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Le saviez-vous ? : Rita Hayworth, emblème de la « bombe atomique »

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1946. Alors que la Seconde Guerre Mondiale a ravagé la planète pendant six longues années de l’Europe au continent asiatique, la machine hollywoodienne se remet à vendre du rêve (quoiqu’elle ne s’est jamais vraiment arrêtée) à un public désireux de tourner la page de cette funeste période. Parmi les figures qui illuminent les écrans, une future grande star en devenir : Rita Hayworth. La sublime actrice née Margarita Carmen Cansino est l’un des visages radieux qui affole la gente masculine avec sa beauté enivrante et son corps de déesse. Ce statut de sex-symbol iconique, Rita Hayworth l’a payé et le paiera cher jusqu’au bout de sa (très) triste vie. Un peu à la manière d’une Marilyn Monroe.


En 1946, la guerre est derrière mais l’équilibre du monde reste fragile. Et les Etats-Unis poursuivent leurs études nucléaires malgré le tragique carnage opéré au Japon dans les villes de Hiroshima et Nagasaki où des centaines de milliers de civils ont perdu la vie dans le largage des deux bombes atomiques. Au milieu de l’océan Pacifique, dans les îles Marshall, l’atoll de Bikini va entrer dans l’histoire. Il sera au coeur de l’opération Crossroads, série d’essais nucléaires de grande envergure menée par les yankees. Alors qu’on leur vend des tests d’une force destructrice surpuissante que l’on voudrait apprendre à maîtriser pour en faire « quelque chose de bénéfique pour l’humanité toute entière », les habitants acceptent de prêter leur île. Les indigènes vont alors être évacués et l’Amérique de Harry Truman va procéder à plusieurs explosions dont certaines vont rayer de la carte des îles entières. Voilà pour le point d’histoire, mais quel rapport avec la charmante Rita Hayworth ?

Avril 1946. L’Amérique tombe littéralement sous le charme de la magnifique Rita grâce à un film : Gilda. C’est l’une des premières grosses productions hollywoodiennes que les soldats découvrent à leur retour du front. Le classique de King Vidor va élever miss Hayworth au rang de superstar. Elle devient l’une des plus belles femmes du monde et un véritable objet de fantasme masculin. Le film et ses affiches promotionnelles dévoilent une Rita somptueuse, sensuelle, hypnotisante. Un vrai sex-symbol. A tel point que pour les mâles américains, elle devient une icône, la beauté absolue, un emblème national, une véritable… « bombe atomique ». Vous voyez venir le rapport ?

Beaucoup de choses resteront en travers de la gorge de Rita Hayworth au moment de faire le « bilan » d’une vie et d’une carrière compliquées. D’avoir été « forcée » par son premier mari et agent à se refaire entièrement le visage pour être plus « belle » et conforme aux canons de beauté du Hollywood de l’époque. D’avoir presque toujours été considérée comme un sex-symbol plutôt que comme une comédienne talentueuse. Tout cela plus un détail, qui l’a rendue folle de rage : avoir été l’effigie d’une bombe atomique lâchée sur l’atoll de Bikini. Ou autrement dit, d’avoir été l’effigie d’un funeste carnage qui aura causé déplacement de populations, destruction et mort. Une chose qu’elle jugera dégueulasse.

Le 1er juillet 1946, l’armée américaine procède à l’explosion de la bombe Able, la première bombe atomique utilisée depuis celles lâchées sur Hiroshima et Nagasaki, avec les conséquences que l’on connaît tous. Pour « la blague » et le clin d’oeil, les soldats décident de coller une image sur l’ogive en guise de « bonne chance ». Ce sera la photo de Rita Hayworth dans Gilda. La sculpturale actrice est une « bombe atomique » alors quoi de plus logique que d’en faire l’effigie d’une vraie bombe atomique. Quand elle l’apprendra, cette idée ulcèrera Rita Hayworth qui n’appréciera pas vraiment la « plaisanterie » et l’idée d’être d’avoir été associée à une telle ignominie. D’autant que dans les années qui suivirent, l’Atoll de Bikini refera parler de lui. Fin des années 60, le gouvernement américain renvoie quelques indigènes sur leur île avant de les évacuer de nouveau. Le taux de radioactivité y était tel, que l’atoll était devenu inhabitable, tout ayant été contaminé à commencer par les nappes phréatiques. L’agence internationale de l’énergie atomique recommandera d’ailleurs de ne plus chercher à repeupler l’île. Rita Hayworth voudra prendre position et s’en offusquer publiquement mais son entourage l’en découragea, lui expliquant qu’au lendemain de la guerre, cela pourrait être perçu comme « anti-patriotique ». la malheureuse dû donc se résigner au silence. Elle n’exprimera son horreur que des années plus tard, expliquant que cet acte lui est toujours resté en travers de la gorge. Plus libre et plus impertinent en revanche, son mari de l’époque, Orson Welles, s’exprimera sur la question, disant espérer qu’un jour sa « fille pourrait dire à sa fille que sa grand-mère a eu son image sur la dernière bombe atomique ».

 

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