Mondociné

LOL 2.0 de Lisa Azuelos : la critique du film

Partagez cet article

Nom : LOL 2.0
Mère : Lisa Azuelos
Date de naissance : 11 février 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : France
Taille : 1h45 / Poids : NC
Genre : Comédie

Livret de Famille : Sophie MarceauThaïs AlessandrinVincent Elbaz, Victor Belmondo, Françoise Fabian, Alexandre Astier…

Signes particuliers : La cata de l’année.

Synopsis : Anne profite enfin de sa liberté après le départ de ses enfants. Mais tout bascule quand sa fille Louise, revient vivre chez elle après un échec professionnel et sentimental. Et comme une surprise n’arrive jamais seule, son fils Théo lui annonce qu’elle va devenir grand-mère ! Entre chocs générationnels, rêves en mutation et nouveaux élans amoureux… Anne comprend que la vie ne suit jamais tout à fait le plan prévu, et qu’à tout âge, on continue toujours d’apprendre à grandir.

Notre tête pendant la séance

DE LOL A OSEF 

NOTRE AVIS SUR LOL 2.0

Quel souvenir garde t-on du LOL de Lisa Azuelos dix-sept après sa sortie ? Le souvenir d’un petit vent de fraîcheur, le souvenir d’un joli film plutôt drôle, plutôt juste aussi, une sorte de La Boum modernisé parlant des ados de son temps, des relations mères-filles, des joies et des crises de la vie familiale. Passé un piteux remake américain volontairement oublié (LOL USA en 2012), on avait rangé LOL dans le bac des chouettes souvenirs de passage. Mais voilà, alors que sa carrière patine (les très mauvais I Love America et La Chambre des Merveilles), Lisa Azuelos a décidé de ressortir son hit du placard pour lui donner une suite actualisée. Malheureusement, LOL 2.0 n’est pas La Boum 2 et le 2.0 annonciateur d’une nouvelle modernité est vite balayé par une effroyable ringardise. C’est fou comme les choses évoluent vite…

Le temps a passé, les enfants ont quitté le nid et Anne (Sophie Marceau) peut enfin jouir de son célibat. Jusqu’à ce que Louise, 23 ans désormais, revienne chez maman à la suite d’une rupture. Fin de la tranquillité. Cerise sur le gâteau, Anne apprend qu’elle va être grand-mère par son fils Théo. Le coup de vieux et brutal et elle a bien du mal à l’accepter.

Sur le papier, un delta de 17 ans est largement suffisant pour pouvoir raconter de nouvelles choses en gardant l’esprit de l’original. Nouvelle phase de vie, nouveaux problèmes, la saga Bridget Jones le fait depuis plus de vingt ans, et on sent que c’est clairement ce qu’ambitionne de reproduire Lisa Azuelos. Sauf que si les idées sont là en substance, elles sont bien seules. L’exécution, elle, est une catastrophe. Et LOL 2.0 est d’ores et déjà assuré de concourir au titre de plus mauvais film de l’année.

Refaire sa vie à 50 ans, comment séduire encore, les enfants qui partent puis qui reviennent en courant au moindre accroc, la peur de vieillir, le choc de passer de maman à mamie… Lisa Azuelos cerne plutôt bien les angoisses de la femme cinquantenaire. Pareil du côté de la jeunesse, construire sa vie, hésiter par peur de l’échec, trouver la bonne personne, accourir au foyer de l’enfance pour trouver du réconfort quand la pente se raidit, dire adieu à sa part d’insouciance pour grandir… Sur le papier, LOL 2.0 avait les idées. En même temps, c’est pas bien compliqué, ce sont les mêmes qui ont alimenté une demi-tonne de films avant lui. Lisa Azuelos les compile et les projette dans ses personnages à elle. Sauf que de l’intention à la formulation, il y a un gap. C’est tout le problème d’un enfant de 6 ans qui voudrait construire une fusée avec des rouleaux de PQ. LOL 2.0 veut croquer un portrait moderne des parents et des enfants d’aujourd’hui mais le film de Lisa Azuelos se crashe contre un mur avec la violence d’une Formule 1 lancée à 300 km/h. Sur la forme, LOL 2.0 est une interminable souffrance. On ne pensait pas que la réalisatrice pouvait faire pire que son I Love America, la réponse est si. Invraisemblable navet plus embarrassant qu’autre chose pour toutes les personnes qui y ont participé, sûrement avec sincérité, LOL 2.0 relève de ce genre de films dont il est impossible de trouver un bon point pour faire bonne figure. À l’école, on disait qu’on avait eu 1/20 pour l’encre. Au cinéma, ça marche aussi pour la pellicule ?

Si l’on prend les choses par étage… Un film, c’est un scénario. Lisa Azuelos avait les idées à mettre dedans mais elle les insère dans un script tellement rempli de clichés lourdingues et de ficelles grotesques qu’on en viendrait presque à se demander si l’écriture n’aurait pas été déléguée à ChatGPT. En même temps, il n’y aurait que l’IA pour écrire des dialogues aussi bêtes avec un tel sérieux pseudo-philosophique. Ou Lisa Azuelos, qui pense pouvoir nous pondre le nouveau « la vie c’est comme une boîte de chocolat » de 2026. Ensuite, un film c’est un casting. Mais entre ceux qui ne savent pas jouer (on ne citera pas de noms mais Thaïs Alessandrin… oups), ceux qui jouent mal (la majorité des seconds rôles) et ceux qui sont effroyablement dirigés (Sophie Marceau en tête, les autres ensuite), c’est quand même compliqué. Puis un film c’est une réalisation avec des intentions artistiques. Et alors là… Entre un arsenal de grigris pop-cool-Instagram complètement has been, une mise en scène de Telenovelas ou de sitcom AB Productions, une bande originale qui déroule toute la playlist Spotify de son autrice (on ne compte pas la durée du film en minutes mais en nombre de chansons) et des métaphores plus lourdes que les blagues de Jean-Marie Bigard (le coup des images de volcans en éruption pour souligner l’ébullition intérieure d’un personnage… au secours), LOL 2.0 est un festival de choix et goûts douteux ou ridicules.

Avec LOL 2.0, on nage en pleine débâcle surréaliste. Tout fait fabriqué, caricatural, artificiel, tout est bête et naïf, tout est à côté de la plaque et profondément anti-moderne. Sur la jeunesse, on sent le regard d’une quinqua qui pense avoir « capté le truc » mais qui a vingt ans de retard sur ce qu’elle filme. Sur le temps qui passe et l’âge qui avance, tout n’est que redite ampoulée. Rien ne fonctionne, ni le charme, ni l’émotion, ni le côté « lol » car pour le coup, on est plus dans une gêne ultime que dans la franche rigolade universelle. On se dirait bien « faisons comme si on n’avait rien vu et oublions ça » mais le traumatisme cinéphilique risque de hanter pendant un moment… en espérant qu’il n’y ait pas de séquelles (pour le film comme pour nous).

 

Par Nicolas Rieux

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Close
Première visite ?
Retrouvez Mondocine sur les réseaux sociaux