WALL CINÉ PICTURES n°28 : trois idées de films à voir ou à revoir

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28ème numéro du Wall Ciné Pictures, le rendez-vous « ciné-club » du samedi. Au programme de cette nouvelle escale dans l’histoire du cinéma, deux films de Jack Arnold pour le prix d’un, un classique italien méconnu exhumé et le légendaire Orca.

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note 4.5 -5

TARANTULA & L’HOMME QUI RÉTRÉCIT
De Jack Arnold – 1955 & 1957
Genre : Fantastique – USA
Avec : John Agar, Mara Corday… / Grant Williams, Randy Stuart, Paul Langton…

Synopsis Tarantula : Une tarentule géante, d’origine expérimentale, sème la terreur dans une contrée américaine.

Synopsis L’Homme qui Rétrécit : A la suite d’une contamination radioactive, un homme voit avec effarement son corps diminuer de taille. A tel point qu’il devient la proie d’un chat puis d’une araignée. Courageusement, il part à la découverte de son univers.

Pour les cinéphiles, Jack Arnold, c’est comme un héros de notre enfance. C’était un artisan amoureux de cinéma fantastique, qui savait nous embarquer dans des aventures incroyables, entre frissons et plaisir de l’aventure. Avec lui, on tremblait quand une météorite s’écrasait sur terre (It Came from Outer Space) ou quand une créature bizarroïde sortait de l’eau (L’Etrange Créature du Lagon Noir). Surtout, Jack Arnold avait ce don de s’emparer de récits simples, dont il tirait toujours le meilleur, associant spectacle saisissant et intrigue nettement moins fade que la moyenne des séries B de l’époque, créneau dans lequel il agitait pourtant son délicieux cinéma au charme rétro qui n’a rien perdu de sa superbe. Parmi ses hauts faits d’arme, impossible d’oublier Tarantula et L’Homme qui Rétrécit. Deux trésors de la série B américaine des années 50 que réédite Elephant Films dans un superbe coffret Blu-ray ! A notre gauche donc, Tarantula et ses effets spéciaux impressionnants pour l’époque. Très malin et fort de sa capacité à composer avec les contraintes, Jack Arnold y compensait l’étroitesse de son budget par un travail particulier accordé au déploiement d’une ambiance angoissante. Le résultat est brillant et le film avait su insidieusement capitaliser sur l’atmosphère paranoïaque qui régnait aux Etats-Unis dans un contexte de guerre froide. A noter que Clint Eastwood y fait une brève apparition, l’un des premiers rôles de sa carrière. A droite maintenant, L’Homme qui Rétrécit, souvent considéré comme le meilleur film de Jack Arnold. Encore une fois, l’artisan Arnold fait preuve d’un savoir-faire admirable dans ses trucages. Alors qu’il vient de jouer avec des araignées gigantesques, le cinéaste s’amuse maintenant d’un homme miniaturisé. La peur du nucléaire chère aux années 50 se glisse en thématique de fond, et Arnold en tire un film d’aventure très ludique, toujours trépidant et embelli par une fin d’une intelligence et d’une audace remarquables. Un bijou. Bref, ne manquez pas l’occasion de revoir ces deux classiques toujours aussi formidable grâce au coffret édité par Elephant Films, dans tous les bacs à compter du 11 juillet ! Les deux films en version restaurée y seront accompagnés de présentation de l’inénarrable Jean-Pierre Dionnet et d’un livret collector concocté par Matthieu Rostac (journaliste à  SoFilm).

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VERS UN DESTIN INSOLITE SUR LES FLOTS BLEUS DE L’ÉTÉ
De Lina Wertmüller – 1974 – 1h54
Genre : Drame – Italie
Avec : Giancarlo Giannini, Mariangela Melato, Isa Danieli…

Synopsis : La riche Raffaella invite ses amis à faire une petite croisière sur la mer Méditérranée à bord d’un yacht. Le capitaine du bateau, le communiste Gennarino, n’apprécie que moyennement ses nouveaux hôtes.

C’est un petit « classique méconnu » que nous sort (encore) de son chapeau Carlotta Films. L’expression peut paraître paradoxale mais elle convient très bien à la satire subversive réalisée en 1974 par la cinéaste féministe Lina Wertmüller. Dans le contexte cinématographique de cette Italie des années 70 marquée par un cinéma capable d’être très corrosif (de Pasolini à Dino Risi), Lina Wertmüller va réunir deux personnages que tout oppose (une femme bourgeoise incarnant le capitalisme et un militant communiste représentant les classes populaires), pour livrer une allégorie de la lutte des classes et des sexes. Traversant les genres, de la comédie au survival en passant par la romance ou le drame cruel, Vers un Destin Insolite sur les Flots bleus de l’été est un petit bijou d’audace et d’intelligence. Le genre de film « par qui le scandale arriva » tant Wertmüller a su tordre le cou à bien des conventions à travers une œuvre qui a osé, et pas qu’un peu ! Vers un Destin Insolite sur les Flots bleus de l’été est actuellement à redécouvrir en salles en version restaurée, en attendant son édition Blu-ray et DVD.

 

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ORCA
De Michael Anderson – 1977
Genre : Epouvante – USA
Avec : Richard Harris, Charlotte Rampling, Will Sampson…

Synopsis : Passant outre les conseils de la scientifique Rachel Bedford, le capitaine Nolan décide de tuer un épaulard. Une chasse à mort s’engage…

On connaît la chanson par cœur. Un hit débarque et casse la baraque au box office, les envieux commencent à se dire qu’il faudrait peut-être profiter des braises encore ardentes, et hop, des déclinaisons du succès en question pointent le bout de leur nez à n’en plus finir. Pour un Alien, combien de sous-Alien ont suivi dans les années 80 ? Pour un Halloween, combien de slasher copier-coller ont fleuri ? Le Seigneur des Anneaux a remis au goût du jour l’heroic fantasy, combien de films lui ont emboîté le pas ? Au milieu des années 70, Les Dents de la Mer s’est imposé comme le premier « blockbuster estival » de l’histoire. La mer, un squale, un combat acharné, des spectateurs terrifiés par millions… Il n’en fallait pas plus pour que la Paramount réponde au carton de la Universal. Orca est né. Et pour une fois, la réplique n’allait pas être si mauvaise, loin de là. Si le film aura toujours souffert de son statut d’ersatz du Jaws spielbergien, Orca reste un moment de terreur qui aura marqué bien des enfances cinéphiles. N’allez pas y chercher une quelconque crédibilité, l’histoire n’en a pas, mais le film s’est imposé avec le temps comme un petit must du cinéma de genre, ayant détourné le concept de Moby Dick (ce n’est plus l’homme qui chasse le monstre mais l’inverse). La musique culte de Morricone, l’émotion et l’empathie pour ces orques emblématiques de la cruauté humaine et de la cause animale, et quelques séquences aussi marquantes que spectaculaires ont fait le reste, et Orca peut se revoir aujourd’hui, toujours avec le même plaisir frissonnant.    

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A samedi prochain !

Par Nicolas Rieux

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