GODS OF EGYPT d’Alex Proyas : la critique du film
Sortie cinéma

Partagez cet article

Gods_of_egyptMondo-mètre
note 0.5.-5
Carte d’identité :
Nom : Gods of Egypt
Père : Alex Proyas
Date de naissance : 2015
Majorité : 06 avril 2016
Type : Sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h50 / Poids : 140 M$
Genre : Action, Fantastique

Livret de famille : Nikolaj Coster-Waldau, Gerard Butler, Brenton Thwaites, Geoffrey Rush, Courtney Eaton, Chadwick Boseman, Rufus Sewell…

Signes particuliers : Une superproduction fantastique… de nullité. (Et puis c’est quoi cette affiche digne d’un DTV de série Z ?!)

LA CULTURE DE LA LAIDEUR

LA CRITIQUE

Résumé : Dans une époque ancestrale, durant laquelle les Dieux vivaient parmi les hommes, la paix règne en l’Egypte. Mais Seth, Dieu du désert, qui convoite le pouvoir, assassine le roi et condamne Horus à l’exil, plongeant le royaume d’Egypte dans le chaos. C’est l’intervention d’un jeune voleur, Bek, qui va sortir Horus de sa prison. Ensemble, ils se lancent dans une aventure épique qui va donner lieu à une guerre sans précédent. Jusqu’aux frontières de l’au-delà, monstres et armées des dieux se déchainent dans une lutte dévastatrice…Gods_of_egypt_3L’INTRO :

Le trop rare Alex Proyas a planché pendant des lustres sur son Paradise Lost, censé mettre en scène l’affrontement céleste entre l’archange Michel et Lucifer. Malheureusement, le projet a fini par tomber à l’eau au terme d’un développement mouvementé, soi-disant en raison d’un budget trop coûteux. Et voilà qu’ironiquement, Proyas rebondit en direction d’un autre affrontement tout aussi mythologique et au budget pharaonique, celui opposant les divinités Seth et Horus dans l’Egypte ancienne. 140 M$ et une très longue post-production plus tard, Gods of Egypt se dévoile enfin au travers d’un premier trailer, et le cauchemar commence pour le père de The Crow et Dark City. Risée de la toile et pré-qualifié avant l’heure de futur grand nanar bodybuildé, son blockbuster surgonflé d’effets spéciaux semblait filer droit dans le mur. Sa sortie américaine confirmera les craintes, le film sera un flop monumental, sans doute l’un des plus gros que connaîtra l’année 2016. Un sort mérité ? C’est fort regrettable à avouer car Proyas est un cinéaste estimé au talent reconnu, mais oui, Gods of Egypt est une purge de compétition.Gods_of_egypt_5L’AVIS :

Semblable à un long déversement d’ammoniaque dans les yeux, Gods of Egypt est un navet impayable, sorte de méga-consternation hystérique et hallucinante, aux effets spéciaux indignes d’une superproduction d’un tel calibre. Le spectacle en serait presque gênant si l’on n’était pas occupé à se gondoler de rire devant une série B de luxe aux allures de parodie de blockbuster supervisée par les infographistes sous-payés d’une production ouzbèke. Comme un vieux reste de sandwich Sodebo servi dans une assiette en or, Gods of Egypt est un film effroyable, pondu à grand renfort de millions de dollars, tous disparus en fumée dans un production design d’une laideur rare, dans une direction artistique aux abois et dans des fonds verts à vomir, à croire que le film a été produit il y a déjà vingt ans. Divertissement moche, ringard et boursoufflé, à faire passer Le Choc des Titans de Leterrier pour un chef-d’œuvre visuel, Gods of Egypt croit impressionner et en foutre plein la vue alors qu’il n’est que bouffonnerie et grandiloquence ratée. Et à ce look imbitable, de venir se rajouter une voix off ridicule, des comédiens perdus dans le néant (pauvre Geoffrey Rush), un montage chaotique, une photographie dégueulasse, des ficelles dramatiques risibles, associées de surcroit à des idées de scénario ahurissantes de bêtise ou à un humour à pleurer d’effroi.Gods_of_egypt_4On s’y attendait autant que la dernière boulette de Nadine Moreno, mais voilà, Gods of Egypt est un tragique loupé tout en kitscherie, mis en scène par un Alex Proyas en roue libre, perdu et impuissant face à l’ampleur préprogrammée de son naufrage stupéfiant mal accordé à ses ambitions tonitruantes de grand divertissement fou et total. Des inepties aussi grotesques, on en tient une fois tous les trente-six de l’an alors autant en profiter. Ivre mort, sous champignons hallucinogènes et éventuellement en crypté, Gods of Egypt pourra faire marrer, mais n’empêche que ça fait bien de la peine pour son auteur qui mérite mieux.

BANDE-ANNONCE :

Par Nicolas Rieux

AVEZ-VOUS VU ? :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.