TRAIN (critique – horreur)

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note 1.5
Carte d’identité :
Nom : Train
Père : Gideon Raff
Livret de famille : Thora Birch (Alex), Gideon Emery (Willy), Kavan Reece (Sheldon), Derek Magyar (Todd), Gloria Votsis (Claire), Todd Jensen (Coach), Ivan Barnev (Gregor)…
Date de naissance : 2008
Nationalité : USA
Taille/Poids : 1h34 – Budget NC

Signes particuliers (+) : x

Signes particuliers (-) : Ce train de la bêtise roule sur les rails de la gratuité. Une débilité effarante, crasse et inutile en plus d’être mauvaise.

 

LE TRAIN DE LA CONNERIE

Résumé : Un groupe d’étudiants américains faisant partie d’une équipe universitaire d’athlétisme, se rend en Europe de l’Est. Prenant par erreur le mauvais train pour repartir, il tombe sur des criminels faisant dans le trafic d’organe…

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Le cinéma d’horreur est un genre cyclique qui semble voué à un éternel recommencement perpétuel. Années 70. Le cinéma d’horreur est en pleine effervescence. Une déferlante de films sur les divers sous-genres que regroupe la catégorie « horreur » envahit les écrans. Une tendance qui se perpétue au début des années 80. Mais cette profusion va engendrer inéluctablement un essoufflement et aussi progressivement que rapidement, les films d’horreur vont perdre en qualité. Ils vont devenir souvent de pâles copies de leurs prédécesseurs et la logique du « toujours plus » va prendre place. Toujours plus gore, plus choquant, plus loin. Les films dit « de cannibales » seront l’exemple parfait de cette tendance. Après un excellent Cannibal Holocaust de l’italien Ruggero Deodato, on aura droit à un Cannibal Ferox qui ne cherche qu’à repousser les limites de son illustre prédécesseur. Et ce sera valable pour l’horreur en général, du slasher au film de zombies en passant par le survival etc… C’est dans cette logique que l’on va arriver à des extrêmes comme le film d’horreur mettant en scène des nazis ou les soi-disant « documentaires » compilant des morts réelles ou faussement réelles (Deathshow, Face à la Mort etc…) auxquels l’on adjoint de fumeux commentaires justifiant le côté « étude sociologique » de la chose pour juste rendre la pilule plus supportable si tant est qu’elle ne pouvait l’être.

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Années 90. Scream relance le genre moribond du slasher via un brillant film-hommage apportant fraîcheur et nouveauté dans son mariage en comédie teenage et d’horreur référentielle. Le genre se remet en route et la déferlante va de nouveau s’orchestrer. Et comme dans les 80’s, la culture du « toujours plus loin » va revenir comme un boomerang. Plus de films, plus de nanars copiant à outrance ses prédécesseurs faute d’idées. Et dans les années 2000, vont débarquer les fameux « Torture porn » jouant la carte du hardcore, via successivement la franchise Saw, les Hostel, puis des films comme Martyrs ou A l’Intérieur. Mais comme précédemment, le « toujours plus loin » risque de mettre en péril le genre tout entier en cherchant à le faire perdurer par tous les moyens possibles quitte à tomber dans l’outrancier et le ridiculement abject. Si le premier Saw était brillant d’originalité dans son style et son twist, si les deux premiers volets des Hostel resteront comme les fleurons du sous-genre, si Martyrs apporte une vraie réflexion jointe à son côté trash jusqu’au-boutiste et si A l’Intérieur est un vrai bon film hommage au genre, il semble difficile de contrôler et d’éviter les dérives dénuées de qualité. En l’occurrence, des films qui ne rechercheront que bêtement à copier leurs aînés en poussant au maximum le trash et le gore insoutenable sans la moindre utilité dramatique. La franchise Saw a ouvert la voie dès le second épisode et jusqu’au bout de la saga : plus, toujours plus, au détriment du scénario, lequel deviendra de plus en plus idiot au fil des épisodes. Le troisième volet de Hostel sera également un énième modèle du genre.

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Train semble relever de cette conjoncture. Car à la base, le film de Gideon Raff (auteur d’un obscur The Killing Floor avec cette tête de quiche de Marc Blucas) n’est ni plus ni moins qu’une relecture du brillant Transsiberian de Brad Anderson, en version gore. Thora Birch (American Beauty) au casting, histoire d’avoir un nom au générique et c’est parti pour une virée infernale proche de l’insoutenable à de nombreuses reprises.
Train n’apporte franchement rien de neuf au genre. Le film est avant tout et surtout une boucherie ultra-gore gratuite sans réelle imagination. Le cadre aurait pu être une bonne idée et s’avère d’ailleurs être la seule idée du métrage. Mais après Transsiberian (dans le thriller) voire Midnight Meat Train (pour le métro) même pas !

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Pour certains amateurs peu regardant ou facilement satisfaisables, Train pourra se regarder mais sans laisser un souvenir impérissable et surtout sans faire grandir l’intellect d’un iota. En même temps, ce n’est pas vraiment ce que l’on attend d’un tel film. Mais faut dire que le film est tellement con aussi entre son récit ultra-basique et ses incohérences innombrables… Reste la recette classique : un pays de l’Est peu engageant, du gore à outrance, un peu de cul et hop, emballé c’est pesé ! Ça peut en effet se regarder.. Mais il y a tellement mieux à voir que ça peut se zapper aussi. Le film pompe tellement tout à Hostel qu’autant revoir les films d’Eli Roth. Ils sont bien meilleurs, bine moins débiles et bien moins opportunistes et gratuitement vomitifs.

Bande-annonce :

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