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UNE JEUNESSE INDIENNE de Neeraj Ghaywan : la critique du film

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Nom : Homebound
Père : Neeraj Ghaywan
Date de naissance : 25 mars 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : Inde
Taille : 2h00 / Poids : NC
Genre : Drame

Livret de Famille : Ishaan KhatterVishal JethwaJanhvi Kapoor

Signes particuliers : Fascinant et sublime.

Synopsis : Dans un village du nord de l’Inde, deux amis d’enfance tentent de passer le concours de police d’État, un métier qui pourrait leur offrir la dignité qu’ils n’osent espérer. Alors qu’ils touchent du doigt leur rêve, le lien précieux qui les unit est menacé par leurs désillusions…

 

RADIOGRAPHIE DE L’INDE ET SES INJUSTICES

NOTRE AVIS SUR UNE JEUNESSE INDIENNE

Si les discriminations envers les castes sont théoriquement interdites en Inde depuis l’établissement de la constitution de 1950, des mœurs profondément ancrées ne se changent pas comme ça et une évolution requiert plus de temps qu’une simple loi écrite dans les textes. Encore aujourd’hui, la culture des castes et le rejet social restent très présents à travers l’immensité de l’Inde et c’est tout le sujet de Une Jeunesse Indienne, drame signé Neeraj Ghaywan. Le film raconte l’histoire de deux amis d’enfance, Shoaib et Chandan. Le premier est musulman, le second appartient à la caste des intouchables. Deux appartenances généralement marginalisées et objet de rejet et discriminations. Afin de s’élever socialement, les deux camarades de toujours passent le difficile concours d’accès aux postes de gardiens de la paix, métier très respecté en Inde, qui leur garantirait d’être à l’abri des humiliations quotidiennes qu’ils subissent. Sauf qu’il y a environ 2.5 millions de postulants pour 3500 postes. Leur espoirs sont aussi forts que leurs chances sont faibles. Une Jeunesse Indienne étale son récit sur une dizaine d’année, du début des années 2010 au début des années 2020 avec la pandémie du Covid.

Porté par deux excellents jeunes comédiens (formidables Ishaan Khatter et Vishal Jethwa), le film de Neeraj Ghaywan déploie une bouleversante histoire d’amitié sur fond de critique sociétale de l’Inde d’aujourd’hui, coincée dans ses traditions séculaires et incapables d’embrasser le souffle d’une modernité qui tournerait le dos au passé réducteur et discriminant. Neeraj Ghaywan dresse le portrait d’une Inde hyper-fracturée où un fossé béant sépare les riches des pauvres, les respectés des parias, les majorités acceptées des minorités rejetées. Ce portrait est assez terrible, Neeraj Ghaywan montrant une nation désunie gangrenée par un racisme sociétal, par une pauvreté galopante, par l’injustice et l’absence d’espoir. Avec au coeur, la tentative de capter les rapports de force, de faiblesse et d’affrontement entre la fougue d’une jeunesse porteuse des espoirs du futur et le poids du traditionnalisme conservateur.

À l’origine, il était une fois un cliché massivement relayé sur la toile, dont s’est emparé un journaliste du New York Times. Son article racontant l’émouvante histoire cachée derrière cette photographie est devenu un film puissant, qui a même candidaté pour tenter de représenter l’Inde aux Oscars. Drame rude et réaliste (loin des féeries hollywoodiennes), Une Jeunesse Indienne est une odyssée tragique aussi passionnante que révoltante, dans laquelle on pénètre pleinement captivé grâce au bon sens de l’écriture et de la mise en scène efficace de son auteur. Si le film n’affiche pas une grande subtilité générale dans sa réthorique (le souci d’efficacité prime sur la finesse), ce récit tiré d’une histoire vraie touche en plein cœur et remplit totalement ses objectifs d’afficher aux yeux de tous, la culture de l’injustice qui sévit encore au pays des milles couleurs.

 

 

Par Nicolas Rieux

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