1985, Sharon Stone n’est pour ainsi dire personne. La future star de Basic Instinct ou Casino est alors une actrice comme il y en a des milliers à Hollywood, c’est à dire une débutante qui galère à trouver des petits rôles en espérant être un jour remarquée. Un peu de mannequinat par-ci, 2-3 apparitions par là dans un Woody Allen ou un Wes Craven et quelques mini rôles dans des épisodes de séries télé (Ricky ou la belle vie, Mike Hammer, Remington Steele). Et puis c’est tout pour le moment.

Sauf que voilà, quelque part à Los Angeles, le patron de la célèbre et regrettée Cannon se dit qu’il serait pas mal de surfer sur le succès titanesque de l’archéologue-aventurier Indiana Jones qui embrase actuellement le box office avec Le Temple Maudit. Né alors Allan Quatermain, sa version discount que produira la Cannon avec Richard Chamberlain dans le rôle-titre. Bon, maintenant, il faudrait une nana plutôt jolie our donner le change à ses côtés. Menahem Golan, le boss gouailleur de la maison, réclame alors « la fille Stone ». Ni une, ni deux, le studio se met en branle pour produire sa bisserie qui sera à Indiana Jones ce que le tiramisu aux fruits rouges est à l’Italie.
Quelques mois plus tard, visionnage des premiers rushes du tournage avec le boss. Et là, Menahem Golam s’emporte sur ses équipes. « Mais c‘est qui cette conne ?! » lance t-il en découvrant Sharon Stone à l’écran. Embarras total dans la pièce. Tout le monde va vite réaliser où l’affaire a merdé. Quand Menahem Golan avec son accent anglais épouvantable avait réclamé qu’il voulait « the Stone Woman« , il ne parlait pas de Sharon Stone mais de l’actrice qu’il avait vu dans le film Romancing the Stone (alias A la poursuite du diamant vert) !!! En gros, il voulait Katheen Turner et pas cette inconnue sortie de nulle part.

Bon finalement Kathleen Turner ou pas, le film était pourri, il fera un gros bide au box office, et accessoirement Sharon Stone était peut-être la seule bonne chose dedans. En tout cas, voilà qui lui a permis de décrocher son premier rôle important dans un film hollywoodien. Elle fera la suite (car oui, il y a eu une suite en plus), puis Police Academy 4, puis Nico d’Andrew Davis, avant son premier gros succès en 1990 : Total Recall !
