Nom : Die my love
Mère : Lynne Ramsay
Date de naissance : 29 avril 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : USA
Taille : 1h58 / Poids : NC
Genre : Drame
Livret de Famille : Jennifer Lawrence, Robert Pattinson, Lakeith Stanfield, Sissy Spacek, Nick Nolte…
Signes particuliers : Rebutant au départ, fascinant au long cours.
Synopsis : Grace et Jackson fuient New York et décident de fonder une famille dans l’immensité sauvage du Montana. Mais quand leur fils naît, lasse et en proie à une solitude grandissante, Grace sent sa réalité lui échapper. Peu à peu, elle perd pied, fragilisée par une maternité qu’elle affronte presque seule.
JENNIFER LAWRENCE EN PLEINE DÉPRESSION
NOTRE AVIS SUR DIE MY LOVE
Une réalisatrice rare et respectée, deux stars hollywoodiennes qui se mettent en danger dans des rôles difficiles… Die my love avait tout pour casser la baraque à Cannes l’an passé. Il n’en fut rien. Le nouveau long-métrage de la réalisatrice Lynne Ramsay (We need to talk about Kevin, A Beautiful Day) est non seulement reparti bredouille de la Croisette mais on a même eu l’impression qu’il a traversé l’édition cannoise sans la marquer, ne serait-ce qu’un peu.
Porté par un duo glamoureux composé de Jennifer Lawrence et Robert Pattinson, Die My Love raconte l’histoire de Grace et Jackson, un couple qui a fui le stress de la ville pour s’installer dans la campagne du Montana. Mais quand leur enfant naît, Grace a du mal à affronter la monotonie du quotidien et sa solitude. Peu à peu, elle perd pied et Jackson assiste, impuissant, à sa bascule et son déclin psychologique.

Jennifer Lawrence s’ennuie, Jennifer Lawrence tourne en rond, Jennifer Lawrence marche à quatre pattes dans la maison, dans le jardin, dans le pré, une fois, deux fois, trois fois, quatre fois. Puis Jennifer Lawrence déambule à poil, se tripote (plusieurs fois), bois des bières, parfois directement assise dans le frigo, elle écoute de la musique trop fort, elle imite le chien, saccage des trucs, veut forniquer tout le temps… Die My Love, c’est Jennifer Lawrence qui fait des trucs qui n’ont pas toujours trop de sens… car son personnage glisse progressivement vers une folie érigée sur une forme de dépression post partum. Dans un premier temps, l’expérience d’un déclin psychologique scrutée par Lynne Ramsay a tout pour agacer. On a l’impression que Die My Love est un film mal-aimable qui doit avoir conscience de l’être puisqu’il s’applique à tout faire pour l’afficher à chaque seconde. Mais progressivement, de cet redondance ennuyeuse, de ce désordre, de cette étrangeté malaisante, jaillit une énigme, celle d’un film qui parvient à être aussi fascinant d’un côté qu’il est crispant de l’autre. Et au final, à mesure que les intentions se dessinent, l’œuvre de Ramsay prend son sens : filmer une fragilisation lente, un écroulement intime par petites étapes. Oui Die My Love est assez désagréable avec son tunnel de scènes de vie qui se répètent, oui il peut même se montrer expérimentalement éprouvant quand il fricote avec le dérangeant en illustrant les pensées parfois morbides qui assaillent cette jeune mère en perdition. Mais ces partis pris assez radicaux sont indissociables du sujet qu’il traite, et c’est justement parce qu’il le traite avec une frontalité expurgée de toute dramaturgie artificielle que le drame de Lynne Ramsay atteint une justesse désespérée.
Portait quasi autistique d’une prisonnière d’un mal-être qu’elle n’arrive pas à expliquer, et d’un mari qui ne sait pas ou plus quoi faire, cette adaptation du roman éponyme d’Ariana Harwicz tente de capter l’essence du roman. Lynne Ramsay n’en reprend pas le procédé d’écriture du long monologue mais avec son 4/3 resserrant le cadre jusqu’à l’étouffement, son minimalisme ascète, son quasi huis-clos dans et autour de la maison, son utilisation du son amplifiant les bruits ou ce regard étouffant autocentré sur Grace, Die My Love épouse un sentiment d’asphyxie dur et douloureux pour immerger viscéralement dans la dérive anxiogène d’une psychologie qui faillit. Pour incarner ces sensations arides, Jennifer Lawrence livre une performance impressionnante (probablement sa plus difficile depuis le Mother ! d’Aronofsky).
Par Nicolas Rieux

