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THEY WILL KILL YOU de Kirill Sokolov : la critique du film

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Nom : They Will Kill You
Père : Kirill Sokolov
Date de naissance : 25 mars 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : USA
Taille : 1h35 / Poids : NC
Genre : Action, Horreur

Livret de Famille : Zazie BeetzTom FeltonHeather Graham, Patricia Arquette…

Signes particuliers : Jouissif dans l’idée, fatigant dans la pratique.

Synopsis : Dans THEY WILL KILL YOU, une jeune femme doit survivre toute une nuit au Virgil, le repaire mystérieux d’une secte démoniaque qui se révèle rapidement être un piège mortel. Les adeptes, eux, comptent bien faire de la malheureuse leur prochaine offrande… Une comédie d’horreur et d’action explosive.

UNE NUIT EN ENFER

NOTRE AVIS SUR THEY WILL KILL YOU

Remarqué après deux longs-métrages en Russie (dont un second –Why you just don’t die– qui s’était offert un petit tour des festivals internationaux), le réalisateur Kirill Sokolov traverse l’Atlantique direction Hollywood où il signe son premier film américain, produit au passage par le talentueux Andy Muschietti (Mama, Ça, Bienvenue à Derry). Emmené par une Zazie Beetz (Deadpool 2) sexy et badass et comptant au casting quelques noms connus allant de Patricia Arquette à Tom Felton (Drago Malefoy d’Harry Potter) en passant par la trop rare Heather Graham, They Will Kill You veut jouer la carte du croisement entre le film d’horreur déjanté et gore et l’actioner sur-effréné à consonance comique.

A sa sortie de prison, Asia déboule dans un mystérieux hôtel à la recherche de sa petite sœur dont elle a perdu la trace. Elle ne sait pas encore qu’elle vient de mettre les pieds dans un repère de satanistes désireux d’offrir sa personne en sacrifice au diable.

Une nuit à tenir, des bastons homériques à une contre douze, et des litrons d’hémoglobine qui giclent dans tous les sens. They Will Kill You promettait un spectacle gore 100% fun et décomplexé, comme si Une Nuit en Enfer rencontrait John Wick avec une bonne dose d’Evil Dead par-dessus et un postulat piquant à gogo chez le voisin Wedding Nightmare. De quoi changer un peu à l’heure d’une soft-horror désespérément aseptisée. Du gentillet qui tâche pas trop, très peu pour un Sokolov qui lorgne plutôt en direction des bisseries grindhouse bien dégueu où le poids des viscères étalés n’a d’égal que les hectolitres de sang jaillissant. Et la blague a failli marcher. Entre une mise en scène sur-stylisée façon clip hardcore, des combats ultra-chorégraphiés à la violence hyper trash et un délire sanglant amusément quasi cartoonesque (coucou Evil Dead), They Will be Blood fait tout pour assurer sa promesse de série B jouissive et fendarde. Le problème, c’est que comme le dit l’adage, le trop est l’ennemi du bien. Et They Will Kill You va l’apprendre à ses dépends.

Sokolov veut tellement en faire, tellement en mettre, tellement aller loin dans le délire débridé à prendre au huitième degré, que si son film paraissait cool et sympa au départ, il finit par en devenir épuisant d’insistance et de nanarderie tartinée à la truelle de maçon. Et alors que l’affaire se délite copieusement, They Will Kill You voit toutes ses bonnes idées se retourner contre lui. Son gore de cartoon finit par devenir grotesque, son histoire s’embourbe dans un foireux risible à base de mythologie sataniste et de Lucifer à tête de cochon, son idée des méchants immortels devient rébarbatif… Car le principal souci du film, c’est que passé 45 minutes où il a tout montré de ce qu’il avait à montrer, il n’a d’autre choix que de répéter encore et encore les mêmes choses. Comme cette histoire de secte justement, dont les membres immortels reviennent à la vie inlassablement. Notre pauvre héroïne passe 1h30 à affronter les mêmes personnes, en boucle, de la même manière, sans que plus rien n’aide le film à avancer. Condamné dans sa boucle temporelle façon Un Jour Sans Fin version grand guignol, They Will Kill You finit par ennuyer car ses bastons injectées de gore bourrin est son seul argument. Et il s’épuise à la longue. Il serait peut-être temps de comprendre une bonne fois pour toutes, que le « fun décomplexé », ça ne suffit pas pour faire un bon film.

 

 

Par Nicolas Rieux

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