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PLUS FORTS QUE LE DIABLE de Graham Guit : la critique du film

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Nom : Plus forts que le diable
Père : Graham Guit
Date de naissance : 24 mars 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : France
Taille : 1h24 / Poids : NC
Genre : Comédie, Thriller

Livret de Famille : Melvil PoupaudAsia ArgentoMarine Vacth, Harpo Guit, Nayel Perez Biscayart…

Signes particuliers : Jouissif et décapant !

Synopsis : Valentin, un homme paumé et fauché, retrouve son fils Joseph après vingt ans d’absence et le précipite, lui et sa femme Alice, dans un chaos total. Avec JP, Mila et Gigi, le diable n’a qu’à bien se tenir…

ATTENTION ÇA VA SAIGNER !

NOTRE AVIS SUR PLUS FORTS QUE LE DIABLE

Il y a des films avec des univers si marqués qu’ils en viennent à jouer le jeu dangereux du quitte ou double. Traduction, si l’on entre dans leur délire, tout se passe bien, mais si l’on reste à la porte complètement hermétique à la proposition, attention les dégâts. Nul doute que Plus forts que le diable fera partie de ces œuvres intensément clivantes. Car dans le genre ofni barré, le film de Graham Guit se pose là. À la fois satire mordante, thriller hardboiled, polar violent et comédie noire perchée sur un nuage sans limites apparentes, Plus fort que le diable est une vraie curiosité lunaire qui joue une partition hybride en quête d’expression d’un plaisir jubilatoire.

L’histoire papillonne entre plusieurs personnages dont les trajectoires vont s’entrechoquer pour finir dans un chaos général. Il y a d’abord Valentin (Melvil Poupaud), un looser qui vit dans une caravane miteuse. Il y a ensuite son fils Joseph (Harpo Guit) qu’il retrouve après des années sans s’être vus, la très jolie petite-amie de ce dernier (Marine Vacth) qui va attirer bien des convoitises, et enfin des connaissances de Valentin (Nayel Perez Biscayart, Asia Argento) qui vont l’entraîner dans une virée frénétique sur fond de trafic de jeunes femmes.

Si l’on devait tenter de définir le film de Graham Guit avec des références qui parleraient au plus grand nombre, on pourrait dire que Plus forts que le diable est un joyeux mélange lorgnant du côté de Roger Avary, de Quentin Tarantino, des frères Coen, du Danny Boyle de Petits Meurtres entre Amis et des comédies françaises ou belges déglinguées façon le Rebelles d’Allan Mauduit ou les films d’Olivier Van Hoofstadt (Dikkenek, Lucky). Avec le concours d’un étonnant casting XXL, Graham Guit nous pousse les deux mains en avant dans le récit d’une poignée de jours débridés où l’ubuesque rieur va s’entremêler avec une violence dès plus brutale.

Avec ses allures de tambouille bordélique et biscornue remuant tout et n’importe quoi dans un magma aussi bouillant qu’informe, Plus forts que le diable avait tout pour sombrer du côté des pires navets mal fagotés. Allez savoir pourquoi, mais perché en équilibre précaire sur sa casse-gueule ligne de crête, Graham Guit réussit à tirer de tout ça un film follement amusant. À condition bien sûr de pas trop se poser de questions, de ne pas trop gratter dans les recoins pour en dénicher les maladresses, et d’accepter que le film est avant tout une sorte d’expérience chaotique qui part dans tous les sens avec comme métronome directionnel, l’envie de divertir au son d’une mélodie grinçante.

Avec ses dialogues truculents, ses situations rocambolesco-ubuesques, sa galerie de protagonistes peuplée de pieds nickelés hauts en couleur, son humour pétaradant et sa mise en scène survitaminée, Plus forts que le diable est un peu comme ce vieux tonton débraillé qu’on aime bien car il est marrant, sans filtre, un peu dingue sur les bords et qu’il détonne dans les réunions familiales. Série B irrévérencieuse flirtant franchement avec le genre (on parle quand même d’un trafic de femmes enlevées pour être web-torturées devant un panel de pervers façon Hostel), le film de Graham Guit se savoure comme une bizarrerie déjantée et trash, épicée par une bonne dose de second degré et boostée par une brochette de désaxés tous formidablement campés, d’un Melvil Poupaud qui régale en crado égoïste à un Nayel Perez Biscayart amusant en naïf stupide, en passant par une Marine Vacth badass et une Asia Argento géniale en matrone gangster. Et au final, un vrai délire rigolard et jouissif.

 

Par Nicolas Rieux

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