Nom : Scream7
Père : Kevin Williamson
Date de naissance : 25 février 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : USA
Taille : 1h54 / Poids : NC
Genre : Horreur, Slasher
Livret de Famille : Neve Campbell, Courteney Cox, Isabel May…
Signes particuliers : Le plus mauvais chapitre de la saga.
Synopsis : Lorsqu’un nouveau Ghostface surgit dans la paisible ville où Sidney Prescott a reconstruit sa vie, ses pires cauchemars refont surface. Quand sa fille devient la prochaine cible, Sidney n’a d’autre choix que de reprendre le combat. Déterminée à protéger les siens, elle devra affronter les démons de son passé pour tenter de mettre fin une bonne fois pour toutes au bain de sang.
LE CRI LE PLUS LONG
NOTRE AVIS SUR SCREAM 7
Un accouchement dans la douleur, voilà ce qu’a été la production de ce Scream septième du nom, qui sort pile poil à l’occasion des 30 ans du chef-d’œuvre originel de Wes Craven. Triste manière de commémorer l’événement. Entre l’éviction de la tête d’affiche Melissa Barrera suite à ses prises de positions concernant le conflit israélo-palestinien, le claquage de porte de sa consœur Jenna Ortega (officiellement pour un « problème d’agenda ») puis le départ en cours de route du réalisateur Christopher Landon, la gestation de Scream 7 a viré au cauchemar. Pour sauver la face, et avec elle les meubles, la Paramount a fait de le choix de ressortir les vieux pots du placard, puisque c’est soit-disant avec eux que l’on fait les meilleures confitures. Kevin Williamson, emblématique scénariste du premier, reprend les commandes du projet, Neve Campbell (évincée du 6) redevient le premier rôle « comme au bon vieux temps », Courteney Cox l’accompagne, et c’est reparti pour un nouveau du chat et de la souris entre Sidney Prescott et Ghostface. Ou plus précisément entre Sidney Prescott, sa fille et un nouveau Ghostface.
Des années après les carnages qu’elle a affrontés, Sidney s’est établie dans une petite ville avec mari et enfants. Lorsqu’un nouveau Ghostface s’en prend à elle et sa progéniture, en l’occurence sa fille Tatum (nommée ainsi en hommage à feu sa meilleure amie) l’indestructible Sid n’a clairement plus l’intention de subir. Désormais, elle se bat…

Qu’est-ce que cherche à faire la saga Scream ? Battre un record de longévité ? Une chose est sûre, elle ne cherche pas à se réinventer durablement et ce malgré la symbolique de sa scène d’intro (l’une des plus mauvaises de la franchise au passage) dans laquelle un nouveau Ghostface brûle par le feu la mythique maison du premier, comme pour dire on efface le passé et on recommence sur les cendres de l’héritage. C’est qu’il n’y aurait pas un peu des intentions de reboot dans l’air pour donner un nouveau souffle à une franchise en nette perte de vitesse ?
Le nom de Kevin Williamson en rassurait certains, autant qu’il en inquiétait d’autres. Certes, il a eu sa période de gloire avec l’écriture de Scream 1, 2 et 4 ou du sympathique The Faculty mais en dehors de ça, un néant. Et côté réalisation, son seul fait d’arme est le très dispensable Mrs Tingle. Les limites du bonhomme vont vite se manifester. Scream 7 ne va pas mettre bien longtemps à s’autodétruire comme les messages de Mission : Impossible. Et justement, relancer une saga à bout de souffle n’en était-elle pas une de « mission impossible » ? Passée une scène d’introduction (habituellement le point fort de la franchise) qui restera comme l’une des moins inspirées et percutantes de la saga, Kevin Williamson s’embourbe dans une contradiction. Son message semble être de jeter le passé au feu pour construire du neuf… Sauf qu’il va inlassablement retourner vers ce passé aux allures de seule option à sa disposition pour tenter de raconter quelque chose. Trop de références tue la référence. À ce petit jeu, Kevin Williamson multiplie tellement les clins d’œil à l’original (même B.O, mêmes dialogues, mêmes scènes) qu’il assassine le plaisir du clin d’œil malin, en plus de laisser perdurer un temps un étrange sentiment. Scream 7 est-il une parodie du premier ? L’espace d’un moment, on se pose sérieusement la question, surtout quand il rejoue la scène du petit-ami qui vient voir sa jeune dulcinée en passant par la fenêtre (comme Billy Loomis venait voir Sidney Prescott). On pense alors qu’il y a une surprise en préparation, que l’on est par exemple face à un reboot de Stab, le film dans le film… Mais même pas. C’est juste là, pour rien. Et ce n’est que le début des emmerdes.

« Ça serait trop tiré par les cheveux » clame un personnage pendant un débat pour découvrir qui pourrait bien être le mystérieux nouveau tueur sous le masque Ghostface. Bah oui, tout ce que va étaler Scream 7 sera bel et bien tiré par les cheveux. En mode maladroit, Williamson semble avoir paumé les codes de sa propre franchise. Le jeu du « tout le monde est suspect » y est poussé jusqu’à la caricature, la thématique de l’IA est nouvelle (et maligne) mais très mal intégrée à partir d’une idée narrative grotesque, les coups de théâtre sont souvent ridicules, les incohérences se ramassent à la pelle… C’est bien simple, tout est grossier, des bonnes aux mauvaises idées. Scream 7 n’a rien à défendre si ce n’est une nouvelle aventure horrifique bas de gamme tout juste digne d’un DTV. Il fut un temps où l’essence de Scream était d’accompagner et de raconter une évolution du cinéma de genre. Aujourd’hui, la saga n’a plus rien à dire et ce septième chapitre sonne le glas d’une production serialisée qui se limite à des produits formatés et insipides où tout fonctionne en roue libre, sans que la nostalgie (de l’univers et des personnages) ne suffise à tenir le truc debout.

Au moins il y a de l’hémoglobine et quelques morts ingénieuses (le cadavre sur l’appareil à bière – hilarant). Un maigre lot de consolation dans une énième suite pas loin de la purge. Pour sûr, Scream 7 est l’épisode le plus mauvais d’une franchise qui gagnerait à arrêter le massacre. Kevin Williamson a clairement perdu le fil de sa création culte et il serait grand temps de laisser Ghostface rejoindre ses copains de l’horreur au mémorial des figures du slasher plutôt que de l’exploiter jusqu’à l’usure dans des suites pareilles aussi mal écrites que poussivement réalisées. Car là, on en viendrait pesque à se dire que le 6 était brillant à côté. C’est dire.
Par Nicolas Rieux
