TRANSFORMERS : L’ÂGE DE L’EXTINCTION de Michael Bay
Critique – Sortie ciné

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note 4.5
Carte d’identité :
Nom : Transformers : Age of Extinction
Père : Michael Bay
Livret de famille : Mark Wahlberg (Cade Yeager), Nicola Peltz (Tessa), Jack Reynor (Shane), Stanley Tucci (Joyce), Bingbing Li (Su Yuerning), Kelsey Grammer (Attinger), Titus Welliver (Savoy), Thomas Lennon (chef de cabinet)…
Date de naissance : 2014
Majorité : 16 juillet 2014 (en salles)
Nationalité : USA, Chine
Taille : 2h45
Poids : Budget 210 M$

Signes particuliers : Visuellement et en terme de générosité épique, Michael Bay avait mis la barre haute avec le troisième opus. La problématique de ce quatrième volet était de trouver un moyen de surpasser son aîné. Michael Bay échoue et semble vraiment avoir fait le tour de sa franchise, L’Age de l’Extinction ne proposant rien de neuf et semblant pédaler dans le vide avec une étrange lassitude, malgré une débauche d’énergie et un rythme soutenu.

 

UN SPECTACLE À LAISSER BOUCHE BAY ?

LA CRITIQUE

Résumé : Cinq ans après les événements mouvementés de « Transformers : La Face cachée de la Lune », un groupe de puissants scientifiques cherchent à repousser, via des Transformers, les limites de la technologie. Au même moment, un père de famille texan, Cade Yeager, découvre un vieux camion qui n’est autre qu’Optimus Prime. Cette découverte va lui de attirer les foudres d’un certain Savoy, dont le but est d’éliminer les Transformers. Pendant ce temps, le combat entre les Autobots et les Décepticons refait surface…366095.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx L’INTRO :

C’est une habitude avec laquelle il s’accommode depuis des lustres, mais le dernier Michael Bay a été très fraîchement reçu par la presse américaine, pour ne pas dire gentiment descendu. Problème, cette fois-ci, même les fans de la première heure semblent s’élever contre le dernier opus de la saga Transformers baptisé L’Âge de l’Extinction. Des voix critiques qui n’ont pas empêché le film de réaliser un démarrage record, 100 millions de dollars en trois jours au box office américain et déjà plus de 412 millions dans le monde en moins d’une semaine. Pour ce nouveau chapitre débarquant trois ans après le dernier La Face Cachée de la Lune et situant son action cinq ans après l’apocalypse de chicagoane, le cinéaste tente de relancer la saga avec un changement de casting et des idées neuves étoffant son univers des robots géants. Ainsi, de nouveaux méchants et des dinosaures de fer arrivent, Mark Walhberg remplace Shia Labeouf en tête d’affiche, une bimbo en chasse une autre (bienvenue à la sexy Nicola Peltz), de nouvelles sous-intrigues font surface… Pas de changement en revanche, dans la volonté de proposer un grand spectacle pharaonique (2h45 quand même), nanti de moyens colossaux (210 M$ de budget), toujours filmé avec une 3D native étudiée et techniquement soignée (sur ce point, personne ne pourra critiquer le californien), et pas de changement non plus à l’écriture avec toujours l’énervant Ehren Kruger au scénario (les 3 derniers volets de la franchise, mais aussi les faiblards Scream 3, Le Talisman, le remake US de Le Cercle et sa suite…).transformers

L’AVIS :

S’il se heurtait à de très nombreux défauts, notamment dans ses excès d’ambitions et de générosité finissant par devenir une sorte de faiblesse structurelle jouant contre lui, reste qu’il faut bien avouer que question « énorme spectacle épique et visuellement hallucinant », Transformers 3 avait placé la barre très très haute. Peut-être trop haute justement, son successeur se retrouvant confronté à l’épineuse problématique de « comment faire encore mieux, encore plus fort, encore plus impressionnant ? ». Une équation insoluble avec laquelle malheureusement Michael Bay n’aura pas su se dépêtrer. Transformers 4 marque une régression dans une franchise jusque-là en constante évolution sur ce point. On se demande même si le cinéaste aura vraiment essayé, tant L’Age de l’Extinction affiche une forme de paresse, même si elle reste une paresse version Michael Bay. Comprenez par là que le spectacle proposé a la main sur le cœur et que le réalisateur ne lésine pas sur les effets spéciaux, la débauche pyrotechnique, les scènes d’action dantesque, le tout dans un blockbuster pop corn over-productif adossé à une philosophie du « vous en aurez pour votre argent ». Transformers 4 est une fois de plus la générosité incarnée, ultra-dynamique au début, au milieu et à la fin, sans cesse, toujours, sans baisse de régime, le pied constamment appuyé sur la pédale de l’accélérateur. C’est justement une des choses qu’on lui reproche. Michael Bay dit « la lessiveuse cinématographique » est certes généreux et déverse un caisson d’action incessant qui sur le papier, n’est pas pour nous déplaire dans la mesure où l’on sait ce que l’on vient chercher, mais cette fois-ci, il peine à exciter le spectateur, à l’asseoir sur son fauteuil bouche bée.Transformers-Age-of-Extinction-Grimlock

S’il se veut une fois de plus magnanime envers son public, reste que le cinéaste ne trouve pas le moyen de surpasser son opus précédent. En terme de spectacle épique, Transformers 4 est un cran en-dessous de la débauche du troisième volet, toujours aussi remuant et abondant mais avec une forme de faiblesse affichée et inéluctable qui se déploie dans toutes pores du film. Faiblesse narrative d’abord, avec un nouvel effort lancé en roues libres sur l’autoroute du spectacle hollywoodien avec une monotonie dans son rythme furieux qui finit par agacer par son absence de changement de rapports de vitesse, englué dans un esprit Fast and Furious rapidement lassant. Faiblesse également des ressorts et enjeux dramatiques, qui ne proposent rien de nouveau, reproduisant au fond la même mécanique que ses aînés dans une intrigue encore plus bordélique. Faiblesse visuelle également, avec une incapacité à se transcender au-delà des limites de son propre acceptable. La normalité aurait voulu que Transformers 4 soit suffisant en terme d’entertainment bourrin mais encore une fois, le spectre du troisième volet rode et fait passer ce nouvel opus pour un très long-métrage plus poussif, plus « classique », moins virtuose, se contentant de recycler ce que les trois autres ont déjà montré sans trouver de nouvelles voies et idées formelles pour les surclasser, plongeant également dans une sorte de décalcomanie du dernier Avengers, qui déjà lui-même pillait passablement la saga des Autobots. Le chat qui se mord la queue. Michael Bay semble avoir fait le tour de son sujet et si la trilogie formée jusque-là plaisait ou ne plaisait pas selon les goûts, elle avait le mérite de former un tout relativement cohérent auprès duquel ce quatrième volet fait office de vilain petit canard aux allures de « film de trop ».003566.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Et puis il y a toutes ces petites choses qui agacent dans un film partant dans tous les sens, péloche incontrôlable et d’ailleurs incontrôlée, aux oripeaux de gros blockbuster foutraque et confus. Des créatures aliens empruntés au pire des Men in Black, des dinosaures robotisés venus de nulle part, une vague histoire de conspiration gouvernementale foireuse, une avalanche de nouveaux robots, d’autres « anciens » ressortis du placard, des tenants et aboutissants dont on finit par se désintéresser pour seulement regarder les images qui défilent sans penser… On passera sur l’idiotie générale toujours appuyée mais avec moins de soncd degré qu’auparavant, sur des scènes d’un ridicule que l’on avait plus vu dans le cinéma du bonhomme depuis son piteux Pearl Harbor, sur la bande-originale insupportable et fort mal apposée (les mélodies teenage du groupe Imagine Dragons… sic), sur le casting de seconde zone (Nicola Peltz est une potiche faisant passer Megan Fox pour un monstre de charisme façonnée à la méthode de l’Actor’s Studio, Jack Raynor se la joue ersatz peu glorieux d’un Chris Hemsworth alors que Stanley Tucci cabotine à outrance et ainsi de suite).21062327_2013112917241901.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Par petites touches, grâce à quelques petits moments inspirés, la patte Bay arrive à ressortir et à montrer des choses mais bizarrement, le film est du Bay sans l’être. Comme du Bay fatigué de son propre cinéma et à bout de souffle dans ce qui pourtant le caractérise à l’accoutumée. Sa touchante et naïve vision sublimée de l’Amérique est là, son parfum de fun assumé et décomplexé aussi même s’il est plus faiblement entrepris, quelques séquences d’actioner séduisent, l’humour est présent (quelle autodérision savoureuse quand un passionné de ciné lance que le cinéma d’aujourd’hui ne propose que des suites et remakes débiles)… Mais les scènes virtuoses sont plus rares, moins éblouissantes, l’outrancier caractérisé ne fonctionne plus, le plaisir coupable est moindre et le film au final d’être décevant plus qu’il n’est jubilatoire. Certains amateurs de la franchise Transformers y trouveront néanmoins leur compte malgré un script noyé par la facilité d’ensemble. D’autant que pour le coup, ce quatrième volet toujours aussi divertissant, paraît curieusement moins indigeste et mieux rythmé (c’est simple : à fond tout le temps). C’est déjà ça dans un film globalement « en-dessous » sur de trop nombreux points pour poursuivre une tradition du « encore meilleur qu’avant ». Son vrai problème in fine, est que Transformers : l’Age de l’Extinction n’invente plus rien et lasse. Et ça, c’est le plus grand tort qu’il pouvait se faire.

Bande-annonce :

Par Nicolas Rieux

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