LA BELLE SAISON de Catherine Corsini : la critique du film et le test vidéo
Sortie Blu-ray/DVD

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la belle saisonMondo-mètre
note 4 -5
Carte d’identité :
Nom : La Belle Saison
Mère : Catherine Corsini
Date de naissance : 2015
Majorité : 19 janvier 2016
(Editeur : Pyramide Vidéo)
Type : Sortie vidéo
Nationalité : France
Taille : 1h45 / Poids : NC
Genre : Drame, Romance

Livret de famille : Cécile de France (Carole), Izïa Higelin (Delphine), Noémie Lvovsky (Monique), Kevin Azaïs (Antoine)…

Signes particuliers : L’un de nos coups de coeur de l’été dernier au cinéma, enfin en vidéo !

L’HISTOIRE D’UNE PASSION BOULEVERSANTE

LA CRITIQUE

Résumé : 1971. Delphine, fille de paysans, monte à Paris pour s’émanciper du carcan familial et gagner son indépendance financière. Carole est parisienne. En couple avec Manuel, elle vit activement les débuts du féminisme. Lorsque Delphine et Carole se rencontrent, leur histoire d’amour fait basculer leurs vies.La-belle-saisonL’INTRO :

Quand on observe la filmographie de la réalisatrice Catherine Corsini, difficile de ne remarquer la récurrence de deux thématiques qui ont souvent bordé son parcours de cinéaste, l’amour et l’homosexualité. Que ce soit à travers La Nouvelle Eve, que ce soit avec La Répétition ou Les Amoureux, les relations homosexuelles a toujours été un sujet de prédilection pour la cinéaste, tout comme l’amour passionnel, que l’on retrouvait au cœur de Partir et son histoire d’attraction violente et irrésistible entre une bourgeoise quadragénaire et un ouvrier espagnol. Avec La Belle Saison, la cinéaste cristallise autour du couple Izïa Higelin et Cécile de France, ses deux thématiques « favorites », qu’elle porte à un haut sommet de sensualité et de beauté, dans ce qui apparaît, sans aucun doute, comme son meilleur film à ce jour.la belle saisonL’AVIS :

Balayons d’emblée la chose. Malgré sa romance folle et étourdissante à perdre pied, La belle Saison n’est pas un nouveau La Vie d’Adèle. Ce n’est pas non plus un autre Summer ou un autre The Duke of Burgundy, tous des films ayant traité récemment de l’homosexualité féminine. La Belle Saison, c’est La Belle Saison, un film qui trouve sa voie sur un sentier qui lui est propre, un film qui n’a pas besoin d’être comparé, un film qui se suffit à lui-même et qui existe par et pour lui-même. Entremêlant romance solaire, drame rural et récit historique sur les débuts du féminisme, le nouveau film de Catherine Corsini s’appuie sur ses différents sujets pour brasser des réflexions pertinentes sur l’amour et le courage, sur l’homosexualité ou sur le devoir filial, sur le bonheur contrarié, sur le regard des autres dans ces microcosmes campagnards dévisageants aux traditions ancrées dans la pierre en balayant des vies au mépris de l’humain, mais aussi, sur l’émancipation, sur la peur de la différence et de l’inconnu ou sur le poids du sexisme masculin dans nos sociétés phallocrates. Car oui, La Belle Saison a beau dérouler son action aux débuts des années 1970, Corsini fait preuve d’une intelligence remarquable pour donner de la portée à son travail, pour lui conférer une résonance pleine d’actualité._BS16646Refusant une écriture qui s’empêtrerait dans les clichés simplistes et réducteurs, La Belle Saison n’a de cesse de prendre de la hauteur au fil de ses gracieuses minutes, tant dans sa légèreté lumineuse, que dans le drame tournant à la tragédie car adossé à des enjeux forts, presque inextricables, broyant une jeune femme en l’écartelant au carrefour de deux routes, celle du bonheur à embrasser et celle du destin destructeur. L’une des forces du film illustrant ce parti pris de l’anti-facilité, est de savoir parler de féminisme, d’amour au féminin, des femmes en général, sans jamais que les hommes ne soient des mécanismes narratifs réduits à une fonction antagoniste dans le récit. Les hommes de La Belle Saison sont tout autant de belles personnes que les femmes qui magnifient ce récit tendre et délicat. Certains y verront de la naïveté là où l’on y verra plutôt une profonde justesse presque humaniste._BS24478 - copieLittéralement bouleversant, bien aidé par des compositions de très haut vol de son duo de comédiennes qui irradient l’écran, d’une Izïa Higelin qui prouve avec charme qu’elle est une authentique actrice face à une Cécile de France plus confirmée mais néanmoins épatante dans l’un de ses meilleurs rôles depuis un moment, La Belle Saison est un petit bijou chavirant. Un récit poignant, fort, vrai, glissant sur les corps nus de ses deux amoureuses attendrissantes sans jamais se prendre les pieds dans le voyeurisme de bas étage, glissant sur son histoire avec une plénitude remplie de subtile poésie, d’authenticité cruelle et de force émotionnelle impactante. Probablement l’une des plus belles romances de l’année, mais parvenant à enrichir sa fougueuse rencontre par quantité de détails animant le fond de cette toile splendide enracinée dans un terrain social magistralement déployé, La Belle Saison entraîne, émeut, dévaste, et nous rappelle à quel point le cinéma français est capable de livrer des trésors. On ne manquera pas non plus d’y souligner les prestations complexes de Noémie Lvovsky ou de Kevin Azaïs, qui ne font que rendre encore plus superbe, ce mélo tout simplement brillant, en plus d’être filmé avec une beauté insaisissable.la belle saison

L’ÉDITION BLU-RAY/DVD

La Belle Saison paraîtra en Blu-ray et DVD. Deux formats qui présenteront les mêmes suppléments. Si le Blu-ray sera légèrement plus onéreux (prix conseillé 24€99 contre 19€99 pour le DVD), on sera néanmoins enclin à privilégier la haute-définition pour profiter au mieux du travail pictural proposé par le film et sa réalisatrice Catherine Corsini, qui lui a conféré une atmosphère champêtre inspirée des toiles de Manet et autre Renoir. Ces choix esthétiques et son travail sur l’image est justement largement expliqué du côté d’un entretien proposé en premier complément du film. Durant 24 minutes, la cinéaste accompagnée de sa productrice Elisabeth Perez, s’attarde sur l’ambiance recherchée, les inspirations esthétiques, le choix d’avoir voulu capturer avant tout la modernité du récit et non une époque spécifique (les années 70) quitte à délaisser un brin, le dogmatisme de l’authenticité à tout prix. Catherine Corsini s’attarde également sur ce qu’elle a voulu transmettre avec ce film « très personnel », dans un premier baptisé Un Poisson sans Bicyclette (une référence à un slogan du mouvement féministe), puis évoque également la collaboration lumineuse avec ses comédiennes, de Izïa Higelin à Cécile de France, en passant par Noémie Lvovsky. Comme une peintre avec son chevalet, Catherine Corsini a dessiné une œuvre splendide et poignante, à voir et à revoir. Et pour prolongement le plaisir, 24 minutes de scènes coupées complètent ces suppléments, peu nombreux mais passionnants. Introduites par la réalisatrice expliquant qu’il s’agit là de scènes alternatives ou totalement inédites (de fait non mixées ni étalonnées) provenant d’un premier montage plus explicatif et détaillé, ce flot de scènes propose un autre regard sur l’œuvre, notamment sur le travail effectué au niveau du montage.

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