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ANACONDA de Tom Gormican : la critique du film

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Spectateurs

Nom : Anaconda
Père : Tom Gormican
Date de naissance : 31 décembre 2025
Type : sortie en salles
Nationalité : USA
Taille : 1h40 / Poids : 45 M$
Genre : Comédie, Aventure

Livret de Famille : Paul RuddJack BlackSteve Zahn, Thandiwe Newton, Daniela Melchior…

Signes particuliers : Il y avait de l’idée… mais c’est raté.

Synopsis : Doug et Griff sont amis d’enfance et partagent depuis toujours un rêve un peu fou : réaliser leur propre remake de leur film préféré, le cultissime ANACONDA. En pleine crise de la quarantaine, ils décident enfin de se lancer, et se retrouvent à tourner en plein cœur de l’Amazonie. Mais le rêve vire rapidement au cauchemar lorsqu’un véritable anaconda géant fait son apparition et transforme leur plateau déjà chaotique en un véritable piège mortel. Le film qu’ils meurent d’envie de faire ? Va être vraiment mortel…

CE N’EST PAS CE QUE VOUS CROYEZ !

NOTRE AVIS SUR ANACONDA

Sur le fil le dernier jour de l’année, Anaconda a rejoint le cercle des flops de l’année 2025. Semi-flop au box office où le film (en cours de carrière) ne semble pas parti pour faire des étincelles, et total flop artistique où la déception est à la hauteur des maigres attentes que l’on pouvait avoir. « Maigres » car on se doutait bien qu’il y avait glissade sur pellicule. Sony n’a pas souhaité montrer le film en amont à la presse et c’est généralement un signal assez clair indiquant une catastrophe en perspective. Pourtant, on y a cru un peu à ce comeback de la franchise Anaconda, près de 30 ans après l’original de Luis Llosa sorti en 1997. On y a cru car le film n’était pas annoncé comme un remake, ni comme un reboot, mais comme une proposition originale. Et ça, le distributeur a bien insisté dessus, probablement pour essayer de parer aux boulets rouges qui risquaient de pleuvoir de la part de spectateurs désarçonnés. « CE FILM N’EST PAS UN REBOOT – mais une comédie originale inspirée de la franchise culte Anaconda » peut-on lire sur le site officiel de Sony Pictures. En majuscule dans le texte. Mais le message est-il vraiment passé ?

Un groupe de copains d’enfance fans du cultissime Anaconda avec J-Lo, Ice Cube et Jon Voigt, se lance dans un projet de reboot autofinancé. Mais au cœur de la jungle amazonienne, la réalité va vite imiter leur scénario quand ils seront à leur tour traqués par un gigantesque anaconda…

A l’heure où les studios hollywoodiens passent leur temps à recycler leurs vieilleries en capitalisant sur leurs marques ou sur la nostalgie qui les entoure, il faut saluer la démarche de cet Anaconda 2025 qui a le mérite de proposer autre chose qu’un simple remake paresseux ou un reboot foireux… Fan de la pop culture des années 90 (comme l’a prouvé son savoureux Un Talent en Or Massif avec Nicolas Cage), Tom Gormican a imaginé un script qui glorifie le vintage Anaconda de Llosa en s’amusant avec ses fondamentaux : la jungle, un bateau, un groupe, un anaconda redoutable. Sauf qu’au lieu de prendre la série B originelle au sérieux pour faire dans la redite modernisée, le cinéaste tourne autour de son culte actuel pour signer une comédie d’aventure voulue déjantée. Dit autrement, Anaconda est donc une « comédie autour du film Anaconda » et non un film qui chercherait un moyen ingénieux de refaire Anaconda sans en avoir l’air. Problème, d’ordinaire on serait les premiers à applaudir une telle tentative d’originalité mais là… on ne peut que bouffer notre frustration d’atterrir si loin du concept de base.

L’idée de départ était bonne, l’entame est même plutôt bonne… Et puis le train déraille. Alors que le film se perd à la fois dans son intrigue première qui traîne trop la patte, et dans ses intrigues parallèles hyper mal gérées et racontées (notamment une foireuse histoire de trafic d’animaux exotiques), Anaconda s’applique vraiment à marquer sa différence. Instant confession, on doit avouer que même si le film était marketé « comédie originale » avec de gros warning rouges pour éviter toute méprise, on s’attendait quand même à retrouver un peu de l’essence d’Anaconda. C’est peut-être bête mais c’est comme ça. Quand tu ressors Anaconda des tréfonds du cinéma des 90’s, que tu vends un film avec un gros serpent prédateur où « la réalité vient imiter la fiction », bah forcément tu ne peux t’empêcher d’attendre un truc qui n’était clairement pas ce qui était prévu par les auteurs. Et c’est là que le bât re-blesse. En mettant de côté la frustration d’avoir un déluge de comédie balourde et zéro gramme de frissons anacondesques, reste que le produit livré par Gormican interroge quant à ses intentions. Pastiche du premier, comédie débridée, parodie de film d’aventure, reboot déguisé, le but d’Anaconda 2025 est difficilement lisible car du haut de son déséquilibre, on a la sensation d’assister à un mariage raté entre plusieurs directions, comme si les différentes parties n’avaient pas toutes envie de cette union.

On aura beau nous marteler que c’est une « comédie originale », certains signaux semblent perturber le message comme si derrière ce bordel cacophonique, se cachait une volonté de reboot original non assumé et complètement raté. A vouloir jouer sur plusieurs tableaux, Anaconda perd toutes ses parties. Côté aventure à frissons, on ne tremble jamais d’une molaire. Logique en même temps puisqu’il ne se revendique pas de la série B de monstre. Mais côté comédie, ce qu’il clame être en revanche, le film de Tom Gormican est poussif et médiocre. À se demander si quelqu’un avait une vague idée de ce qu’il foutait sur ce délire en roue libre, qui s’autodétruit à chaque seconde et ferait presque passer l’amusant nanar original pour un chef-d’œuvre du cinéma. C’est ballot mais pour une fois, on aurait bien voulu un peu moins d’originalité et un peu plus de reboot fonctionnel. Traduction, on aurait bien troqué quelques blagues merdiques contre un peu plus d’anaconda flippant. Traduction encore, mieux valait peut-être un reboot conventionnel plutôt qu’une réinterprétation aussi désastreuse qui n’a d’intéressant que……. mince, on n’a même pas la fin de cette phrase. C’est dire.

 

Par Nicolas Rieux

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