
Nom : Send Help
Père : Sam Raimi
Date de naissance : 11 février 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : USA
Taille : 1h54 / Poids : 40 M$
Genre : Thriller, Comédie, Aventure, Epouvante
Livret de Famille : Rachel McAdams, Dylan O’Brien, Edyll Ismail…
Signes particuliers : Le film qui va vous apprendre à vous méfier de Véro de la compta.
Synopsis : Seuls rescapés d’un accident d’avion, Linda Liddle et Bradley Preston se retrouvent à présent coincés sur une île déserte. Pour ces deux collègues que tout oppose, l’heure est venue de surmonter les griefs du passé et de travailler ensemble pour tenter de s’en sortir. Sauf qu’en fin de compte la bataille pour la survie devient une épreuve de force, inquiétante et cruellement drôle, où chacun veut jouer au plus fin…

SAM RAIMI REVIENT À SES PREMIERS AMOURS
NOTRE AVIS SUR SEND HELP
Après deux gros blockbusters où son talent était dilué dans un cahier des charges très lourd (Le Fantastique Monde d’Oz puis Doctor Strange 2), Sam Raimi revient enfin à ses vrais amours, la comédie horrifique. Un retour au genre pour le maître de l’horreur qui n’y avait plus touché (au cinéma du moins) depuis son excellent Jusqu’en enfer en… 2009. Dix-sept ans déjà !
Pure série B de genre, Send Help s’amuse du crash d’un avion dans lequel voyageaient la direction d’une très grande compagnie internationale. L’ironie veut que les deux seuls survivants qui vont échouer sur une île déserte soient une employée mal fagotée et son connard de nouveau patron. Sauf que Linda Liddle a de réelles compétences en matière de survie en milieu hostile. Merci la télé-réalité Survivor qu’elle regarde assidûment avec son plateau repas et son perroquet domestique. Tout l’inverse de Bradley Preston, son boss qui la méprise, mais qui va vite comprendre qu’elle est sa seule chance de s’en sortir. Et c’est parti pour un savoureux duel entre une Rachel McAdams négligée mais courageuse et un Dylan O’Brien arrogant et insupportable.

Avec Send Help, Sam Rami signe un thriller survivaliste qui navigue entre le film d’aventure, la comédie noire, l’anti-romcom et l’horreur. Deux personnages, une île perdue, il n’en fallait pas plus au père d’Evil Dead pour nous régaler avec une bisserie savoureusement fun sur la forme et plutôt intelligente sur le fond avec ce qu’elle dit de nos sociétés capitalistes où règne une loi du plus fort qui du jour au lendemain peut se renverser si les rapports de force s’inversent. En soi, Send Help peut même être lu comme une fable sur la révolte du prolétariat opprimé par des puissants patrons déconnectés de toute humanité bienveillante et n’exerçant leur petit pouvoir qu’à travers un cynisme écrasant et humiliant.
Mais qu’on se le dise, Sam Raimi n’oublie pas la dimension plaisir au-delà de la satire sociale. Passée une entame exposant personnages et contexte, Send Help vire à l’affrontement sans limites où tous les coups sont permis, surtout ceux assenés par un Sam Raimi en mode doux-dingue qui croise Six Jours, Sept Nuits et Misery. Le cinéaste se montre particulièrement habile pour conjuguer des éléments surprenants. Send Help est autant capable de scènes hilarantes à la lisière du grotesque, que de plans bien horrifiques rappelant qui est son auteur. Et pour lier tout ça, le cinéaste propose un vrai film de studio mais dynamité par une impertinence jouissive et un sadisme satirique plus corrosif qu’une giclée d’ammoniaque.

Emmené par un excellent couple Rachel McAdams & Dylan O’Brien, Send Help importe une grosse dose de déjanté dans le film d’aventure, et traite à la soude les déviances de nos sociétés toxiques. Le combo est brillant et le film l’aurait été encore plus sans quelques longueurs et redondances qui en ralentissent un peu le rythme, la fluidité et l’attention. Ca et s’il avait été encore plus cruel et hardcore. Mais n’oublions pas que Sam Raimi est toujours dans l’écosystème Disney (distributeur) et fort à parier que cela influe un peu sur un résultat qui semble, par moments, jouer sa partition avec une main posée sur le frein à main… juste au cas où.
Par Nicolas Rieux
