Nom : We Bury the Dead
Père : Zak Hilditch
Date de naissance : Prochainement
Type : Sortie indéterminée
Nationalité : USA
Taille : 1h34 / Poids : NC
Genre : Drame, Epouvante
Livret de Famille : Daisy Ridley, Brenton Thwaites, Mark Coles Smith…
Signes particuliers : Plus drame que film d’horreur.
Synopsis : Après la disparition de son mari à la suite d’une expérience militaire, Ava rejoint une unité censée retrouver le corps de son mari. Ava est alors horrifiée de constater que les cadavres commencent à montrer plus de signes de vie qu’ils ne le devraient…
TRAGÉDIE ZOMBIESQUE
NOTRE AVIS SUR WE BURY THE DEAD
Retraitée de Star Wars depuis 2019 (avant un retour programmé dans SW10), Daisy Ridley essaie non sans mal de se construire une carrière post-sabre laser. Mais si certains ont pu lui donner l’occasion de briller (La Vie Rêvée de Miss Fran), les bons ou grands rôles peinent à arriver. Celui d’Awa Newman dans We Bury The Dead n’en sera pas un non plus mais en revanche, il lui donne à son tour l’opportunité de démontrer son talent dramatique. Car tout film de genre qu’il est sur le papier, le long-métrage de l’australien Zak Hilditch évolue sur un fil qui l’éloigne du simple cauchemar zombiesque comme on en a vu mille fois.
L’histoire nous téléporte sur l’île de Tasmanie où les Etats-Unis ont foiré une expérience militaire, décimant intégralement toute vie humaine. Awa s’engage comme bénévole pour aller apporter son aide dans la récupération des corps et l’identification des victimes, cachant à tous son véritable but : retrouver la dépouille de son mari qui se trouvait sur l’île au moment de la catastrophe. Sur place, elle et les autres découvrent que certains « morts » se réveillent inexplicablement.

Dans son scénario comme dans son ton, We Bury The Dead a le mérite de proposer autre chose qu’un sempiternel film d’horreur à base de zombies affamés de chair humaine. À mi chemin entre le drame et l’épouvante, et pour sûr bien plus proche du premier que du second, le film de Zak Hilditch s’impose comme une tragédie davantage portée sur la mélancolie d’un deuil que sur les violentes séquences d’action sanglantes. Ce parti pris risquera d’en déstabiliser plus d’un, notamment ceux qui en attendaient un survival horrifique trépidant avec des morts-vivants coursant frénétiquement des bien-vivants la gueule détruite et la bave ensanglantée aux lèvres. We Bury the Dead n’est pas un récit de survie. Pas plus qu’il n’est un film d’horreur. Le film de Zak Hilditch est avant toute chose un drame existentiel sur la difficulté à faire son deuil quand la mort est brutale et que l’on n’a pas eu le temps de régler certaines choses avec le défunt. Les « pas complètement morts » du film opèrent plus comme une métaphore des limbes de cet entre-deux où l’on doit dire adieu mais où l’on n’en a pas terminé avec l’histoire commune, où certaines choses doivent être dites ou faites pour que le deuil soit vraiment complet.
Voyage émotionnel plus qu’odyssée spectaculaire, We Bury the Dead déporte le genre du film de zombies vers d’autres terres d’expression, plus humaines, plus tangibles, plus philosophiques aussi. Sublimé par une mise en scène gracieuse et émotionnellement viscérale, une photo somptueuse et une interprétation vibrante de Daisy Ridley, cette tragédie semi-horrifique séduit par son originalité. Pour vraiment bien faire, il y aurait juste fallu un peu plus de mordant, de rythme et d’équilibre dans l’écriture (à l’image du personnage du sidekick incarné par Brenton Thwaites assez mal écrit et utilisé).
Par Wilfried Rennahan
