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MAIGRET ET LE MORT AMOUREUX de Pascal Bonitzer : la critique du film

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Nom : Maigret et le mort amoureux
Père : Pascal Bonitzer
Date de naissance : 18 février 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : France
Taille : 1h20 / Poids : NC
Genre : Policier

Livret de Famille : Denis PodalydèsAnne AlvaroManuel Guillot, Irène Jacob, Micha Lescot, Olivier Rabourdin, Laurent Poitreneaux…

Signes particuliers : Aussi mauvais que le premier était bon.

Synopsis : Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné. Maigret découvre qu’il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes, dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder. En se confrontant aux membres des deux familles et au mutisme suspect de la domestique du diplomate, Maigret va aller de surprise en surprise…

LE COMMISSAIRE ENQUÊTE

NOTRE AVIS SUR MAIGRET ET LE MORT AMOUREUX

Pour certains, Maigret c’était l’imposant Jean Gabin, imper sur le dos, chapeau vissé sur la tête et pipe au bec. Pour d’autres, ce fut Jean Richard ou Bruno Cremer à la télévision. Il y a eu aussi Pierre Renoir, Albert Prejean, Harry Baur ou encore Michel Simon, le meilleur selon son créateur Georges Simenon. Puis il y a eu Depardieu chez Patrice Leconte en 2022. À la longue liste des interprètes du célèbre commissaire parisien vient s’ajouter aujourd’hui l’estimé Denis Podalydès. Sous la direction de Pascal Bonitzer, l’acteur de la Comédie Française interprète un Maigret moderne sans l’être. Un nouveau Maigret à l’heure d’internet mais encore à l’ancienne, un Maigret des années 2000 mais qui refuse toujours d’avoir un téléphone portable et reste attaché à ses bonnes vieilles méthodes comme humer l’atmosphère d’une scène de crime et prendre son temps.

La période est calme quand le téléphone sonne. Maigret est envoyé au Quai d’Orsay où lui est confiée une enquête sensible. Un ancien ambassadeur vient d’être retrouvé criblé de balles à son domicile.

À l’heure d’un cinéma policier de plus en plus codifié, soumis aux diktats du besoin de rythme, de la nécessité de rebondissements quasi métronomiques, du sacro-saint spectacle qui doit tenir les spectateurs en haleine, ce Maigret version Bonitzer ferait presque figure d’exception. Le cinéaste donne dans l’épure à tous les niveaux. Épure dans la durée (1h20 montre en main, pas une minute de plus), épure dans l’écriture sans aucune fioritures ni nécessité de raconter autre chose pour se donner une quelconque consistance artificielle (c’est l’enquête et seulement l’enquête) et épure dans la mise en scène (sobre, simple, peu de musique et pas de plans biscornus). Pascal Bonitzer prend les fondamentaux les plus essentiels et s’en tient à eux et uniquement à eux. Maigret et le mort amoureux c’est un meurtre, le commissaire, une enquête. Point barre. Ni plus, ni moins. Et cette simplicité presque radicale en devient finalement agréable.

Ludique et captivant, Maigret et le mort amoureux se suit avec le truculent plaisir d’un mystère que l’on veut élucider. Et le suspense afflue de lui-même de ce simple récit ramassé sur son unique intention. Avec autour de son enquête savoureuse (pas forcément la meilleure de Simenon mais l’une des plus originales), des petites gourmandises à déguster. Comme l’équipe d’un Maigret désormais moins solitaire, son amusant rejet des technologies d’aujourd’hui, son caractère imperméable aux pressions extérieures, ses interrogatoires très incisifs, son attachement à sa pipe, aux blanquettes et aux bonnes bouteilles de vin… En bref, un film policier à l’efficacité discrète qui respecte son matériau originel sans faire poussiéreux, incarné par un Podalydès impeccable (et ce même s’il ne correspond pas exactement à l’imaginaire de Simenon).

 

Par Nicolas Rieux

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