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GOOD LUCK, HAVE FUN, DON’T DIE de Gore Verbinski : la critique du film

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Nom : Good Luck Have Fun Don’t Die
Pères : Gore Verbinski
Date de naissance : 15 avril 2026
Type : sortie en salle
Nationalité : USA
Taille : 2h15 / Poids : NC
Genre : Comédie, Science-fiction

Livret de Famille : Sam RockwellJuno TempleHaley Lu Richardson, Michael Peña, Zazie Beetz..

Signes particuliers : Si Terminator avait été une comédie…

Synopsis : Un soir, dans un resto minable de Los Angeles, un homme étrange et débraillé débarque avec un détonateur à la main et affirme venir du futur. Ce serait la 117ème fois qu’il remonte le temps pour empêcher l’apocalypse déclenchée par une IA et sauver une humanité lobotomisée par les écrans. Son ultime stratégie : recruter les clients du restaurant pour former une équipe capable de sauver le Monde. Si ce groupe aussi improbable que mal préparé y parvient, alors l’Humanité a peut-être encore une chance… Ou peut-être pas. Qui sait ?

UN VOYAGE (DANS LE TEMPS) SANS FIN

NOTRE AVIS SUR GOOD LUCK, HAVE FUN, DON’T DIE

Si Terminator avait été une comédie réalisée par un ersatz de Terry Gilliam, ç’aurait pu donner Good Luck, Have Fun, Don’t Die. Longtemps habitué aux grosses machines remplies de millions de dollars (les Pirates des Caraïbes notamment), Gore Verbinski s’est fait discret depuis les copieux échecs de Lone Ranger puis A Cure for Life. Avec Good Luck, Have Fun, Don’t Die qu’il a présenté en avant-première à la dernière Berlinale, le cinéaste signe son premier long-métrage depuis huit ans. Coproduction américano-allemande, cette comédie de science-fiction à petit budget (20 millions) portée par un Sam Rockwell entouré de Zazie Beetz, Juno Temple ou encore Michael Peña, reprend à son compte un ressort bien connu de la SF.

De nos jours, un homme bizarre débarque dans un restaurant en clamant venir du futur et chercher de l’aide pour combattre une IA malveillante responsable de l’effondrement de l’humanité dans un avenir proche. Pour empêcher le drame, il veut recruter des volontaires pour régler le problème dans le passé, en l’occurrence notre présent à nous. Se monte alors une petite escouade de semi-crédules pas forcément prêts à jouer les héros.

Et pourquoi pas ? Revisiter le concept de Terminator à la sauce humour selon un mélange d’Un Jour Sans Fin, d’aventure farfelue, d’effets spéciaux et de comédie satirique débridée, l’intrigant pari pouvait marcher. À condition de bien tenir l’équilibre du mariage et de ne léser aucune intention. Et c’est bien le problème. L’ennui avec le film de Gore Verbinski, c’est qu’il souffre d’un désordre narratif qui auto-gâche ses bonnes idées. C’est d’autant plus dommage qu’il y en a un paquet de bonnes idées dans ce Good Luck, Have Fun, Don’t Die. Comme le choix d’un ton pop pour conter une histoire somme toute assez déprimante dans ce qu’elle montre de notre société courant à sa perte. Comme celle d’avoir remanié sur le ton de la comédie SF cette histoire de voyage dans le passé pour corriger le funeste futur de l’humanité qui a payé cher sa course effrénée à la sur-technologie. Comme celle aussi de jouer la carte du mystère quand à la véracité du discours de cette sorte de clodo futuriste débraillé qui déboule dans un resto pour quémander de l’aide afin d’accomplir sa mission en espérant que l’on croit sa loufoque histoire sur parole. Dit-il la vérité ou est-il juste un timbré perché dans sa démence paranoïaque ? Ou enfin, comme ces bonnes idées qui alimentent les flash-backs entrecoupant le récit pour dresser les portraits des protagonistes qui vont se liguer pour suivre cet uluberlu sorti de nulle part. Dans ces flashbacks, Verbinski parle des dangers de l’IA et de la réalité virtuelle ou bien du deuil maternel, et fait preuve tantôt d’émotion ou d’une grande drôlerie. On pense à cette jeune femme dont le petit-copain sombre dans l’addiction à la VR ou cette mère endeuillée à qui l’on propose de cloner son défunt fils… prestation très onéreuse dont le coût peut baisser si l’on accepte que le clone récite quelques placements de produits chaque jour de manière « tout à fait naturelle » bien sûr. Autant de petites idées qui participent à faire de Good Luck, Have Fun, Don’t Die une fable un brin surréaliste à l’humour assez délectable quand elle fricote avec la dénonciation de l’infini et noir cynisme de notre monde actuel.

Malheureusement, le problème est que tout cela s’emboîte finalement assez difficilement dans un récit pas toujours très bien ficelé et qui se perd par moments dans son puzzle dédaleux. Témoin, l’aventure de cette troupe réunie par ce prétendu visiteur du futur qui ne parvient jamais à vraiment nous emporter tant elle est hachée par les allers-retours dans les récits de chaque personnage. Good Luck, Have Fun, Don’t Die souffre des désidératas d’une construction générale aléatoirement maîtrisée. Fort heureusement, ses défauts ne fichent pas tout en l’air. Si l’on en ressort partagé, notamment parce que l’exercice s’essouffle sur la longueur, reste que le délire de Gore Verbinski est une curiosité qui cherche le difficile mariage entre divertissement emballant et intelligence du propos. Et par intermittence, ça fonctionne.

 

Par Nicolas Rieux

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