THEEB, LA NAISSANCE D’UN CHEF de Naji Abu Nowar : la critique du film
sortie cinéma

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note 3.5 -5
Carte d’identité :
Nom : Theeb
Père : Naji Abu Nowar
Date de naissance : 2016
Majorité : 23 novembre 2016
Type : Sortie en salles
Nationalité : Jordanie
Taille : 1h40 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de famille : Jacir Eid, Hassan Mutlag, Hussein Salameh…

Signes particuliers : Le fier représentant de la Jordanie aux Oscars 2016.

UN GRAND PETIT HOMME

LA CRITIQUE DE THEEB, LA NAISSANCE D’UN CHEF

Résumé : Péninsule Arabique, 1916, sous l’occupation britannique.Dans un campement bédouin, au coeur du désert, le jeune Theeb, 10 ans, vit avec son grand frère Hussein, qui lui transmet les traditions ancestrales. Une nuit, un officier britannique s’invite dans la communauté : Hussein accepte de le guider à la recherche d’un puits, sur la route de la Mecque. Mais Theeb refuse de se séparer de son frère et décide de les suivre à distance…124047-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxPremier long-métrage, première exposition mondiale, première collection de prix et première nomination aux Oscars (il y représentait la Jordanie en 2016, battu au final par Le Fils de Saul) ! Pas mal pour Nabi Abu Nowar, jeune réalisateur trentenaire qui signe avec Theeb, la naissance d’un chef, l’un des petits bijoux de cette année. Une aventure humaine, l’immensité de désert arabique, la Première Guerre Mondiale comme cadre temporel… Theeb agite son histoire sous les cieux bienveillants d’un autre chef-d’œuvre du cinéma, le Lawrence d’Arabie de David Lean, tourné dans les mêmes contrées et dont l’action se déroulait à la même époque. Mais avec Theeb, on est loin d’une aventure épique érigée en spectacle tonitruant. On est davantage dans le petit film intimiste jouant les gammes de son aventure initiatique à échelle humaine et surtout, à hauteur d’enfant. 389401-jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxxTheeb entrechoque la grandeur de son décor et la petitesse de son jeune héros appelé à devenir grand au terme de son aventure fondatrice qui lui transmettra des valeurs qui feront de l’enfant qu’il est aujourd’hui, un homme de demain. Magnifique et puissant par ce qu’il raconte, et ce malgré une mise en scène parfois tiède qui ne prend jamais à bras le corps son récit, Theeb n’a pas besoin de faire dans l’esbroufe lyrique ou romanesque pour trouver son propre souffle, et use intelligemment de son minimaliste, pour livrer une histoire dont la force réside dans la pureté de son approche. Porté par le jeune Jacir Eid, comédien dont la fraîcheur et le non-professionnalisme sont compensés par une présence et un charisme authentique qui dévore l’écran, Theeb se voit grandi par sa simplicité et son rythme laconique et mélancolique, mais jamais atone. Au contraire, c’est parfois même dans son faux immobilisme évocateur, que le film de Nabi Abu Nowar révèle son énergie, sa hardiesse et sa morale sur un monde évoluant en poussant ses âmes spectatrices à devenir des acteurs tragiques d’une vie tournant à la survie. Et Theeb, fort de son regard à hauteur d’enfant, d’embrasser autant les codes du western lumineux que ceux du conte âpre.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

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