
Nom : Cong 21 Shi Ji an Quan Che Li
Père : Li Yang
Date de naissance : 14 février 2026
Type : sortie Blu-ray / DVD
Nationalité : Chine
Taille : 1h38 / Poids : NC
Genre : SF, Comédie, Aventure
Livret de Famille : Ruoyun Zhang, Yang Song, Manzi Zhuyan…
Signes particuliers : Un délire complètement dingue, imprévisible et fun !
Synopsis : En 1999, trois adolescents découvrent qu’un simple éternuement leur permet de voyager dans le temps. Propulsés dans une aventure hors du temps, ils se retrouvent chargés d’une mission capitale : sauver le monde.
UN VOYAGE DANS LE TEMPS PAS COMME LES AUTRES
NOTRE AVIS SUR ESCAPE FROM THE 21th CENTURY
Si vous êtes amateur de films perchés sur la colline du frappadingue, on ne peut que vous conseiller de jeter un œil au chinois Escape from the 21st Century, délire pop qui réinvente un peu le concept du voyage dans le temps. Signé Li Yang, le film s’amuse de l’incroyable aventure de trois copains qui, à la suite d’une bagarre, tombent dans un liquide chimique inconnu. Passée cette mésaventure, le trio se rend compte qu’un simple éternuement les propulse désormais 20 ans dans le futur. En découvrant ce qu’ils deviendront, ils vont vouloir changer certaines choses…

Comme quoi il ne faut pas se fier au « made in China » ! À cheval entre plein de choses dont la science-fiction, la comédie, le film d’action et le teen movie, Escape from the 21st Century est une boule d’énergie visuelle et narrative qui pope dans les tous les sens comme un bol de céréales aspergé de lait. Sorte de croisement entre Scott Pilgrim, Everything Everywhere All at Once et le cinéma d’Edgar Wright, le film de Li Yang est une douce folie dont on se délecte pour son humour picaresque, son ton débridé, sa frénésie survitaminée et ses expérimentations visuelles permanentes.
Li Yang booste son histoire à l’amusante absurdité par un gigantesque mashup d’effets pop qui partent dans les sens comme un feu d’artifices de délires visuels : emprunt au manga, emprunt au jeu vidéo, transitions clippées, passages en animation, jeu de couleurs, jeu de montage, ralentis, emballement frénétique superposant des images-collages… On pourrait croire que le cinéaste se la joue p’tit malin surexcité qui envoie de la poudre de perlimpinpin pour masquer la vacuité d’une coquille boursouflée par une approche geek tonitruante, mais pas du tout. Au contraire. L’épatante liberté formelle faussement foutraque de Escape from the 21st Century est un formidable écrin effervescent dans lequel Li Yang coule à la fois un spectacle fantastiquement prenant et un regard pertinent sur une jeunesse tiraillée entre l’innocence de l’enfance et la formation d’une maturité d’adulte. Des qualités qui viennent harmoniser ce qui aurait pu ressembler à un chaos artistique, mais qui vire finalement au coup de génie survolté d’une grande maîtrise et épaisseur.

Lancé sur un rythme minuté à 24 idées / seconde, Li Yang signe un film génial dont on ne peut que tomber éperdument amoureux et ce même s’il est harassant tel un passage dans un machine à laver réglée sur cycle essorage intensif. Parce qu’au final, sa folie artistique bouillonnante n’est pas seule contre tous. Elle sert une histoire que le cinéaste sait rendre palpitante, drôle, émouvante aussi. Elle sert des personnages qui existent intensément, physiquement et psychologiquement.
Escape from 21st Century prouve que non, le cinéma n’est pas mort. Certains audacieux fourmillent d’idées pour bousculer ce qui se fait, pour créer, inventer, essayer, et Li Yang est de ceux-là. Débarquant en furie tel un lapin sous poppers avec l’envie d’avoir envie comme dirait Johnny, le jeune cinéaste chinois livre une proposition qui plaira ou rebutera. C’est selon les affinités de chacun et on peut le comprendre tant le résultat prend des allures de vertige barré à la vivacité radicale. Mais bordel, ça fait du bien de voir des mecs qui osent comme ça !

LE BLU-RAY DE ESCAPE FROM THE 21th CENTURY
Techniquement excellente, la galette Blu-ray éditée par Blaq Out fait des étincelles en restituant toute la richesse formelle du film de Li Yang. La très grande palette des couleurs est là, les intentions colorimétriques ou artistes aussi, idem pour le piqué, les changements de formats selon les scènes ont été préservés. L’image est parfaitement étalonnée, contrastée, et soutenue par la pleine puissance d’un 5.1 dynamique et remarquablement spatialisé, respectueux de la richesse sonore qui accompagne la richesse visuelle. On est dans un éblouissement permanent. Côté bonus, rien précisément sur le film malheureusement mais Blaq Out propose Lee’s Adventure, un précédent court métrage de Li Yang (2009, 20 min) dans lequel un gamer doit gagner une partie pour voyager dans le temps et retrouver son ex-copine avant qu’ils ne soient séparés. Idéal pour en découvrir un peu plus sur l’univers nerd du cinéaste.
Par Nicolas Rieux
