WALL CINÉ PICTURES – n°19 : trois idées de films à voir ou à revoir

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19ème numéro du Wall Ciné Pictures, notre rendez-vous « ciné-club » du samedi et ses trois idées de films à voir ou à revoir. Au programme de cette nouvelle escale dans l’histoire du cinéma, un chef-d’oeuvre taïwanais et une fabuleuse réalisation de Paul Newman qui ressortent au cinéma en version restaurée, et un classique à redécouvrir en Blu-ray ultra-collector !

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TAIPEI STORY
De Edward Yang – 1985 – 1h59
Genre : Drame – Taïwan
Avec : Hsiao-Hsien Hou, Su-yun Ko, Tsai Chin…

Synopsis : Lung et Chin se connaissent depuis de nombreuses années. Lui est un ancien joueur de base-ball sans véritable ambition professionnelle ; elle a un poste de secrétaire au sein d’un grand cabinet d’architectes. Le sentiment qu’ils éprouvent l’un pour l’autre est un mélange d’amour et d’affection profonde, aux contours flous. Mais le licenciement brutal de Chin va bientôt fissurer leur couple et compromettre leur projet de vie commune…

Drame sorti il y a plus de 20 ans, Taipei Story est l’un des films emblématiques de la Nouvelle Vague taïwanaise, à l’image de son auteur qui en était l’une des figures de proue. Edward Yang, le regretté réalisateur de Yi Yi (200), signait alors son deuxième long-métrage, et probablement l’un de ses meilleurs. Observant la lente désintégration d’un couple (dont le mari est interprété par le metteur en scène Hou Hsiao Hsien), Taipei Story est un film d’équilibre. Équilibre des tons, équilibre des styles, équilibre des sujets, équilibre du formalisme travaillé et équilibre des temporalités cuinématographiques. Si le sujet tourne autour d’un couple en pleine rupture, le film d’Edward Yang est avant tout une introspection au cœur de la société taïwanaise de l’époque, tiraillée entre le traditionalisme du passé et la volonté d’ouverture vers un futur différent vers lequel elle commençait à s’élancer. L’intime côtoie le politico-social, le grave côtoie le lumineux, le drame côtoie la légèreté, la proximité côtoie l’incommunicabilité et la solitude dans les grandes villes, et l’inspiration de figures anciennes telles qu’Ozu ou Antonioni côtoie un style résolument moderne… Taipei Story est un fondateur du nouveau cinéma taïwanais, et un chef-d’oeuvre à redécouvrir au cinéma en version restaurée 4k dès le 12 avril !

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PHANTOM OF THE PARADISE
De Brian De Palma – 1974 – 1h32
Genre : Drame, Épouvante – USA
Avec : Paul Williams, William Finley, Jessica Harper…

Synopsis : Winslow Leach, jeune compositeur inconnu, tente désespérément de faire connaître l’opéra qu’il a composé. Swan, producteur et patron du label Death Records, est à la recherche de nouveaux talents pour l’inauguration du Paradise, le palais du rock qu’il veut lancer. Il vole la partition de Leach, et le fait enfermer pour trafic de drogue. Brisé, défiguré, ayant perdu sa voix, le malheureux compositeur parvient à s’évader. Il revient hanter le Paradise…

Carlotta poursuit l’enrichissement de sa collection de films cultes réédités dans de somptueux coffrets ultra-collectors (limités et numérotés à 3000 exemplaires). Après The Burbs, Little Big Man ou L’Année du Dragon, c’est au tour de l’un des nombreux chefs-d’oeuvre de Brian De Palma de venir garnir les rangs de la série. Le cinéaste avait déjà été à l’honneur de la collection avec Body Double, premier numéro dans cette splendide saga vidéo pour cinéphiles. Cette fois-ci, c’est son fantasque Phantom of The Paradise qui passe par un lifting total pour une réédition magique à la beauté éclatante. Le film restauré en 2k, une grosse galerie de suppléments exceptionnels et un livre de 160 pages baptisé Dr Brian & Mr De Palma remplissent ce formidable coffret ultra-collector. Le film ? Un bijou tellement fascinant, qu’il supporte aisément les nombreux visionnages sans qu’on ne puisse s’en lasser. Avec Phantom of The Paradise, Brian De Palma revisitait la célèbre histoire du Fantôme de l’Opéra. Mais avec le De Palma sur-créatif des années 70, impossible de tomber face à une œuvre « classique ». Fou, cauchemardesque, rock et baroque, Phantom of The Paradise est un bijou dont le formalisme déviant vient illustrer une métaphore cruelle de l’industrie de la musique carnassière et broyeuse, voire de l’industrie du spectacle en général. Un chef-d’oeuvre unique, navigant entre la comédie, l’horreur et le musical. A redécouvrir dans une splendeur nouvelle, dès le 12 avril prochain.

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DE L’INFLUENCE DES RAYONS GAMMA SUR LE COMPORTEMENT DES MARGUERITES
De Paul Newman – 1973 – 1h40
Genre : Drame – USA
Avec : Joanne Woodward, Nell Potts, Roberta Wallach…

Synopsis : Au XVIIe siècle, dans le petit village de Salem dans le Massachusetts, la servante Abigail Williams se livre à la sorcellerie pour se venger de sa maîtresse Elisabeth Proctor, qui l’a renvoyée à cause de la relation adultérine qu’elle avait avec son époux. Arrêtée, elle prétend être une victime et la cour de justice formée à cette occasion va alors envoyer à la potence toutes les personnes dénoncées comme sorcières par les jeunes filles qu’Abigail a eu le temps de mettre en son pouvoir.

On connaît tous Paul Newman devant la caméra, cet acteur iconique du cinéma américain dont le beau regard bleu aura transpercé les écrans durant des décennies de rêve pour les cinéphiles. Mais l’emblématique « Arnaqueur » de Robert Rossen a eu aussi une carrière derrière la caméra avec un total de 5 longs-métrages à son actif, parmi lesquels L’Affrontement, La Ménagerie de Verre ou ce De L’Influence des rayons Gamma sur le Comportement des Marguerites. Un titre à rallonge pour un petit chef-d’oeuvre, récompensé du prix d’Interprétation à Cannes en 1973 pour sa comédienne Joanne Woodward. Observant le quotidien d’une femme de quarante ans qui élève seule ses deux filles adolescentes, ce drame psychologique tout en sensibilité est tour à tour profondément humain ou effrayant, mais dans tous les cas, follement bouleversant. Le titre singulier est une métaphore de l’influence de cette mère névrosée et cabossée par la vie, sur la construction personnelle de ses filles, qui subissent de plein fouet ce comportement instable. Puissant, passionnant et dévastateur. A redécouvrir dès le 12 avril au cinéma en version restaurée distribuée par Splendor Films.


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A samedi prochain !

Par Nicolas Rieux

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