, de bleu et de jaune partout, alimenté d’effets spéciaux adossés à un production design désastreux, Warcraft est une éternelle faute de goût de près de deux heures, pas loin d’être embarrassante si l’on parvenait à dépasser la seule contemplation de son ridicule digne d’un nanar de luxe. Quelque part entre Le Seigneur des Anneaux et Mortal Kombat, le premier pour l’intention, le second pour le résultat hautement nanardeux, Warcraft espérait venir jouer dans la cour de films tels que Avatar (cité en exemple par son auteur pour ses ambitions en terme de SFX). Peine perdue, il en restera au stade de naufrage voulant épater mais laissant une impression de vieux machin périmé. Côté scénario, pas mieux. Warcraft se noie dans sa stupidité à manger du foin, déroule son intrigue sans trop se soucier de sa qualité et de ses entournures, trop sûr de ravir les fans en comptant uniquement sur leur fibre nostalgico-geek. Entre facilités, clichés et approximations (un peu comme l’image d’ailleurs), on ne saurait trop que choisir dans un script qui n’exploite que bien maladroitement son potentiel tragique. À partir de là, pourquoi s’embêter à faire propre quand on peut se contenter de torcher ça sans le moindre questionnement esthétique ? Pourquoi s’embêter à peaufiner l’écriture quand on peut se contenter du plus strict minimum syndical en laissant l’univers bosser à sa place ? Et dans la lignée, pourquoi se casser la tête à pondre une 3D valeureuse quand on peut se satisfaire de l’effet de mode pour engranger des dollars ? Et même, pourquoi s’embêter à demander aux comédiens d’avoir l’air un brin convaincus et concernés par ce qu’ils font, quand on peut se contenter d’une brochette de figures cabotines aux airs ahuris ? Mention au passage à un Ben Foster délirant de non-jeu ou à un Travis Fimmel aux allures de viking croisé avec un sous Jason Khal Drogo Momoa.warcraft_film_6Faisant de la nullité un art, on sauvera du ratage qu’est Warcraft, quelques rares embellies dans la mise en scène de Duncan Jones, qui réussit quand même à placer un tout petit lot de fulgurances dans cet océan d’acide citrique brûleur de rétines en fusion. Vraiment pensé pour les fans (on pourra difficilement lui en faire le reproche cela dit), même pas sûr que ces derniers ressortent pleinement satisfaits de cette bouillie cinématographique sans saveur qui, au mieux, distille quelques grosses bastonnades sympathiques, tout en passant à côté de son souffle épique. Les autres, fuyez pendant qu’il est temps. Warcraft divertit cinq minutes, mais sa moche hystérie finit par achever. Et dire qu’il y a dix ans, l’éditeur du jeu a refusé de céder les droits à ce bon vieux tâcheron de Uwe Boll, un temps intéressé, par peur « d’un mauvais film » ! Le voilà servi.

LA BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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