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28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS de Nia DaCosta : la critique du film

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Spectateurs

Nom : 28 Years Later: The Bone Temple
Mère : Nia DaCosta
Date de naissance : 14 janvier 2026
Type : sortie en salles
Nationalité : USA, Angleterre
Taille : 1h50 / Poids : NC
Genre : Epouvante

Livret de Famille : Ralph FiennesAlfie WilliamsJack O’Connell

Signes particuliers : Pas plus convaincant que son prédécesseur.

Synopsis : Dans ce nouveau volet de la saga, le docteur Kelson noue une relation aussi troublante qu’inattendue dont les répercussions sont susceptibles de bouleverser notre monde. De l’autre côté, la rencontre entre Spike et Jimmy Crystal tourne au cauchemar. Dans LE TEMPLE DES MORTS, ce ne sont plus les infectés qui représentent la plus grande menace pour la survie de l’espèce humaine – c’est l’absence d’humanité des rescapés qui se révèle être le danger le plus terrifiant…

L’HOMME QUI MURMURAIT À L’OREILLE DES ZOMBIES

NOTRE AVIS SUR 28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS

Après son grand retour l’an passé avec le 28 ans plus tard signé Danny Boyle, la saga zombiesque des 28… entamée en 2002 avec 28 Jours plus tard poursuit sa route. Chapitre 2 d’une nouvelle trilogie, Le Temple des Morts voit la réalisatrice Nia DaCosta (le Candyman de 2020) prendre la relève de Boyle pour l’épisode « du milieu ». Un chapitre dont l’histoire se concentre cette fois sur les personnages (précédemment vus ou entrevus) du Dr Ian Kelson (Raph Fiennes), du jeune Spike (le fiston de Jodie Comer et Aaron Taylor-Johnson) et de Jimmy (Jack O’Connell), ce gosse dont le prêtre de père se faisait bouffer dans son église il y a 28 ans dans l’introduction du précédent. Tout ce beau monde se croise et interagit dans une sorte de puzzle de protagonistes dont on peut d’ores et déjà parier qu’il y aura « réunion » dans le prochain (avec les retours possibles d’Aaron Taylor-Johnson ou Cillian Murphy).
On était ressorti un peu déçu du grand comeback de la saga l’an passé où Danny Boyle avait tordu le cou aux attentes d’un spectacle zombiesque épique par un public encore marqué par le souvenir de ce plan final de 28 Semaines plus tard et ses zombies devant la Tour Eiffel annonciateur d’une pandémie mondiale. Le cinéaste avait le choix d’un film plus intimiste sur une toute petite poignée de personnages isolés sur une île au large de l’Angleterre. Entre l’intermittente mollesse du film, son penchant pour les délires théologico-mystiques et une réalisation rétro-modernement punk assez pénible, 28 ans plus tard chapitre 1 fonctionnait mal ou guère.
Pour ceux qui attendaient de ce chapitre 2 un film différent, plus excité et spectaculaire, vous pouvez vous fourrer un doigt dans l’œil jusqu’à la clavicule. Le Temple des Morts prolonge la direction entreprise par Danny Boyle et se refuse à être un gros machin globalisant à la World War Z. On reste dans une veine intimiste, avec toujours peu de personnages et toujours aussi peu de lieux différents. Comme un cauchemar insulaire claustrophobique dans un grand enfer à ciel ouvert. La crainte d’un nouveau film semi-intéressant et semi-soporifique à l’image de son prédécesseur devient bien réelle dès le début. Heureusement, Nia DaCosta expurge les délires artistico-punks mal-aimables de Danny Boyle (qui usait et abusait d’effets vidéo, vision nocturne ou plans mystico-symboliques). La réalisatrice calme le jeu avec une mise en scène plus sobre, plus classique, et pour le coup plus agréable à regarder, avec quand même quelques rares séquences épisodiques assez splendides. En revanche, le reste des défauts du premier est toujours là, de l’écriture surchargée en existentialo-mysticisme d’Alex Garland à une bande originale ostentatoire (déroulant une playlist Spotify vintage) en passant par des personnages qui peinent à être vraiment intéressants. Dire qu’on s’en fout un peu de ce qui nous est raconté n’est pas complètement vrai… mais pas complètement faux non plus. D’autant que le film patine dans un espèce de faux rythme permanent, tantôt péniblement verbeux tantôt un poil plus nerveux, mais sans jamais que le mariage soit très adroit. Cela dit, il l’est toujours un peu plus que sur l’opus précédent. Par à-coups intermittents, Le Temple des Morts donne l’impression générale d’être un poil plus palpitant, un poil plus consistant narrativement aussi, même si l’on ne peut s’empêcher de se demander si tout ce que l’on a vu jusqu’à présent valait vraiment deux films (au lieu d’un plus intense et condensé). À plus forte raison quand on a la sensation de voir un épisode serialisé puisant autant dans les codes de la série télé que dans l’héritage de Romero (Le Jour des Morts-Vivants notamment). En bref, c’est pas mauvais, c’est pas passionnant non plus, il y a du bon comme du raté, des inspirations mais aussi des passages à la lisière du ridicule, beaucoup de recyclage (l’idée que dans un chaos post-apocalyptique, l’homme est une plus grande menace que les zombies eux-mêmes) et quelques pistes un brin nouvelles (la quête d’un espoir de remède par la rééducation)… Mais tout ça est fondu dans un gloubi-boulga trop étiré.

 

Par Nicolas Rieux

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