DE GUERRE LASSE d’Olivier Panchot
Critique – en salles (polar)

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252026.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxMondo-mètre
note 4.5
Carte d’identité :
Nom : De Guerre Lasse
Père : Olivier Panchot
Livret de famille : Jalil Lespert (Alex), Tchéky Karyo (Armand), Hiam Abbass (Raïssa), Mhamed Arezki (Rachid), Sabrina Ouazani (Katia), Jean-Marie Winling (Titoune), Olivier Rabourdin (Marchiani), Dimitri Storoge (Mateo)…
Date de naissance : 2014
Majorité : 7 mai 2014 (en salles)
Nationalité : France
Taille : 1h34
Poids : Budget 2 millions €

 

Signes particuliers (+) : Un polar sombre et désespéré, chronique âpre et tendue d’un retour au bercail douloureux sur fond de secrets enfouis. Des personnages forts, de bons Jalil Lespert et Tchéky Karyo et une mise en scène magnifique soutiennent ce nouvel effort français du genre.

Signes particuliers (-) : Souffrant de problèmes de rythme et d’une progression à la fois laborieuse et prévisible, De Guerre Lasse ennuie plus qu’il ne captive. A tel point que ses 1h30 donnent l’impression de faire pas loin du double.

 

PLUS MOCHE LA VIE

LA CRITIQUE

Résumé : Alex, fils d’un caïd pied-noir marseillais, s’est engagé dans la Légion pour échapper à un règlement de compte avec la mafia Corse… 4 ans plus tard, Alex déserte et revient sur Marseille pour retrouver Katia, son amour de jeunesse. Mais en ville les rapports de force ont changé : son père s’est retiré des affaires, laissant les Corses et les gangs des Quartiers Nord se partager le contrôle de la ville. La détermination d’Alex va bouleverser cet équilibre fragile au risque de mettre sa famille en danger…274410.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxL’INTRO :

Il se sera passé presque sept ans entre Sans Moi, le premier long-métrage d’Olivier Panchot, et ce second film, De Guerre Lasse, un polar sec et noir emmené par le retrouvé Jalil Lespert. Milieu marseillais, mafia corse, héros sombre et torturé, histoire de retour, de règlements de compte, de vengeance, d’honneur et de famille, De Guerre Lasse avait tout du polar classique intense et pourtant, le film passerait presque au final pour un drame croisé avec le western urbain, Olivier Panchot n’hésitant pas à en appeler à un certain Clint Eastwood comme référence ultime.311288.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxL’AVIS :

Alors qu’il n’est pas un mois sans que la pègre marseillaise ne défraye la chronique en alimentant les faits divers, le cinéaste pose ses valises dans les sales bas-fonds des quartiers nord et plonge ses personnages dans une atmosphère lourde et « grisailleuse » soutenue par une image et une imagerie glaciales et des enjeux suffocants. Ce Marseille-là transpire la crasse, la violence, les rivalités, les conflits communautaires, les mensonges. Avec De Guerre Lasse, on est à des lieux du Marseille-carte postale d’un Plus Belle la Vie. Panchot nous immerge totalement dans une réalité terrifiante, faite d’aspérités, de tension, de sauvagerie, de haine et de douleur. Dans ce marasme furieux et féroce, s’agitent des personnages aux fêlures évidentes, traumatisés par un passé conscient ou pas, par des poids et des échecs. Alex (Jalil Lespert), ancien soldat déserteur de la Légion d’Honneur et deretour dans une ville où il n’est pas le bienvenu, a le regard éteint de ces hommes revenant de l’horreur et après en avoir quitté une, il en retrouve une autre qu’il a fuit pour échapper à une mort attendue. Son père, le troublant Armand (excellent Tchéky Karyo), s’est retiré des affaires mais les secrets qu’il contient vont miner ce retour impromptu dans un effet cocotte-minute prêt à exploser.301443.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxOn l’aura compris, les personnages sont au centre de ce De Guerre Lasse, plus que l’action. Même si Olivier Panchot se paye quelques envolées sèches et physiques à l’impact radical et viril, son film est davantage porté sur la psychologie, sur les oppositions entre les protagonistes de ce jeu dangereux dans un univers mafieux à l’équilibre précaire, sur la tragédie familiale qui se dessine lentement au fur et à mesure que le film n’éclaire le passé des acteurs de son drame. Le cinéaste tente d’apposer à tout cela une tension sourde, acoquinée à une pesanteur gravitationnelle forte attirant ses personnages brisés vers de sombres destins.de guerre lasseParfois pesant et tendu, parfois saisissant et remuant, souvent ambitieux dans la construction de son scénario ficelé autour de ses solides et multiples enjeux, De Guerre Lasse est passé près de réussir son pari de polar dramatique puissamment tragique quand il ne vire pas au mystique par les figures qu’il impose. D’autant que la beauté de sa mise en scène éblouit à chaque plan, affirmant la maîtrise du cinéaste et son emprise sur son sujet. Malheureusement, Olivier Panchot pèche par manque d’intensité physique soutenant celle de sa toile de fond. Et De Guerre Lasse de lasser, souvent redondant dans ses plans, lourd dans sa progression, mal rythmé, prévisible dans sa dynamique générale… De Guerre Lasse, ou quand les intentions et l’exécution ne marchent pas ensemble. Dommage et frustrant.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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