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Nom : Michael
Pères : Antoine Fuqua
Date de naissance : 22 avril 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : USA
Taille : 2h08 / Poids : NC
Genre : Biopic, Musical
Livret de Famille : Jaafar Jackson, Colman Domingo, Nia Long, Miles Teller..
Signes particuliers : Michael est un « biopic oiseau » : il survole.
Synopsis : Biopic sur la légende de la musique, Michael Jackson.
WHO’S BAD ?
NOTRE AVIS SUR MICHAEL
S’il y avait bien un biopic qui nous pendait au nez depuis sa mort en 2009, c’est celui sur Michael Jackson, probablement l’une des plus grandes stars planétaires de l’histoire de la musique. On est presque étonné que cela ait pris autant de temps d’ailleurs. Après ceux sur Whitney Houston, David Bowie ou Bob Marley, c’est au tour du Roi de la Pop de passer sur le grill du film musical et biographique hollywoodien. Avec son neveu Jaafar Jackson dans le costume XXL de l’icône et Antoine « Mr Efficace » Fuqua (Training Day, la saga Equalizer) à la réalisation. Michael retrace le destin de Jackson, de ses débuts en famille avec les Jackson Five à son avènement au rang de superstar internationale passée sa libération du terrible joug paternel en 1984.
Pour l’anecdote, le premier teaser dévoilé en novembre 2025 avait battu des records avec plus de 116 millions de vues en 24 heures. Le signe d’une attente monumentale ? Rien n’est moins sûr. Car comme souvent, ce genre de biopics très controlés par les familles et les avocats (le film est produit par les membres de l’Estate Michael Jackson) marche tellement sur des œufs qu’ils sont contraints et forcés de ne prendre aucun risque et de se conformer à une immuable platitude sur-lissée. Au moins, il reste le spectacle, les chansons et le show qui must go on.

Michael Jackson… Le sujet est vaste. Rien que le nom l’impose. La première chose à faire était donc de trouver un angle d’attaque. Celui choisi est de comprendre comment un petit gamin de l’Indiana contrôlé par un père terrifiant a pu devenir la star que l’on connaît. C’est ça que va raconter Michael, en cernant une période bien définie allant du succès des Jackson Five dans les années 60 au Victory Tour de 1984 où MJ décidera de briser la collaboration familiale pour suivre son propre chemin et prendre son indépendance. Michael, c’est au fond le récit initiatique d’un gosse sensible et rêveur à qui l’on a volé l’enfance et qui n’a eu de cesse de rêver en grand jusqu’au jour où il a eu le courage de briser ses chaînes cadenassées par un père violent et cupide pour « suivre son propre chemin ».
Sauf que voilà, avoir un angle d’approche c’est bien mais ça ne suffit pas. Il faut ensuite savoir raconter l’histoire et surtout, le plus difficile, la rendre intéressante. Et c’est là que le bât-blesse dans Michael. A l’instar de tous ses petits copains du même genre, Michael sombre très vite dans l’hagiographie wikipediesque brossant des grandes ligne en mode Fast & Furious sans jamais rien creuser, et surtout en délaissant les noeuds narratifs intéressants pour survoler efficacement (du moins le croit-il) l’histoire d’une ascension résumée à coups de marqueurs cochés un à un. On hérite ainsi d’un long-métrage qui n’est pas vraiment un film sur Michael Jackson mais plutôt une opération marketing à la gloire de Michael Jackson, comme une sorte de grosse promo qui frustre plus qu’elle n’embarque tant on n’y apprend pas grand-chose, tant on reste constamment sur sa faim, tant on s’agace de ses « mensonges par omission ». Car si un Bohemian Rhapsody trafiquait un peu la réalité pour les besoins du spectacle, Michael lui élude, oublie, met de côté, passe sous silence. Michael se contente de retracer succinctement une success story en mettant un peu de drame et surtout un max de musique « concérisée » (parce que des plans de public en transe ça claque bien) mais la coquille reste bien vide. N’importe quel documentaire ou l’excellent This is it nous en apprend plus sur l’homme et l’artiste que ces deux heures de spectacle recrée à grands renforts de moyens. Heureusement que l’interprète, le neveu Jaafar Jackson, est plutôt convaincant dans le costard de son tonton, ça limite un peu les dégâts.

En dehors de quelques rares scènes d’émotion cherchant un frisson bien discret et épisodique et d’une mise en scène qui s’épuise à pourchasser l’iconisation en donnant dans le spectaculaire clinquant, Michael n’a pas beaucoup d’idées à défendre, et certainement pas un regard passionnant ou réellement pertinent. La seule chose que le film essaie de faire comprendre, c’est cette inlassable quête d’une enfance dérobée et comment Michael Jackson a redéfini le concept de la superstar. Le film ne redéfinit pas le principe du pur biopic biographique mais au moins il permet de saisir cette idée fugace qu’en terme d’icône musicale, il y a un avant et un après MJ. La suite (si elle se fait, une option gardée en fonction des résultats de ce premier chapitre au box office) le montrera plus clairement… mais devra aussi jongler avec l’apparition des scandales et là… bon courage pour les aborder, ou probablement les occulter ! A ce sujet, ce possible premier film prépare le terrain en jouant la carte de la tendresse. Michael Jackson a développé une profonde et sincère affection pour les enfants (et les animaux) car il était un enfant star seul et triste, du genre qui voyaient les autres jouer au parc par la fenêtre pendant que lui devait bosser comme un forcené pour satisfaire papa.
Au final, Michael est le film que l’on attendait, et que l’on redoutait un peu aussi. Un passe-plat complaisant, lisse et superficiel, dénué d’âme et trop contraint par son cahier des charges injouable. Un film générique qui n’appuie pas grand-chose mais parce qu’il n’aborde pas grand-chose, et qui mise uniquement sur la stature iconique de l’artiste et son héritage musical en pensant que cela suffira. Le principe de surfer sur la vague plutôt que de s’y confronter. Et ce sera peut-être le cas au fond, Michael satisfera peut-être des yeux (et des oreilles) moins critiques qui ne cherchent que le divertissement à consommer sur l’instant et qui ne veulent pas approfondir quoique ce soit car un résumé est mieux et plus facile qu’une oeuvre. Au moins, il reste la musique. Bad, Thriller, Billie Jean, Don’t stop till get enough…. Les tubes (de la période choisie) y sont presque tous. Voilà de quoi satisfaire les fans de toujours ? Certainement pas. Le très grand public à la limite, mais encore faut-il qu’il se déplace comme il a pu le faire pour Elvis ou Bohemian Rhapsody.
Par Nicolas Rieux

