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L’AFFAIRE BOJARSKI de Jean-Paul Salomé : la critique du film

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Nom : L’affaire Bojarski
Père : Jean-Paul Salomé
Date de naissance : 14 janvier 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : France
Taille : 2h08 / Poids : NC
Genre : Biopic

Livret de Famille : Reda KatebSara GiraudeauBastien Bouillon

Signes particuliers : Pas désagréable mais anecdotique.

Synopsis : Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés… jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Très vite, il se retrouve dans le viseur de l’inspecteur Mattei, meilleur flic de France.

QUAND LE CRIME DEVIENT UN ART

NOTRE AVIS SUR L’AFFAIRE BOJARSKI

Pour certains, il était un artiste, pour d’autres un criminel. La vérité, c’est qu’il était les deux : un artiste du crime. Immigré polonais réfugié en France durant la Seconde Guerre Mondiale, Jan Bojarski s’est « illustré » dans les années 50-60 dans la contrefaçon de billets de banque. Mais bien plus qu’un simple faux-monnayeur comme un autre, sa légende s’est écrite grâce à la perfection de ses copies jugées « plus belles que les originaux ». Le Minerve et Hercule de 1000 francs, le Terre et Mer de 5000 francs, le Napoléon Bonaparte de 100 nouveaux francs, la Banque de France a eu beau essayer de rendre ses billets infalsifiables, aucun ne lui a résisté. Au point d’avoir été l’objet d’une longue traque durant des années, pourchassé par un Commissaire obsédé par sa proie.
Deux décennies après sa mort, Jean-Paul Salomé (Belphégor, Arsène Lupin, La Daronne) s’est intéressé à cette figure d’une petite histoire française dont le mythe reste quasi entier. Témoin, certains de ses « oeuvres » ont été par la suite vendues à prix d’or aux enchères car Bojarski était perçu comme le Cézanne de la fausse monnaie, capable de corriger les imperfections des vrais dans ses faux. Pour donner une idée de la précision de certaines de ses copies, il aura parfois fallu des expertises en laboratoire pour déterminer s’il s’agissait de faux ou de vrais. De quoi donner une dimension quasi romanesque à son histoire. Et une dimension évidemment très cinématographique, à plus forte raison quand Salomé imagine sa traque comme un jeu du chat et la souris façon Attrape-moi si tu peux (Salomé n’hésitant pas à inventer certaines scènes reproduisant le film de Spielberg).
Jean-Paul Salomé déroule le portrait d’un homme passionnant qui se voyait plus comme un artiste que comme un criminel, et dont la chute a en partie été causée par son obsessionnel désir de reconnaissance (ainsi qu’une erreur de confiance fatale), davantage que par l’appât du gain. À n’en pas douter, c’est cette facette ambiguë et fascinante qui rend l’histoire de Jan Bojarski si intéressante, et clairvoyant c’est sur elle que le cinéaste concentre ses efforts et son regard. Réalisé de manière assez factuelle et conventionnelle (pour ne pas dire poussiéreusement académique) par un Salomé plus appliqué que créatif, L’Affaire Bojarski détaille les étapes de ce fait divers haletant, des difficultés de l’immigré polonais à se faire une place dans la société française à ce qui l’a conduit à réaliser ses premières contrefaçons en passant par son passif d’inventeur (de génie qui plus est), sa vie familiale ou la personnalité captivante d’un homme qui aura certes chuté tôt ou tard, mais qui aura réussi à obtenir l’ironique reconnaissance qu’il recherchait.
Emmené par un bon Reda Kateb, L’affaire Bojarski n’a rien du film mémorable tant il manque d’une réelle envergure cinématographique, mais Salomé pond un film factuel qui tient sa promesse de biopic sur la trajectoire d’un homme à la trajectoire étonnante et à la personnalité captivante. Dommage qu’il n’ambitionne pas plus et se contente d’une fiction pas loin du téléfilm qui gâche son écriture en s’enfermant dans une forte redondance narrative et visuelle. On est loin du cinéma de Melville cité en inspiration par le cinéaste.

 

Par Nicolas Rieux

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