THE DICTATOR (critique)

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Carte d’identité :
Nom : The Dictator
Parents : Larry Charles
Livret de famille : Sasha Baron Cohen (Aladeen), Anna Faris (Zoey), Ben Kingsley (Tamir), Jason Mantzoukas (Nadal), John C. Reilly (l’agent de la CIA), Boby Lee, Megan Fox…
Date de naissance : 2012
Nationalité : États-Unis
Taille/Poids : 1h23 – 65 millions $

Signes particuliers (+) : Hilarant, complétement débile mais complément hilarant.

Signes particuliers (-) : Il requiert juste adhérer à ce type d »humour potache et sans limite.

 

PARODIE GÉOPOLITIQUE

Résumé : La République de Wadiya est dirigée par un dictateur taré, mégalo, tortionnaire et complètement idiot détestant pardessus tout les juifs contre lesquels il développe son rêve, la bombe nucléaire. Devant les pressions de l’ONU, l’Amiral Général Aladeen est contraint de se rendre aux Etats-Unis pour s’y exprimer devant le conseil de sécurité. Mais un traître va lui mettre des bâtons dans les roues en le faisant remplacer par un sosie qui va agir contre ses volontés…

Depuis Borat et ensuite avec Bruno, le comique formé à l’école anglaise Sasha Baron Cohen est agaçant pour certains, fou déjanté et hilarant pour d’autres. Dans tous les cas, ce petit génie de l’humour provocateur et impertinent fait couler pas mal d’encre et parler dans les chaumières. Amuseur notoire fêlé tapant sur pas mal de choses et sur pas mal de monde non sans un certain sens du discours caché au détour d’un humour souvent potache et graveleux, Cohen est un personnage unique, un artiste hors des sentiers battus et qui a fait de l’impertinence, son crédo de travail. Venant sur les plateaux télé en pauvre reporter crétin originaire du Kazakhstan ou en journaliste de mode gay autrichien nostalgique du IIIème Reich, ce personnage hors norme se lance dans une nouvelle aventure, The Dictator, en référence au classique chaplinien. Cette fois-ci, c’est sur les dictateurs célèbres du monde actuel que la missive va taper férocement. Kim-Jong Il, Saddam Hussein, Ahmadinejad, Khadafi… Tous pourront se reconnaître (enfin, ceux encore en vie) dans cette farce extrêmement irrévérencieuse qui pourra en choquer certains ne comprenant pas le second degré brutalement rentre-dedans et comble de l’impertinence mordante à des fins de détournement parodique à se pisser dessus de rire.

Comme pour ses précédents films mis en scène par le même Larry Charles, Sasha Baron Cohen a une nouvelle fois excellé dans l’art de la campagne promotionnelle, prolongeant le délire de son film bien au-delà des salles obscures. Depuis des semaines voire des mois, activement, le comédien s’organise et tisse une toile convergente dont le but est de promouvoir son film par un assemblage de sketches dans le réel, faisant de son Dictateur Aladeen, un personnage existant. S. B. Cohen ne se montre d’ailleurs plus en lui-même mais se fond à 100% dans son film dans la vie pour faire monter la sauce et nous offrir un teaser géant hors des salles obscures. Compte twitter et site officiel de la République de Wadiya régissant aux évènements du monde (sur Sarkozy, sur l’élection de Hollande, sur les humeurs du faux Dictateur, sur sa vie, son passé, apparition sur les plateaux télé ou même à Cannes en général Aladeen, scandales dictatoriaux à l’appui –un peu à la façon dont Gad Elmaleh avait conduit la campagne de son Coco, l’acteur apparaissant d’ailleurs dans le film de Cohen). Ainsi, on apprend nombre de choses construisant ce personnage de fiction en l’ancrant dans la réalité. Et surtout, on se marre de quantité de gags extra-film hilarants, en apprenant comme son vrai titre s’étalant sur quatre lignes de Commandant invincible à Président Démocrate à Vie, sa naissance où il a lui-même coupé son cordon ombilical puis prononcé un discours d’arrivée…

Bref, on se marre, on se marre mais le plus important est la finalité. Et la finalité, c’est ce The Dictator qui sort en salles en plein milieu de ce mois de juin pourri. Alors, si on pouvait se payer une bonne tranche de rigolade, on ne serait pas contre, histoire de sortir un peu de cette torpeur ambiante. En tout cas, les amateurs de Sasha Baron Cohen seront servis. Ses détracteurs risqueront en revanche d’être une fois de plus dépités devant la bêtise des gags, d’un niveau pas plus élevé que ceux du français La Citée de la Peur. Cohen fait dans le même registre de l’humour ultra-con et débile assumé. Blagues potaches, vannes graveleuses efficaces, situations cocasses tordantes, clins d’œil parodiques permanents, The Dictator ne redresse pas le niveau de ses précédentes frasques. Mais franchement, qu’est-ce que c’est drôle ! Malgré un petit ventre mou inhérent à quasiment toutes les comédies, The Dictator est finalement la grosse blague qui tâche attendue et réussie. En s’inspirant des grands dictateurs évoqués, le comique les parodie à outrance avec malice et une ironie sans nom dépassant les bornes et qui risquera, une fois n’est pas coutume, de lui attirer pas mal d’ennemis. D’autant que son général en chef assassin-tortionnaire est attachant au fond tellement il est d’une connerie abyssale. Se basant sur des docu scientifiques pour parler bombe, qui s’avèrent être des cartoons pour ne citer qu’une de ses « particularités mentales », le Général Aladeen est avant tout un sombre enfoiré mais traité avec une telle force de dérision, qu’il en devient attachant pour sa naïveté, sa bêtise et son franc-parler digne de son rang faisant qu’il n’y a aucune barrière entre ce que pense son cerveau et ce que prononce ses cordes vocales. Sur un plan purement comique, The Dictator ne fait pas dans la finesse mais est désopilant, multipliant les missives sur le ton de la parodie lourde et de la caricature sur-appuyée.

Certains  iront faire des documentaires de fond, Sasha Baron Cohen fera des comédies qui tâche mais qui, au détour de ses gags, laisse transpirer du fond, certes basique, mais qui pourtant ne semble pas être compris une bonne fois pour toute, comme cet agent des services secrets devant le protéger sur le sol américain et qui pense que tout ceux qui ne sont pas américain, sont donc arabes ! On pourra bien sûr s’interroger sur le réel fond d’un film venu de l’esprit d’un comique juif orthodoxe et qui, par son histoire et ses personnages, semble défendre une cause avec un certain aveuglement qui pourrait prêter à polémique et une tendance à taper sans recul pour défendre certaines valeurs que l’on perçoit en sous-texte, après analyse (récurrence, tous les personnages de Cohen sont des enfoirés détestant le peuple juif amenant à une réflexion sur le sens politisé de l’humour de l’acteur) mais qu’importe. Ce serait au troisième degré. Et pris au second et au premier, The Dictator est un régal de pastiche à hurler de rire dans lequel viennent s’auto-parodier avec courage, des stars comme Megan Fox, Edward Norton et plein d’autres, directement ou indirectement.

Comédie corrosive et trash au mauvais goût jouissif, The Dictator affiche un culot quand même assez fort, comptant sur la pas trop stupidité des gens pour comprendre le détournement sarcastique. Et au pire, il semble qu’il s’en fout pas mal Cohen. Il nous fait marrer, fait marrer ses fans et son petit dernier est une énormité complètement grotesque et assumée. The Dictator enchaîne les gags faisant mouche la plupart du temps malgré quelques ratés dont on ne lui tiendra pas rigueur au vu du ratio qualité/quantité. Reste juste à aimer ce type de cinéma qui ne vole pas haut dans son abattage humoristique mais qui a un sens de la parodie radicalement efficace et impressionnant. S’il était payé au rire, Cohen serait milliardaire et nous, ruinés. Sa vaste plaisanterie est surtout une vaste connerie se plaisant dans un humour à son image. Et franchement, l’humour débile, dès fois, vous n’aimez pas ça quand même, un peu ? De toute façon, ce qui est bien avec The Dictator, c’est qu’il de voir la bande-annonce pour savoir s’il vous convient. Certaines laisse augurer le meilleur et l’on déçu, d’autres truquent la réalité, certaines ne sont pas représentatives du contenu final. Ici, au moins, cet échantillon est l’exact reflet de ce qui vous attend grandeur nature. Regardez et décidez. Si vous riez, foncez en salles !

Bande-annonce :

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