Nom : La Femme De
Père : David Roux
Date de naissance : 08 avril 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : France
Taille : 1h33 / Poids : NC
Genre : Drame
Livret de Famille : Mélanie Thierry, Eric Caravaca, Arnaud Valois, Jérémie Renier…
Signes particuliers : Un drame chabrolien dans la haute bourgeoisie française.
Synopsis : Voilà Marianne aujourd’hui : femme d’un riche industriel, enviée et admirée, épouse modèle et mère de famille dévouée. Elle va avoir 40 ans et le confort de la vaste demeure familiale a lentement refermé sur elle son piège impitoyable. Prisonnière d’un inextricable réseau d’obligations sociales, familiales et conjugales, complice de son propre effacement, elle a, sans même s’en apercevoir, renoncé à elle-même. Alors, quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Une autre vie serait-elle possible ? Et à quel prix ?
JENNIFER LAWRENCE EN PLEINE DÉPRESSION
NOTRE AVIS SUR LA FEMME DE
L’ordre des médecins n’est donc plus l’unique long-métrage du réalisateur David Roux. Sept ans après, le réalisateur signe enfin son second film. La Femme de nous plonge dans l’univers de la Haute Bourgeoisie à travers le portrait de Marianne, « la femme de » l’aîné des Casella, une riche famille française. Les années ont passé depuis qu’elle a épousé Antoine et sans s’en rendre compte, le piège de cette aristocratie toxique s’est refermé sur elle, écrasant ses rêves, sa liberté, sa vie. Désormais, Marianne est prisonnière de ses obligations, sociales, familiales, conjugales.

Il se dégage des réminiscences de Chabrol dans ce portrait anxiogène de la Haute Bourgeoisie que dresse assez finement David Roux. Le cinéaste ne cherche pas les grands renversements narratifs artificiels. La Femme de est juste le tableau clinique d’une femme coincée dans la vie qu’elle a embrassée il y a longtemps sans en mesurer les conséquences. Désormais, il paraît trop tard pour s’en extirper et c’est terrible car chaque jour semble la rapprocher d’une noyade inéluctable, les pieds lestés par les codes et les conventions de ce monde. En silence, Marianne a capitulé et fait le choix de la résilience car c’est ainsi que font les femmes dans ce milieu catho-conservateur dans lequel elles n’ont qu’une place accessoire. L’espoir fugace d’une autre vie possible paraît trop maigre face au poids d’un mélange de tension sourde et d’amère mélancolie déprimante.
Dénué de péripéties, le film n’a qu’un seul enjeu, se demander jusqu’où tout cela tiendra avant de mal finir. Et curieusement, cela suffit à le rendre passionnant. Probablement car la minutie et la subtilité de cette fenêtre ouverte sur un monde très éloigné du nôtre, suffit à le rendre fascinant. Probablement car la tristesse profondément ancrée de cette « femme de » nous émeut. Très réussi et porté par une excellente (comme toujours) Mélanie Thierry, La Femme de captive grâce à son intensité dramatique… à défaut de marquer. Car le seul accroc, c’est qu’en définitive, cette sorte de Peau d’âne moderne avec une princesse qui rêve de fuir son royaume, ne mène finalement pas à grand-chose qui dépasserait son seul sujet replié sur lui-même. Fort heureusement, il est si bien traité que ça lui convient, et à nous aussi.
Par Nicolas Rieux

