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RECONNU COUPABLE de Timur Bekmanbetov : la critique du film

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Nom : Mercy
Père : Timur Bekmanbetov
Date de naissance : 28 janvier 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : USA
Taille : 1h41 / Poids : NC
Genre : Thriller, Action

Livret de Famille : Chris PrattRebecca FergusonAnnabelle Wallis

Signes particuliers : Et sinon, pourquoi ça n’a pas atterri sur une plateforme, déjà ?

Synopsis : Dans un futur proche, un détective est accusé du meurtre de sa femme. Jugé par une intelligence artificielle ultra-performante, qu’il a lui-même contribué à mettre en place, il n’a que 90 minutes pour prouver son innocence… avant qu’elle ne scelle son sort.

CHRIS PRATT FACE À LA JUSTICE… VIRTUELLE

NOTRE AVIS SUR RECONNU COUPABLE

Tremblez braves gens, Timur Bekmanbetov is back. Le co-empereur du gros nanar qui tâche, en partage de trône avec Paul WS Anderson, sévit de nouveau après une série de méfaits mémorables dont certains pourraient être considérés comme des crimes contre le cinéma (au choix, Wanted avec Angelina Jolie, l’improbable Abraham Lincoln Chasseur de Vampires ou son grotesque remake de Ben-Hur en 2016). Avec Reconnu Coupable, produit par Amazon MGM Studios, le cinéaste plonge Chris Pratt en plein cauchemar SF.

Dans un futur proche, la ville de Los Angeles a réglé son compte à l’explosion de la criminalité en développant un système judiciaire basé sur l’intelligence artificielle. Les accusés de crimes graves dont la culpabilité ne fait guère de doute, sont jugés de manière express en 1h30 par une juge virtuelle. Et ce sont désormais à eux de prouver leur innocence et non plus au système de prouver leur culpabilité. Détective qui a contribué activement aux débuts de ce nouveau mode de justice craint par les truands, Chris Raven se retrouve un jour sur la chaise de l’accusé. Coincé dans son antichambre en attendant que l’IA statue sur son sort, il a 90 minutes pour lui prouver qu’il n’est pas coupable du meurtre de son épouse, retrouvée assassinée à leur domicile.

L’essentiel de l’action de Reconnu Coupable se passe par écrans interposés. Le héros, incarné par un Chris Pratt immobile car cloué sur sa chaîne de tribunal virtuel, tente de résoudre l’enquête en fouillant dans des dossiers, en regardant des caméras de surveillance, en écoutant des enregistrements et en appelant à l’aide à distance des collègues sur le terrain. Huis clos entièrement sur des écrans et Amazon Studios, le principe appelle immédiatement un très mauvais souvenir pas si lointain, le pitoyable La Guerre des Mondes de Rich Lee avec Ice Cube, sorti sur Prime Video l’an passé, et à n’en pas douter le pire navet de l’année 2025. Navet qui avait été justement produit par… Timur Bekmanbetov ! Voilà comment on retombe sur nos pattes. En même temps, le bonhomme a développé une réelle passion pour le sous-genre du film d’écrans (parfois appelé « screenlife ») puisqu’il était également producteur des Unfriended, de Missing… Mais peut-être qu’il en avait marre de laisser les autres faire mumuse à sa place, alors cette fois-ci, le voilà lui-même aux commandes du concept. Il y avait de quoi être raidi d’effroi avant même de commencer la séance.

Dans un premier temps, on se dit finalement que « c’est pas si pire ». Probablement parce qu’on redoutait le pire et que l’entame paraît plus fréquentable qu’escompté. Bekmanbetov mouline La Guerre des Mondes, Minority Report, Présumé Innocent et tous ces films où un homme est accusé d’un crime qu’il pense ne pas avoir commis. À l’arrivée, le cinéaste en sort un thriller policier de série B qui a au moins pour lui, d’afficher une certaine efficacité bisseuse qui tient plus ou moins en haleine. L’effet fonctionne un temps mais finit par se déliter quand Bekmanbetov dérive de son pitch de départ (ce flic respecté a t-il assassiné son ex-femme ou non ?) pour partir dans une intrigue complotiste emberlificotée et extrêmement tirée par les cheveux. S’il s’en était tenu au minimalisme de son postulat de départ en jouant sur l’ambiguïté de son personnage et le suspens, Reconnu Coupable aurait peut-être fonctionné en tant que film concept simple et efficace. Mais le film se perd dans une écriture tricotant une direction foireuse et pour le coup foirée. Dommage. Au moins, la première moitié n’est pas désagréable, même si de manière générale, Reconnu Coupable regroupe tous les codes de ce que l’on appelle communément un « film de plateforme ». On comprend mal la stratégie de le sortir en salles tant son potentiel paraît faible, malgré le nom de Chris Pratt apposé sur l’affiche, et malgré sa micro résonance actuelle à l’heure de l’avènement de l’IA et de la justice expéditive. Sujet dont il s’empare d’ailleurs avec un propos très flou, pour ne pas dire tendancieux. Si Bekmanbetov semble critiquer le danger des dérives de l’IA sans contrôle humain, son film donne l’impression de justifier le principe de la surveillance étatique absolue avec son héros qui doit son seul salut à sa possibilité d’accéder à toutes les données personnelles de tout le monde pour résoudre son enquête. Sur la forme, c’est pas terrible, sur le fond c’est assez suspect… Ça fait beaucoup.

 

Par Nicolas Rieux

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