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ALTER EGO de Nicolas & Bruno : la critique du film

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Nom : Alter Ego
Pères : Nicolas Charlet, Bruno Lavaine
Date de naissance : 04 mars 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : France
Taille : 1h44 / Poids : NC
Genre : Comédie

Livret de Famille : Laurent LafitteBlanche GardinOlga Kurylenko

Signes particuliers : Aussi mauvais que le premier était bon.

Synopsis : Alex a un problème : son nouveau voisin est son sosie parfait. Avec des cheveux. Un double en mieux, qui va totalement bouleverser son existence.

LAURENT LAFITTE VOIT DOUBLE

NOTRE AVIS SUR ALTER EGO

Quentin Dupieux commencerait-il à faire des émules ? C’est ce que pourraient se dire les peu ou moins familiers du style du tandem Nicolas & Bruno, artistes bourlingueurs qui ont fait énormément de choses diverses et variées à la télé comme au cinéma depuis les années 90. De leur esprit décalé et bouillonnant, le duo a fait germer Alter Ego, leur quatrième long-métrage. Une comédie absurde dont l’idée tient dans un postulat ubuesque semblable à ceux labéllisés « Dupieux ».

Un beau matin, Alex se découvre un problème de taille. Un nouveau voisin vient d’emménager dans la maison d’à côté. Jusque-là, rien de très surprenant. Sauf que ledit nouveau voisin est son sosie parfait mais en mieux. Déjà, il a des beaux cheveux et non une demi-calvitie pourrie comme lui. Et puis il est cool, sympa, à l’aise en tout… Le genre de mec énervant de perfection. L’ennui, c’est qu’il n’y a qu’Alex qui voit cette ressemblance physique frappante. Ni sa femme, ni son fils, ni personne autour, ne remarque l’anomalie.

À n’en pas douter, Quentin Dupieux se serait régalé d’un tel postulat narratif loufoque. Le truc avec Dupieux, c’est que ses films sont généralement courts, autour d’une petite et quart. Nicolas & Bruno, eux, font le pari d’une comédie de 1h45. C’est généreux, mais encore faut-il les tenir sans que tout s’affaisse à mi-parcours… comme c’est devenu souvent le cas chez Dupieux justement. Mission réussie ? Oui et non. Disons que dans l’ensemble, Nicolas & Bruno trouvent assez de relances et d’astuces narratives pour que leur Alter Ego tienne la route et ne souffre pas trop d’une poussivité narrative extrême. Fable comique sur la crise de la quarantaine, le délire fonctionne plutôt bien, même s’il n’échappe pas aux turpitudes de longueurs et de redondances ici et là. Néanmoins, le film est plutôt plaisant et habile.

Alter Ego joue clairement la carte de la bizarrerie. Par son pitch loufoque bien sûr, par le jeu excessif de Laurent Lafitte ensuite, et par des choix formels qui peuvent être perçus comme des indices. Notamment cette image volontairement floue sur les bords et sur-exposée au milieu. Alter Ego est-il une hallucination, une rêverie ? Le choix est laissé à chacun mais il colle avec le propos, le film observant un homme dont les complexes enfouis explosent au grand jour dans un basculement vers une folie désormais incontrôlable. Plus le voisin est parfait, plus Alex se sent médiocre. Plus il se sent médiocre, plus il a envie de bouffer ce voisin trop parfait en lui affichant un mépris hilarant.

Boosté par le show d’un double Laurent Lafitte bien épaulé côté seconds rôles (Monsieur Fraize, Blanche Gardin, Olga Kurylenko ou une Zabou Breitman… moustachue), Alter Ego amuse de loin le temps d’en appréhender l’humour piquant, puis fait rire franchement quand il rentre dans le lard de son postulat barré, avant un épilogue aux allures de bouquet final irrévérencieux. Le souci principal est plus dans le milieu du film où l’on a la sensation que l’on dérive vers un côté « saynètes qui s’enchaînent plus ou moins adroitement », avec un rire plus intermittent car payant l’effet de redondance de l’ensemble.

 

Par Nicolas Rieux

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