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THE BRIDE ! de Maggie Gyllenhaal : la critique du film

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Nom : The Bride!
Mère : Maggie Gyllenhaal
Date de naissance : 04 mars 2026
Type : Sortie en salle
Nationalité : USA
Taille : 2h07 / Poids : NC
Genre : Fantastique, Drame

Livret de Famille : Jessie BuckleyChristian BaleJake Gyllenhaal, Penélope Cruz, Peter Saarsgard, Annette Benning…

Signes particuliers : Une relecture féministe qui fascine avant l’overdose.

Synopsis : Rongé par la solitude, « Frank » se rend à Chicago dans les années 1930 et demande au Dr. Euphronious, scientifique visionnaire, de lui créer une compagne. Ensemble, ils ressuscitent une jeune femme assassinée, et la fiancée prend vie ! Mais la suite des événements dépasse tout ce que qu’ils auraient pu imaginer : meurtres, possessions, et un couple hors-la-loi qui se retrouve au centre d’un mouvement social radical et débridé, et d’une histoire d’amour passionnelle et tumultueuse !

PLACE À LA FEMME

NOTRE AVIS SUR THE BRIDE !

Après Frankenstein, place à sa fiancée. Les deux films ne sont liés que par un simple timing hasardeux, mais la coïncidence est amusante. Quelques mois après le Frankenstein de Guillermo del Toro sur Netflix, l’actrice-réalisatrice Maggie Gyllenhaal signe The Bride ! pour le compte de la Warner Bros, un conte fantastico-tragique centré sur la fameuse fiancée de la créature mythique de Mary Shelley. Celle-là même qui avait donné lieu au classique de James Whale en 1935 (La Fiancée de Frankenstein) même si elle n’y apparaissait guère finalement. Celle-là même que Mary Shelley avait évoqué dans son roman alors que la créature de Frankenstein souffrait d’une telle solitude qu’il avait réclamé à son créateur d’avoir une compagne, sans que ce dernier n’aille au bout du projet, conscient qu’il risquait de générer une lignée monstrueuse.

Dans The Bride !, le monstre de Frankenstein se rend dans le Chicago dans les années 1930 pour y quémander l’aide d’une scientifique visionnaire. Souffrant d’une affreuse solitude depuis une centaine d’année, il rêve d’avoir une compagne, une… fiancée. Ensemble, ils vont ressusciter une femme récemment assassinée par la pègre.

L’idée de produire un remake moderne de La Fiancée de Frankenstein est une arlésienne qui dure depuis plus de 35 ans. De Martin Scorsese à Sam Raimi, de David Koepp à Bill Condon, les noms se sont succédés au fil des tentatives. Idem pour le rôle-titre où ont défilé Angelina Jolie, Gal Gadot, Scarlett Johansson… Tout s’est accéléré en 2023 avec le choix de Maggie Gyllenhaal et le soutien de Netflix. Sauf que la plateforme a lâché l’affaire, préférant miser sur le Frankenstein de Del Toro. Le projet aurait pu couler une fois de plus… Mais c’est là que la Warner l’a repris en main, invitant Jessie Buckley et Christian Bale à incarner les visages monstrueux de ce remake, tandis que Penélope Cruz, Annette Benning et Peter Sarsgaard étoffent les seconds rôles.

Ce n’est pas un hasard si le film se fait enfin aujourd’hui, pas plus que la manière dont il s’est fait sous l’impulsion de Maggie Gyllenhaal. Après le passage tumultueux de la tempête #Metoo et la libération de la parole des femmes, les films dits féministes sont devenus plus faciles à monter car ils épousent l’air du temps et les questionnements societaux du moment. Et féministe, The Bride ! l’est. Très fort. Trop fort peut-être, dans le sens où son propos (notamment sur le consentement) est sur-assené avec la délicatesse d’un marteau-piqueur en rut. Maggie Gyllenhaal signe un film qui hurle son engagement sans grande finesse, sans jamais chercher à le diffuser subtilement dans les pores de son récit. The Bride ! en devient finalement assez épuisant tant la marche de son propos est aussi écrasant qu’une armée de bottes claquant le bitume. Un ressenti d’autant plus subi par la longueur -trop imposante- du film. C’est l’autre gros défaut de ce second long-métrage de la néo-réalisatrice (après The Lost Daughter). The Bride ! s’étale sur un peu plus de deux heures, sauf qu’il n’a pas la consistance pour cela. Au bout d’un moment, on sent que narrativement l’histoire et l’exercice tournent en rond. Et là où il aurait fallu couper et réduire pour resté percutant, Maggie Gyllenhaal étire, répète, et finit par diluer la force de son film dans une redondance assassine qui déploie une forme de lassitude polie précisément là où The Bride ! aurait dû grimper crescendo dans sa puissance tragique et militante.

Néanmoins, The Bride ! ne manque pas d’arguments qu’il défend avec honneur et surtout sur la foi d’une proposition à sa manière radicale, propulsant le spectateur dans une sorte de cacophonie fracassante. Maggie Gyllenhaal signe une fable cousant à l’agrafeuse le récit horrifique, le polar noir, le film de gangster, le mélodrame romanesque et même le musical. Et ce patchwork quelque peu balancé entre une forme d’exubérance baroque et pop et une dimension gothico-tragique viscérale et très émotionnelle, mène à une œuvre parfois un peu fourre-tout mais également seduisante et bourrée de forts partis pris de mise de scène titillant l’outrance ou le fantastique punk.

Porté par une Jessie Buckley (encore une fois) exceptionnelle qui répond au talent de Christian Bale, The Bride ! est proche d’un Joker : folie à deux, mais lorgne aussi du côté de Bonnie & Clyde voire de Tueurs Nés et d’autres (comme le lynchien Sailor et Lula). Le résultat passe par différents états, tour à tour intriguant, fiévreux, grisant, pesant, indigeste, excessif… En somme, une œuvre inspirée mais en demi-teinte.

 

Par Nicolas Rieux

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